CHAPITRE Vlll
En arrivant au sommet de la butte avec ses deux témoins, le jeune marquis Gaston de Maillepré salua son adversaire d'une façon tout aisée et coiu'toise.
Nous avons ici en présence deux personnages portant les mémos noms. .4fln de parer à une confusion inévitable, nous Hommerons l'un le marquis, et l'autre simplem.ent Gaston.
Gaston répondit au .salut du marquis par une inclination raide et froide.
Du Chesnel reconnu tout d'abord son bcau-Irère. Il ne parut ni ému ni déconcerté.— Du ChcSnel avait réellement I quelques dispositions pour la diplomatie.
Quant au docteur, sa longue figure était très paie. Il avait un parapluie que le vent secouait follement. — 11 remontait fréquemment ses lunettes d'or et serrait con\T]lsivement les deux épées sous .son aisselle.
Il avait l'air médiocrement rassuré. L'observateur le plus superficiel eût deviné que cette paire d'épées pesait plus à son bras que n'aurafênt fait douze douzaines de bistouris.
— Charmé de vous rencontrer, monsieur le capitaine, dit le marquis à Romée en lui tendant la main.
Romée toucha du bout du gant celte main qu'on lui olTrait.
En apercevant le marquis, ses sourcils s'étaient froncés et il avait jeté sur le frère de Sainte un regard de douloureuse commisération.
il connaissait le marquis pour l'avoir vu en Aû'ique. Il le savait duelliste terrible, —adroit, intrépide, infatigable.
Il l'avait vu à l'œuvre.
Nazaire, lui. se tenait droit et raide aux coié.s de Gaston, avec ses deux fleurets sous le bras. Il se trouvait en face du docteur, et les deux ne faisaient point la paire.
— En vérité, messieurs, reprit le marquis en soufflant dans ses doigts mignons et gantés de frais,— voici un détestable temps pour une affaire comme celle qui nous réunit...
— Jlon avis serait, .s'empres:-a d'interrompre Romée, — que la partie doit être remise...
PAUL FET^'AL
— Evidemment, dit Josépin. ,
Du Chcsnel et Nazaire gardèrent le silence.
— Moi, prononça le marquis d'un ton léger et en se détournant de Gaston, comme s'il eût craint de rencontrer son regard,— je n'ai point d'avis à émettre... je suis prêt... et je ne prends pour tout délai, ajouta-t-il avec une grâce élégante, que le temps de m'excuser auprès do vous, messieurs. Je vous ai fait attendre.
— Une heure juste ! dit rudement Nazaire ; — ça commence à compter...
Gaston lui coupa la parole par un geste Iroid.
Depuis une heure, il avait violemment refoulé au dedans de lui-même la pensée de Sainte, et ces élans désespérés de douleur où nous l'avons vu s'emporter dans la mansarde de Dragon avaient fait place à un calme stoique.
— H me semble, dit-il, que rien ne nous arrête... nous pouvons commencer.
— Deux mois de salle et ça ferait un rapide ! pensa Nazaire avec attendrissement ; — j'appelle ça, moi, un joli début!...
Je suis à vos ordres, monsieur, répliqua le marquis.
Mais, voulut objecter Romée, dont une inquiétude
croissante serrait le cœur ; — il est d'usage...
Gaston tourna vers lui un regard de hautain et sévère reproche.
— Monsieur, interrompit-il ; — je vous ai dit mes intentions et vous m'avez fait une promesse.
Romée courba la tote.
— Allons! dit Nazaire; —marchons!... J'ai trouvé un amour de terrain...
Où diable monsieur mon beau-frère a-t-il été prendre son second? pensa du Chesnel.
Dis donc, murmura Josépin à son oreille, — ce n'est
ni monsieur de Varanncs,ni monsieur de Baulnes...
Nazaire avait tourné le talus et pris les devans.
Les autres le suivirent
bien que l'être de beaucoup le plus robuste
Le marquis, en effet, avait jeté sur son bras son pardessus doublé de fourrures, et une redingote serrée permettait de voir dans toute leur harmonie molle les grâces efféminées de sa taille.
Nazaire, tout en 'marchant, le regardait par derrière, du coin de l'œil.
— Ah ! SI c'était moi ! si c'était moi I... murraïu-ait-il. Romée,' au contraire, semblait consterné.
On arriva sur le terrain.
C'était un trou oblong, peu profond, et dont un commencement de fouilles avait niveléle sol. D'un côté se trouvait une sorte de muraille où le pic des terrassiers avait laissé dans la glaise ses marques aiguës : de l'autre, c'était une rampe couverte à moitié d'un gazon maigre et poudreux, dont les racines, misesà nu parlafouille, pendaient en longues perruques emmêlées.
On y était à peu près à l'abri du regard, ou du moins il cùl fallu que le hasard amenât des curieux sur le bord même, pour qu'une surprise fût à redouter.
Or, par la tempête qui faisait rage ce matin, les promeucursn'étailpoint à craindre.
Le trou avait une quarantaine de pas de long sur cinq ou six de large. La rampe qui le protégeait du cMé de la ville fléchissait à son milieu et laissait apercevoir une échappée de maisons con[u=émentgroupées cl dont le vent balayait les hautes cheminées au-dessus desquelles courait et se déchirait la fumée tour à tour blanche ou noire.
Entre ces maisons et l'œil se dressait un de ces obélisques industriels, longs tuyaux de briques oîi monte incessamment l'opaque vapeur de la houille. Tantôt, durant une accalmie, un panache noir s'ëlanç.iit du sommet vers le ciel; tantôt, sous l'effort Oe la rafale, la vapeur déroutée se divisait, fuyait et roulait en flots rapides. On eût dit ce sombre et mouvant sillage que laisse après soi dans l'air la course haletante d'uii steamer.
Les aunes le suiniLiii.
Gaston dépassait son adversaire de la tête, et ataiUe n'eût rien d'athlétique, il avait l'air d'êtn
Gaston se dépouilla de son habit qu'il plia et déposa sur une pierre.
Le marquis ôta sa redingote et la jeta de loin à Josépin.
Sous sa redingote, le marquis avait une chemise large, à mille plis, à l'ouverture de laquelle s'adaptait un jabot aux froncés mous et adaissés par la pression du vêtement boutonné naguère. Cette chemise, lâche et non empesée, ne dessinait en aucune façon la forme du corps et faisait contraste avec le pantalon, ajusté soigneusement, dont l'étroite ceinture étranglait au dessus des hanches une taille ronde et fine.
Il paraîtrait prouvé par les découvertes récentes de la science que les jeunes officiers de hussards portent un corset sous leur chemise, corset mécanique, corset affreux, aussi dure qu'un cilice et qui est bien plus fatal à ces héros mignons que le plomb de l'ennemi. Ce corset sanglé tous les matins par la main vaillant» de ces robustes femmes de chambre que l'ordonnance prête aux espoirs de nos armées, et qui soignent leurs lieutenans aussitôt qu'ils ont achevé la toilette de leurs chevaux, ce corset meurtrier opère, on le sait, des miracles et donne aux plus replets la taille aérienne de mademoiselle Fitzjames.
Les femmes de cinquante-cinq ans se damnent rien qu'à songer à ces corsets positivement enchanteurs et aux cupidons qu'ils ficèlent.
Le marquis n'était pas aussi mince qu'un lieutenant de hussards, mais il était trop mince.
Cette qualité allait du reste merveilleusement avec le caractère délicat de son charmant visage et les gi'âces exquises de sa personne.
Gaston, lui, en ce moment solennel, avait une beauté noble et mâle.
Il s'était redressé. Un fugitif incarnat colorait sa joue. Son regard brillant avait un calme grave et inirépide.
Il semblait, au contraire, que le marquis voulût cacher sous une apparence de gaîté légère les atteintes d'une insurmontable émotion.
11 évitait soigneusement de regarder Gaston en face; cela devenait visible. — Romée s'en aperçut.
Mais Romée était tout entier à son inquiétude et ne pouvait point s'arrêter à cette observation frivole.
Les épées furent tirées de leur étui commun et l'on ouvrit la boîte à pistolets.
— Monsieur le marquis de Maillepré a été insulté par monsieur de Naye, dit du Chesnel ; — le choix des armes, par conséquent, nous appartient.
— J'y renonce, dit précipitamment le marquis. Romée et Dragon le regardèrent avec étonnement.
— J'y renonce, ajouta le marquis en rougissant, — parce que cela m'est égal.
— Alors, dit Nazaire, en avant l'épée ;— ça n'attirera pas les flâneurs.
— L'épée soit, répliqua le marquis.
Le soleil brillait entre deux grands nuages qui touchaient les deux coins de l'horizon, tandis que le zénith était d'un bleu pur.
Quelques gouttes de pluie égarées tombaient encore cà et là.
Le vent soufflait avec une violence extraordinaire.
Le marquis et Gaston lurent placés en garde vis-à-vis l'un de l'autre.
— Attention, Pâlot, mon fils! murmura Nazaire; — le corps sur la janfl^e gauche... la jand)e droite libre.
— N'oublie pas ma sœur... répondit Gaston.
Les épées glissèrent en grinçant doucement l'une contre l'autre.
Romée suffoquait.
Nazaire, la bouche béante, l'œil grand ouvert, suivait les deux pointes avec une attention avide.
Josépin se tenait un peu en arrière, frileux, insensible 9 l'émotion, m.ais mal à l'aise et tiraillé par une sorte de frayeur.
Du Chesnel était en face de Romée et tenait comme lui l'un des fleurets apportés par Nazaire.
Au signal donné, Gaston poussa droit son épée. Le marquis rompit : son poignet agile tourna vivement. —L'arme de Gaston alla tomber à trois pas.
Le marquis abaissa la pointe de son épée.— Il était pâle; sa lè\Te tremblait.
— Il ne sait pas... c'est évident! murmura-t-il ; —moi, le combat me rend fou... Changeons d'armes ou finissons pendant qu'il en est temps encore.
Ses yeux étaient cloués au sol.
— Monsieur le marquis, dit Romée en s'avançant,— paraît disposé à clore le combat?
— Oui, répondit tout bas monsieur de Maillepré.
— Non ! prononça Gaston d'une voix ferme et froide. Il venait de ramasser son épée.
— Je suis l'insulté, dit le marquis, dont les joues changeaient de couleur tandis qu'il parlait ; — je ne sais pas pourquoi vous m'avez insulté... je ne vous demande pas d'excuses...
— On ne peut pas refuser ça I s'écria brusquement Nazaire.
— Monsieur, ajouta Romée en s'adressant à Gaston ; — toutes les circonstances de ce duel sont étranges... Mais celle-ci dépasse toute croyance... Il est de mon devoir de vous le dire : le combat ne peut continuer.
Gaston regardait en lace son adversaire qui avait toujours les yeux baissés.
— Je ne puis pas dire'pourquoi je me bats, répondit-il sans s'animer ; — je puis dire seulement que, demain comme aujourd'hui, dans un mois comme demain, j'attendrai cet homme au passage pour l'insulter... Mon devoir, à moi, c'est de le tuer... et s'il veut porter tranquille le nom de Maillepré qu'il a volé, il faut qu'il me tue...
Le marquis ne releva point les yeux, mais une rougeur épaisse couvTit son front et ses bruns sourcils se froncèrent.
— J'ai fait ce que j'ai pu !... murmura-t-il.
Une seconde encore, il demeura immobile, puis il so remit lentement en garde.
Les deux épées se choquèrent de nouveau. Un fugitif éclair passa dans l'œil du marquis au bruit métallique des deux fers croisés.
Gas'on se fendit encore impétueusement.
Le marquis para et ne riposta point. Gaston redoubla. — Une rage sombre était dans ses yeux.
Il serrait de toute sa force la garde de son arme. Ses tempes étaient baignées de sueur. — Sa poitrine râlait.
Le marquis parait, parait toujours...
Et. peu à peu, sur son visage aux lignes si pures, il s'opérait un changement...
Sa bouche se contractait, son œil s'allumait. Quelque chose de menaçant et de cruel se lisait vaguement dans ces rides qui se creusaient de plus en plus autour de ses
lè^TCS.
Cependant il parait toujours et ne ripostait point.
Une fois encore l'épée de Gaston sauta hors de ses doigts lassés...
Romée crut voir le bras du marquis se raidir par un irrésistible instinct, comme s'il eût eu besoin de toute sa volonté pour s'empêcher de frapper.
Mais il ne frappa point, et le bout de son arme abaissée piqua la glaise foulée du sol.
Ga^-ton se cou\Tit le visage de ses mains et poussa un . sourd gémissement.
— Maillepré ! M.nllepré! murmura-t-il parmi le râle do sa poitrine essoufflée ; — mon père, tu as bien fait de cacher Ion nom, carjé^ne sais pas le défendre!...
Il s'élança pourtant d'un bond désespéré, saisit son arme et revint en courant.
— Monsieur! monsieur! s'écria Romée d'une voix alté- Tv.e , — ne voyez-vous pas que l'on vous épargne I
Il comptait sur l'amertune de ce mot comme sur une dernière ressource.
Mais Gaston, au lieu de s'irriter retrouva tout à coup sou calme sombre et se redressa, (roid comme naguère.
— C'est ^Tai, dit-il ; mais on se lasse d'épargner... Voyez ! ajouta-t-il en montrant du doigt le visage contracté du marquis; — la colère vient... Encore un peu de patience !
— Quel enragé! grommela Josépin.
— Comment se fait-il, pensait du Chesnel, — que le marquis, voyant que monsieur mon petit beau-frère en sait quatre fois plus long qu'il n'en devrait savoir, ne l'envoie pas sans façon dans l'autre monde?... C'est curieux.
Romée, après la réponse de Gaston, parut se consulter un moment et vint se poser entre les deux adversaires.
— En qualité de témoin, dit-il, je m'oppose à la continuation du combat... Ces messieurs trouvent sans doute comme moi que l'honneur est satisfait. ^
— Je crois bien! répliqua Nazaire.
— Amplement ! appuya Josépin.
— Ces messieurs, dit du Chesnel, en montrant les champions, — sont les meilleurs juges.
Il y a des tùmoins comme cela. On dit d'eux qu'ils sont très fermes. Usent l'estime des maîtres d'armes. — Ils savent le code du duel mieux qu'un procureur ne connaît la chicane. Ils en usent pour eux-mêmes quelquefois et pour autrui très souvent. — Ils ne sont pas toujours honnêtes gens, mais ils ont beaucoup, beaucoup d'honneur.
Quand une rencontre se dénoue sans mort d'homme, ils haussent les épaules et prétendent qu'on les a dérangés pour rien.
Si un seul des champions succombe, ils ne sont contens qu'à demi.
Sur dix hommes qui meurent en duel, ces croquemitaines en ont enterré cinq pour le moins.
11 faut se garer d'eux, — presque autant que de ces lémoins trop débonnaires qui veulent discuter ua soufflet ou arranger un coup do cravache...
Gaston écarta Romée de la main.
— Vous manquez à votre promesse, mons.ieur, dit-il, les dents serrées et la voix tremblante. — Eu tous cas, vous n'avez que le droit de vous retirer.
— C'est mon avis, prononça gravement du Chesnel.
— Eh bien ! s'écria Romée ; — le duel finira faute de témoins... Retirons-nous, Nazaire!
— Nazaire ! dit Gaston en joignant les mains par dessus la garde de son épée, — tu m'as donné ta parole d'honneur...
Nazaire baissa la tête. — Romée répéta sa prière. Nazaire ne bougea pas.
— Le Pâlot a raison, murmura-t-il ; — ce n'est plus un enfant, capitaine... Je donnerais tout de suite ma main droite, qui est mon gagne-pain, pour être à sa place.... mais, s'il a l'idée d'en découdre... il n'y a pas à se tâter... un homme est un homme.
— Merci ! merci, mon ami ! s'écria Gaston avec exaltation. — En garde, monsieur!
Pour la troisième fois, les deux épées s'engagèrent.
Il semblait que ce long combat eiït servi à Gaston en quelque sorte de leçon. Il se tenait mieux, et son épée cherchait plus sûrement un passage.
Mais le marquis était évidemment un tireur consommé. Les efforts de Gaston se brisaient toujours contre cette arnu^ inébranlable qui était partout à la fois et semblait un mur d'acier...
Cependant, ce grand nuage sombre qui était à l'horizon montait impétueusement vers le zénith, poussé qu'il était par Iç souffle puissant de l'orage. — Le soleil brillait dans tout son éclat, mettant une frange éblouissante aux flancs sombres de l'immense nuée. ^
Elle avançait, comme un gigantesque voile qu'une main invisible eût tendu entre la terre et le ciel.
Elle avançait. — Brusquement et sans trsnsition le soleil se plongea derrière son rebord impénétrable...
Ce fut comme une éclipse soudaine.
Le marquis, saisi à l'improviste par cette nuit qui tombait tout à cou|i, leva les yeux involontairement. — Gaston, lui, ne voyait rien. La voûte du ciel eût pu tomber sur sa tête.- Il se fendait en ce moment. Son épée trouva
passage et glissa sur le cou blanc du marquis, dont la chemise se teignit de sang.
Gaston poussa un cri de triomphe sauvage et redoubla.
A son cri, répondit une exclamation de fougueuse colère.
Le marquis s'était remis en garde. — Ses yeux flamboyaient. Tous ses traits exprimaient une furieuse menace.
— 11 est perdu 1 dit Romée, dont l'angoisse était à son comble.
— Mon Dieu!... mon Bieul... murmura Nazaire. L'épée du marquis voltigea durant quelques secondes en
passes rapides et prestigieuses...
Gaston parait au hasard et parait bien. Les fers se choquaient incessamment.
Mais leur son se perdait maintenant dans le fracas terrible de la tempête. Le nuage crevait, vomissant uno salve de grôle, dont les grains crépitaient en battant le sol. Des éclairs ouAraient en larges plaies de feu le ciel plombé, oîi tranchaient çà et là leurs festons rapides. Le vent secouait les broussailles et lançait en tourbillons leurs rameaux desséchés. — Puis, par dessus ces bruits divers, tonnait, éclatante et prochaine, cette voix profonde de la fourire qui.ébranle la chair et qui dompte le cœur...
Et le combat se poursuivait, furieux, acharné, aveugle.
Car le marquis, pris d'une fièvre folle, n'avait plus rien qui le distinguât do Gaston. C'était désormais, de sa part, la môme rai/e et presque lo même mépris des règles de l'escrime.
Il y avait quelque chose de poignant à voir ces deux enfans s'attaquer avec une colère insensée, sourds à la voix de leurs témoins, sourds aux mugissantes menaces de la tempête.
Romée et Nazaire suivaient la lutte, haletans et la mort à l'âme.
Josépin se garait du mieux qu'il pouvait de l'orage et tremblait de tous ses membres à chaque coup de tonnerre.
Du Chesnel regardait, stoique et calme, comme s'il se fût agi d'une leron de sal-!e d'armes.
Contre toutes prévisions, Gaston se soutenait sans trop de désavantage. Depuis près d'une minute, — car chacune des pages qu'on met si longtemps à lire, ne i-ontient pas, en ces moniens extrêmes, ce qui se passe en une seconde, — depuis près d'une minute, Gaston, faisant un appel désespéré à ses forces défaillantes, attaquait, se défendait, frappait, parait...
Mais sa main faiblissait et sa seule égide, désormais, était l'impétuosité même du marquis, dont les roups allaient comme à l'aventure. — le front de Gaston, baigné de [iluie et de sueur, se penchait peu à peu; Romée croyait entendra le rAle déchirant de sa poitrine....
il rompit, vaincu par une fatigue en vain combattue...
I.o marquis se fendit. — L'épée de Gaston s'échappa de sa main.
11 tomba en disant :
— Nazaire, souviïns-toi de ma sœur!...