‹ Les amours de ParisChapitre 173 sur 190 · VENDRE SA FEMME · texte numérisé non relu

VENDRE SA FEMME

Angus Mac-Farlane jeta ces derniers mots avec une expression de douleur et de colère. O'Breane s'était levé. Son beau visage renddit d'une autre façon les mêmes sentimtns que celui du fermier.

— Je ne le haïssais plus, dit-il ; le courroux que je lui gardais s'était perdu dans une colère trop profonde et trop vaste pour ne point absorber tout autre ressentiment... Mais, pour vous, Angus, pour la pauvre .Mary, je vois bien que je suis vulnérable encore... Oii donc est-il, cet homme?

Angus prit la main d'O'Breane et la pressa entre les siennes.

— Merci, mon frère, répondit il.

Puis il ajouta d'un ton de sarcasme amer et désespéré :

— Vous me demandez où il est?... Vous avez donc oublié les mœurs de nos lords depuis quatre ans que vous avez quitté l'Angleterre? Quand ils ont brisé de ce côté du détroit la vie

de quelque créature sans défense, ils passent la mer et vont triompher à l'étranger. La cruauté n'a-t-elle pas aussi sa monotonie?... Leurs Seigneuries se blasent et prennent le spleen... Leurs Seigneuries parlent pour la France qui rit et *e moque à les voir passer; pour l'Italie, qui prend leufs guinées en échange de vieilles pierres et de toiles poudreuses... Que sais-je ? White-Manor esta Naples ou à Paris, ou à Vienne... Le chercher serait inutile : je l'attends !

Mary vous avait aimé. Peut-être se souvenait-elle. C'était là un crime sans pardon. Pour le punir, Godfrey de Lancester, exhumant une lâche et barbare coutume dont l'Angleterre se Die, parmi tous les peuples du monde, pouvait, dans sa brutalité nationale, concevoir l'ignominieuse idée, Godfrey de Lancester mettait sa femme, lady de White-Manor, — aux enchères, comme une pièce de bétail... Il y avait espoir qu'on en parlerait longtemps au Crockford's club... C'était une plaisanterie aimable, une eccentricity qui tuait une femme. — En peut-on trouver de meilleures?

Lorsqu'il prononça ces mots : — Qui d'entre vous veut acheter cette femme? les valets et tenanciers firent silence. Mary était adorée de tous.

White-Manor répéta sa question avec colère.

— Elle est belle, ajouta- t-il, et je la donne pour trois shellings !

Nul ne répondit encore. — Mary, toujours agenouillée, avait les mains jointes et les yeux baissés,— Godfrey frappa du pied avec fureur.

— Faites place, s'écria-t-il ; — je vais la conduire à un autre marché.

Il tira la corde. Mary se leva. Les tenanciers se rangèrent en haie, des deux côtés de la cour, mornes et silencieux. Godfrey, tenant ma sœur en laisse, traversa lentement la foule et monta dans sa chaise.

Deux jours après, on déjeunait somptueusement dans Portland Place, à la maison des comtes de WhileManor. L'assemblée était nombreuse. Vers deux heures après midi, Godfrey se leva ivre et fit venir Mary.

Mary avait une robe de toile blanche et la corde au cou.

Et parmi tous les noblemen qui garnissaient la table de White- Manor, il n'y eut pas un homme pour briser son verre sur le visage infâme de Godfrey de Lancester. — Pas un seul, Fergus! Ils laissèrent un misérable, ivre de sang et de rage, mettre la main lAcheraent sur une femme belle, jeune et sainte..

Godfrey prit la corde et descendit sur le trottoir.— Il traversa les rues de Londres depuis Portland-Place jusqu'au marché aux moutons de Smith Fields,— quatre milles d'Ecosse! — comme il avait traversé la foule de ses valelsconslernés dans la cour de White-Manor, tenant sa femme en laisse, sa femme qui pleurait et se mourait...

On s'assemblait sur leur passage. C'était un curieux spectacle ; — mais parmi ces cinquante mille Anglais qui les coudoyèrent sur la route, il ne se trouva pas un homme pour crier infamie I et lapider le lâche avec les pavés du chemin t

Lonilres est fait ainsi : nobles et peuple...

— Nobles et peuple ! interrompit Fergus avec une énergie, d'indignation qu'Angus attribua tout entière à l'impression de son récit. — Lindres et l'Angleterre I

Lorsqu'ils arrivèrent dans Smith-Fields, reprit Mac-Farlane, il y avait foule autour des barrières. C'était un vendredi, jour de marché des bêtes à cornes et des moutons. Godfrey fit entrer Mary dans i'un des parcs à brebis, qui se trouvait vide, et cria par trois fois : '

— Cette femme est à vendre... à vendre pour trois sbellings!

Les marchands de bestiaux avaient pitié; car Mary, notre sœur, élait bien belle, et des ruisseaux de larmes coulaient sur sa joue pâle.

Enfin, une voix grave et vibrante perça la foule et fit tressaillir le pauvre cœur de Mary dans sa poitrine.

— Laissez-moi passer! disait cette voix ; — je \'ais acheter pour trois shellings milady comtesse de WhileManor.

Un murmure courut par le marché de Smith-Fields, car nul ne savait jusque-là les nobles noms des acteurs de cette

PA.UL FÉVAi-

scèneinfâme. — Godfrey devint pourpre. Lt> son de cette voix l'avait frappé comme un soufflet sur la joue. Il sembla chercher au loiu avec crainte et colère celui qui avait parlé.

Ce dernier ne tarda pas à paraître, se faisant jour vigoureusement à travers les rangs des assislans. Il était vêtu du grossier costume des marchands de bestiaux. A son aspect, Godfrey perdit contenance et fit un mouvement comme pour s esquiver.— Mary ne m'a jamais dit dans ses lettres le nom de cet homme ; mais, lorsque je suis allé à Londres, la rumeur publique m'a appris ce nom.

C'était le jeune Brian de Lancester, frère du comte.

Je le crus du moins et je le crois encore, bien que l'Honorable Brian n'ait jamais répondu à mes actions de grâce que par de froides et positives dénégations.

Quoi qu'il en soit, le prétendu marchand de bestiaux, que ce fiU ou non Brian de Lancester, entra dans le parc où se tenait Godfrey et lui arracha des mains la corde qui retenait Mary. Celle-ci, à bout de forces, venait de perdre connaissance. Le marchand la saisit et la souleva d'une seule main. De l'autre, il fouilla dans sa poche, d'où il retira une plrine poignée de grosses pièces de cuivre qu'il jeta au visage de Godfrey en disant :

— Toici votre paiement, milord.

Un immense hurrah emplit la place de SmilhFields.

Godfrey demeura pétrifié. Le choc des lourdes pièces d'un penny avait laissé sur sa joue pâle et sur son front des taches violâtres; — car le marchand était un homme, Fergus. Sa main avait frappé rudement, comme eût pu faire la nôtre...

Fergus, dominé par l'intérêt puissant qu'il porlaità ce récit, respira longuement.

— Que Dieu le bénisse, Mac-Farlane, dit il, quel qu'il soit... Et si c'est vraiment le cadet de Lancester, je fais serment de lui payer notre dette quelque jour... Mais aue devint Mary après cela ?

— Après cela, répondit Angus, la foule s'ouvrit pour laisser passer le irarcband et son fardeau ; puis elle se referma, entourant Whi te Manor, dont le visage meurtri se contractait dans les convulsions d'une rage irapuissanle. Des huées s'élevaient de toutes parts ; l'élan était donné, et lorsque les hommes de po'ice arrivèrent sur le lieu de la scène, ce fut pour emporter le noble lord, couvert d'outrages et de boue, en proie à une furieuse attaque de son mal...

— Mais Mary, Maryl dit Fergus.

— Mary fut mise dans une voiture par le prétendu marchand de bestiaux... Depuis j'ai su par des lettres tous les détails de cette histoire... Je lui ai fait passer de l'argent souvent, mais voilà huit mois que j'ignore sa retraite, et, d'après son dernier messsge, elle est forcée de payer le misérable qu'on a fait geôlier de son enfant... Qui feurnit à ses besoins ?... Elle m'a parlé parfois d'une main généreuse et amie... Mais Brian de Lanrester n'est pas riche...

— Mais, interrompit Fergus, si Brian, son beau-frère, a ses secrets et là protège, pourquoi ne lui vient-il pas en aide par rapport à sa fille ?

— Parce qu'il ignore comme nous cette partie de son histoire, répondit Angus. Si c'est Brian, — et c'est lui, bien qu'il ail refusé de me faire l'aveu de s^sbienfaits, — si cest Brian, elle sait combien il est fougueux et hardi; elle craint pardessus tout la menace du geôlier de .sa fille... Pauvre sœurt Ne la voyez- vous pas dici, Fergus I... Chaque fois qu'une idée de lutte Ou de délivrance lui vient à l'esprit, elle la chasse avec épouvanie et se répète ce mot que sa main ircmblanle a eu tant de peine à tracer : — Il la tuerait !

Il se fit un long silence entreles deux interlocuteurs. Fergus semblait méditer. Mac-Farlane, les coudes appuyés sur la table, le front à deux pouces desondirk, fiché dans la planche de chènr, suivait le cours d'une sombre rêverie. Ce fut luiqui reprit le premier la parole.

— Allons, allons ! dit-il avec un éclat de joie forcée, buvez, mon frère Fergus! Nous sommes ici pour fêter votre bienvenue, pardieu I... Il y a des gens plus malheureux que DOIS !... J'ai une bonne femme qui m'aime et deux jolis petits anges qui {ourient à mon réveil... Ah I si la pauvre

Mary était là !.. Maisau diable la tristesse, O'Breane! mes yeux ont pleuré ce soir comme des yeux de vieille femme !... Je hoisà votre santé.

Fergus lui prit la main au lieu de répondre au toast, elle regarda fixement.

— 11 y a quatre ans que je travaille seul, dit-il avec lenteur, quatre ans que je donne tous mes inslans à la même pensée, sans jamai% verser dans un cœur ami le trop plein des doutes qui m'assaillent et des espérances qui me brûlent... Pendant ces quatre ans, j'ai compté sur Vous, Mac-Farlane, qui êtes le seul homme auquel j'aie donné place en mon cœur... Je me suis dit, pour prendre courage, un jourviendra où la solitude de mes laborieuses médilations s'animera, un jour où ma pensée sortira hors de moi pour trouver un écho dans l'esprit de mon frère... Un jourviendra où nous serons deux pour soutenir le fardeau qui pèse sur moi tout seul... J'aurai un confident, un autre moi-même...

Fergus s'interrompit et ajouta tristement :

— J'ai nourri cet espoir pendant quatre ans!

— Et vous avez bien fait, O'Breane! s'écria Angus, car, pour vous, je suis prêt à tout.

Fergus secoua la tête et baissa les yeux,

— J'ai mal fait 1 dit-il à voix basse, car, au lieu de l'homme fort sur lequel je comptais, je retrouve un cœur courbé, flétri, sans courage...

Mac-Farlane recula d'un pas et leva sur lui un regard stupéfait.

— Ai-jebien entendu ! murmura-t-il ;— c'est au moment où je vous dis les malheurs dont fut accablée notre maison, que vous me reprochez ma souffrance I... Fergus! Fergus!... Vous m'aviez laissé jeune et robuste; vous revoyez mon front ridé, mon œil éteint, mes cheveux blanchis avant l'âge... Cest que l'ai bien souffert, mon frère O'Breane ! Mais, oh ! ce sera le cenible de l'amertume si vous, vous que j'ai tant aimé, vous me trouvez à ce point dégradé par le malheur, que je. sois désormais indignede vous comprendre el de vous servir !

Mac-Farlane prononça ces dernières paToles à v lix basse et d'un ton de dou oureux reproche, Fergus fuiému jusqu'au fond de l'âme, mais il n'en laissa rien paraître.

— Les cheveux peuvent blanchir avant l'ûge, proRonca-t-il froidement, le front se rider, le regard s'éteindre, mais le cœur d'un homme ne doit point, si cruelle que soit i'épreuve, se courber sous le choc ou s'engourdir.

— Et qui vous a dit que mon cœur ait fléchi, Fergus O'Breane? demanda l'Ecossais en redressant brusquemep.t sa haute taille.

Fergus arracha le poignard fiché dans le chêne de la table et l'y reposa à plat d'un air de mépris.

— Si quelqu'un autre que vous me l'eût dit, Mac-Farlane, répliqua-t-il, j'aurais contraint cet autre, mon genou sur la poitrine, à confesser qu'il en avait menti... Mais que penser d'un homme qui tire son poignard et proclame qu'il n'y a plus pour lui d'autre but dans la vie que de tutr '? d'un homme qui consent à livrer son sang à la loi pour le sang d'un misérable sans âme et sans foi !... Par le nom de Di;u, frère Angus, votre bras est robuste assez encore, mais le cœur...

— O'Breane ! O'Breane 1 interrompit l'Écossais d'une voix que la colère rendait tremblante déjà,— n'Kjnutez pas un iioi !.. Tout engourdi que soit mon cœur, il ne sait pas encore entendre patiemment des paroles d'outrage!...

— Bien cela, frère Angusl s'écria O'B'eane en ressaisissant le bras que Mac-Farlane vcHait de lui arracher brusquement; — voyez I y a-t-il encore des rides à votre front P votre œil n'a t il pas repris son fier regard d'autrefois?... Voyez, mon frère.

Il avait entraîné Angus devant la glace suspendue au-dessus de la table à ouvrage d'Amy Mac Farlane.

Angus se prit à sourireinvolontairement. O'Breane poursuivit avec sévérité :

— Les rides ont disparu... l'œil s'est rallumé .. mais le cœur?

— Il faut que je lue cet homme, O'Breane, dit Angus ; — il le faut !

LES MYSTÈRES DE LONDRES

Sâ7

Fergus lâcha aussilùl le bras de l'Ecossais et se dirigea vers le toyer auprès duquel il avait déposé sa casquette de voyage e» son maiittau.

— Adieu donc, mon frère, dit-il; mes heures sont comptées, cl je n'ai pas le temps de m'arrêlfr ici davantage.

Angus demeura un instant comme altéré, puis il se jeta, les bras ouverts, entre la porte et Ftrgus.

— OBrcane! s'écria-t il en sanglola'it commi un enfant ; — mon frère, ayez pitié de moi I... 11 faut bien que je v.nge ma pauvre sœur! noire sœur Mary que vous aimez comme moi. Ne me quittez pas ainsi. Oli I ce serait une heure de malédiction, Fergus, que celle où vous lu'riez Irriié le toit de Mat-Farlane. Rfslez, restez, au nom de Dieu!

— Je ne suis pas irrité, mon Irète, répoiidit Fergus avec calme; — la douleur n'est pas de la colère.

— Mais ne pouvez-vous me l.iisser le droit de venger cet outrage, au récit duquel je vous ai vu frémir tout à l'heure? Sauf cette tâche, qui est sacrée, ]e suis à vous, Fergus, tout à vous I

— Frère, dit O'Brcane d'nn ton solennel, avec moi, (ouïe réserve est de Irofi, si léi;itime qu'elle puisse éire . Ne vous ai-je pas dit que depHis qnatiea nfes j'aitci dais l'heure où je vous parli'? El piurlant, depuis quatre aiinéi s , je suis enlouré d'hommes ré-olus jusqu'à la témériié, inl'ligens, dévoués jusqu'à l'abnégation... A chacun d'eux je n'ai confié de mon secret que la portion nécessaire à l'exécution de mes ordres. Pour tous l'.'usemb'e de mes plans est resié un mystère. Je vous attendu s. Entre tous , je vous avais ciioisi. J, vous gardais clièrement voire moitié de travaux et de périls. Ma, menant je vais chercher ailleurs, car à celui qui partagera ma ta' lie il faut un cœur litre et uni tête froide. Celui là devra faire comme moi, se donner tout entier à la lutie engagée et jeter loin de lui avec dédaio ses rancunes d'homme à homme et le poignard des vulgaires vengeances,..

Et moi aussi, je me venge, Mac-Farlanc! et moi aussi, je veux me venger!

Angus tressailiit à ce mot qui flattait sa passion, et ouvrit avidemmeul l'oreille.

— Je venge ma sœur déshonorée , reiirit Fergus , de celte voix éclatante et royale qui courbait toules vo'cniés sous la sienne; — je venge nion pêreassas^né ! Je venge ma Hière... ma sainte mè.e , qui , en fermant les yeux , me laissa seul pour pleurer tout ce que j'avais aimé et respeclé... Mary complera au v.ombre des violimes dont le cri éveille mon cœur sans tcse et ne lui laisse point de repos... IMary sera vengée comme ma sœur, comme mon père, comme ma mère, et vengée du même coup, car leur bourreau fut le sien...

— Godfrey de Lances'er I s'écria Mac Far:ane étonné. Fergus sourit avec hauteur.

— Godfrey de Lancesier n'est qu'un homme , dit - il , — pourquoi arracherais-je le poignard de votre main , s'il s'agissait de Godfrey de Lancesier?

— Et de qui doue s'agil-il? demanda Angus, dont l'étonnemest aiteignait son comble.

— Ecoutez moi, mon trère, répliqua O'Breane ; la réponse à voire question est juslement mon secret, et ce secret n'est point Ce ceux qu'on puisse donner en garde à d'autres qu'à un complice.

— Complice! répéta Angus, c'est donc un crime?

— mon secret, poursuivit Fergus, porte en lui trop de périls pour y joindre sans motifs les dangers d'une vendette écossaise. L'homme à qui je le livrerai n'aura point comme vous un poignard destiné ù la poitrine d'un pair d'Angleterre. Il vivra en paix avec la loi ; il sera, s'il se peut, l'organe même de la lOi, qui est une arme aussi, une arma et un masque.

— Je ne vous comprends pas, murmura Angus, qui semblait violemment combattu,

— Et comme c'était en v<.ius, en vous seul, mon frère, con» linua encere Fergus, que je croyais trouver cet homme, je renfermerai en moi mon secret, au risque de briser mon cœur trop éiioit pour le contenir; dussé-je plier sous le faix, je poursuivrai seul ma tâche commencée, regretiantdc

bien m'êlre bercé longtemps d'un fol espoir etd'avoir compté sur une aide qui devait m'êlre refusée... Adieu! Alac-Fariane s'attacha aux vêtemens de Fergus.

— Un mot ! un seul mot! dit-il ; — Mary sera-l-elle vengée?

— Vengée... et sauvée peul-êlre, répondit Fergus.

— Je vous crois, O'Breane, pronûiiça lentement l'Ecossais en tirant son poignard qu'il jeta loin de lui ; —-voici devant vous le complice que vous cherchez... S'agit-il d'un crime?... avec vous, il me plaît d'être coupable...

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