‹ Les amours de ParisChapitre 44 sur 190 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

IK SOURIRE D'aRMIDE.

Après la scène du duel à la butte Saint-Chaumont , monsieur le marquis de MaiUepré, comme nous le savons, avait enlevé Gaston à la face de ses deux témoins, Romée et le bon Nazaire, dit Dragon.

-L'élégant coupé de monsieur le marquis s'était arrêté devant le numéro 4. de la rue Castiglione. On avait transporté Gaston, toujours évanoui, dans les apparlemens de madame la baronne de Roye.

Un médecin avait été appelé sur-le champ. Gaston avait été entouré de soins, de précautions, de sollicitude. On eût dit qu'il y avait autour de son lit l'amour de sa mère.

Il y avait fort longtemps que madame la baronne de Roye occupait le premier étage tout entier du numéro 4 de la rue Castiglione. Elle était venue là tout de suite après la mort de son mari, c'est-à-dire le lendemain de son mariage.

Madame de Roye, en effet, aussitôt veuve que mariée , avait perdu son époux quelques heures après la cérémonie nuptiale.

On pensait dans la maison que madame de Roye habitait d'ordinaire un fort magnifique château qu'elle avait on ne savait oîi , en Normandie peut-être, peut-être en Bourgogne. Sa coutume était de né faire à son appartement que de très rares et de très courtes apparitions.

Presque toutes les semaines un homme venait la demander avec une persistance patiente et infatigable. On lui refusait la porte, il ne murmurait point, Cet homme était laid comme Basile. Il laissait chez le concierge son nom écrit sur un petit morceau de papier et disait :

— Veuillez présenter mes respects à madame la baronne... Je reviendrai.

Le nom écrit était Dcnisart.

Depuis une semaine, un autre visiteur venait; mais c'é-

lait tous les jours. Celui-là parlait haut et se fâchait chaque fois qu'on lui uotifiait Tab^enro de madame la liaronne.

11 avait des cartes à un franc vingt cin(i centimes le cent, sur lesquelles rayonnait dans un buisson de paraphes le nom lithographie de Roby.

En recevant les carrés de papier do Denisart, madame la baronne faisait un geste de dégoiil qui conQrmail son concierge dans la piètre opinion qu'il avait prise de l'infortuné professeur.

Quant aux cartes de Roby, on les lui remit toutes ensemble, le jour même où Gaston était arrivf' chez elle, et toutes ensemble, elle les jeta au feu. de sa main blanche et charmante , parce que sans nul doute elle songeait à qu(*l(]uc chose de beaucoup plus intéressant.

Le médecin appelé, cependant, avait trouvé Gaston plongé dans un abattement complet. La blessure élait fort légère, mais les suites de la fatigue éprouvée se montraient menaçantes, et le médecin prescrivit les ménagemeus les plus scrupuleux.

La baronne n'était pas entrée chez elle en même temps que Gaston, parce qu'il avait bien fallu que monsieur le marquis de Maillepré quittât ses habits d'homme.

Mais, que nous l'appelions baronne ou marquis, Carmen était si habituée à ces changemens soudains que bien peu de minutes lui sulTirent.

Elle ne voulut s'en fier à personne pour demeurer auprès de Gaston. —Celui-ci passa nue nuit de ûèvro. La baronne veillait à son chevet.

La chambre n'était éclairée que par une lampe placée eu dehors de l'alcôve. Plus d'une fois, Gaston, s'éveillant à demi, entrevit un beau visage de femme qui se penchait au-dessus de sa couche et qui le contemplait avec amour.

Il crevait faire un doux rêve.

Mais cette nuit était passée depuis longtemps déjà.

11 y avait plus d'une heure que Gaston et Carmen s'entretenaient. Leurs bouches prononçaient des mots indiffércns, mais déjà leurs Ames se parlaient d'amour.

Elle était si belle, et son regard avait tant de puissance pour séduire! — Gaston avait un cœur tout neuf où n'habitait qu'une pensée de tendresse fraternelle. L'image évoquée d'une femme n'avait jamais prolongé sa rêverie , et c'était Sainte que voyaient les songes purs de son sommeil.

A l'âge d'un homme, c'était un enfant. Sa position douloureusement exceptionnelle avait été conmie une barrière autour de son cœur et de ses sens. — Si parfois sa veille altérée avait entendu les vagues appels de la jeunesse inquiète, ce n'était pas une femme qu'il voyait passer dans sa nuit, c'était la femme... Sa misère le rendait farouche et Iroid. — Où Maillepré déchu pouvait-il aimer d'ailleurs?

En haut il n'eût trouvé qu'étonnement ou mépris ; en bas... Il faut bien le dire, le roman prêche d'ordinaire la confusion des races, et lance son anathème de hanneton sur tout gentilhomme qui n'est pas disposé à faire souche avec une boulangère ; mais, à notre avis, un cœur nobi ne descend p.as.

11 serait à coup sûr hisensé, en notre siècle nivelé par tant de malheurs et de hontes, il serait insensé de prétendre qu'une mésalliance est un crime ou seulemsnt une action blâmable. — Mais il nous semble grotesiiue d'afflrnier que c'est une action méritoire. Epouser sa blanchisseuse est bon tout au plus pour dénouer la trame banale d'un vaudeville. L'a-t-on épousée? c'est un fait accompli. N'en parlons plus, puisque tout fait accompli est, dit-on, respectable. Mais, en revanche, ne crions point racca sur les pauvres esprits qui d'en faire autant ne se sentent point la bravoure.

U'aillexirs la générosité change bien souvent l'aspect et la nature des choses. Il peut être beau de descendre pour réparer, pour payer une dette de bonheur ou d'honneur, quand on est riche ou assis au sommet de l'échelle humaine. — Mais noblesse, à notre sens, oblige autrement le pauvre.

Qui pourrait lui faire un reproche do se draper, sauvage et froid, en son malheur solitaire?...

Il n'a plus ce prestige de la puissance qui permet d'('lever jusqu'à soi la femme choisie, au lieu de descendre jusqu'à elle.

Il pense que la gloire des ancêtres est un trésor fatal qu'il faut enfouir intact sous la pierre d'un tombeau.

Se trompe-t-il7 Pardonnez-lui son erreur austère, en faveur de la rareté du fait. Vous n'aurez pas à pardonner beaucoup d'erreurs connue celle-là en votre vie...

Jusque alors tout ce que Gaston avait de tendresse s'était concentré sur Sainte. Il l'avait aimé:"? uniquement et passionnément, car ces belles affections de la famille peuvent atteindre jusqu'à la passion. — Il avait mis en elle tout son espoir et tout son bonheur. 11 avait été jusqu'à se promettre bien souvent à lui-même de garder son co^ur contre tout autre amour. Mais où vont ces promesses?...

La vue de la baronne, cette créature si parfaite, avait éveillé en lui soudain tout un ordre de sensations endormies.- Il avait deviné, lui, novice, d'un seul coup d'O'il, que la baronne l'aimait, et d'un seul coup d'œil il avait entrevu la profondeur do ce sentiment.

Mais, loin de se reposer longtemps en cette confiance, il la repoussa bientôt comme une erreur. A mesure que son trouble augmentait, amenant parmi des joies vagues et tumultueuses les premières angoisses de l'amant, il no voyait que de la compassion dans le sourire de cette femme, penchée toujours à son chevet, et il s'efTrayait de la fièvre où était sa pensée. Il avait peur d'aimer, parce qu'il se sentait à la fois être heureux et souffrir.

La baronne épiait chèrement ce trouble, et tâchait à lire dans ces premiers symptômes de la passion.— Ils n'avaient point encore prononcé le mot amour, mais, en eux et autour il'eux, tout suppléait à ce silence...

La baronne s'était donné tout d'abord pour la sœur do monsieur le marquis de Maillepré, afin d'expliquer une similitude de traits quT n'eût pu longtemps échapper au regard de Gaston, et que nul changement de costume n'aurait suffisamment dissimulée.

Gaston n'avait point lait difficulté de la croire, et l'aversion qu'il ressentait contre le frère n'avait pu diminuer l'allrait puissant qu'exerçait sur lui la sœur.

Peut-être même, car l'amour ne se pique point d'être Icgi(iue et sait trouver vers nos âmes dos routes imprévues, peut-être sa haine pour le marquis avait-elle favorisé sa sympathie pour la belle baronne.

Celle-ci, à celte première feinte, en avait ajouté une seconde.

Afin d'ffloigner de Gaston l'idée de retourner sur-lechamp vers sa sœur, dont l'image, était présente sans cesse à son esprit, et combattait énergiquement les premières atteintes du charme qui allait le dompter, la baronne lui avait dit :

[ ; — Vous reverrez voire sœur dès que votre blessure se ra refermée... maintenant, ce serait braver un danger inutile... Nous sommes loin de Paris... Mon frère vousa amené jusqu'à son château d'Avalon en Bourgogne...

— Son château d'Avalon !... répéta Gaston avec amertume en reconnaissant le nom d'un domaine do sa famille ; — serais-je prisonnier, madame? ..

— Il n'y a que moi pour vous garder, répondit la baronne doucement.

— Mais pourquoi étais-jedansla voilure de monsieur la marquis? demanda encore Gaston.

— Je ne sais... murmura la baronne ; — si c'est un hasard...

Elle n'acheva pas, mais la belle pudeur de son front ei4 pliqua son sourire.

Gaston ne pouvait perdre sa défiance, quant au motif de cet étrange voyage. Mais n'ayant repris ses sens que depuis son arrivée, et s'élant trouvé à son réveil dans une chambre inconnue, il n'avait aucun moyen de contrôler la sincérité des assertions de la baronne. Ces riches tentures qui l'entouraient de leur éléganto.magniflceuce pouvaiei^

PAUL FEVAL.

bion oppnrtenir à la cU-meure J'uu jeune homme fa'-tuc'ux el prodigue comme Tétait monsieur le maniuis de Maillepré.

Ce silène profond qui régnait dans la chambre et aux alentours semblait d'ailleurs indiquer en effet la solitaire trauquillilé de la car j 'igne.

Gaston se crut en Bourgogne,..

Il ne pouvait certes oublier sa sœur, qui avait été jusdue alors en ce monde sa plus vive, son unique affection; mais Carmen était une enchanteresse à laquelle on ne sa- ^ ait point résister. A .-on insu, Gaston s'empressa d'accueillir ce prétexte de jouir encore de sa présence et de sa vue.

La consciencea ses sophisnies. Elle se trompe elle-mfime parfois, compixe du désir. — Le médecin avait déclaré qu'une seconde course en voiture, entreprise immédiatement, pr-;seiiterail un grave péril : Gaston eut quelque chose à répondre aux sourds reproches de son cœur qui lui montrait Sainte abattue sous son inquiétude, navrée, abandonnée, et qui amenait jusqu'à lui comme un écho de ses sanglots et de sa plainte.

Il ne parla plus de partir ce jour-là même.

11 reçut avec reconnaissance l'ouverture de la baronne, qui lui proposait d« rassurer Sainte par un mot de sa main. — La baronne écrivit elle-hième ce billet dont la lecture devait donner tant de joie aux amis do Gaston et changer en espoir le décduragemenl ainer de la pauvre Sainte.

— Demain, se dis-iit Gaston, — je partirai... Sainte !... Ma petite samr chérie!... qui pourrait me retenir plus longtemps loin d'elle !...

Le lendemain, que le sourire de Carmen était beau!... Et qu'il y avait do ravissement sur le front de Gaston où la vie re\enue combattait un rsste de pâleur.

11 n'y avait plus entre eux de secret. Ils s'entendaient; ils s'aimaient tout haut.

Le charme qui s'épandait autour d^ Carmen agissait irré.-i4iblement. C'était cunmie un voluptueux rayonnement de grâces toutes puissantes. — On eiit dit que l'amour qu'eHe éprouvait pour la première fois avait doublé ses victorieuses séductions...

Elle était heureuse. Sa magnifique beauté s'embellissait encore de son bonheur.

Gaston la contemplait en extase. Leurs mains se joignaient, leurs yeux se parlaient, leurs sourires se mêlaient en de muluelles-carfsses...

Ga.ston, subjugué, perdu, ne vivait plus en lui-même, mais en elle. Sa voloîité n'avait plus de ressort, son intelligence ne pensait que pour aimer, son être entier ployait oppressé i)ar la passion Incennuo...

Et sa jeunesse réveillée leat-à-coup oubliait la glaciale étreinte du malheur. 11 res.-.uscitait de son engourdi-ssement mortel. Son mal n'existait plus. Sa peitrine, affai-sée naguère, s'élargissait au souffle viviilant d'une atmosplière de délices. — • 11 se redressait. Une chaleur nouvelle dégageait de ses os la sève das belles années. Le sang se fondait en ses veines qui .se gonllaient d'ardeur et de force.

Ce n'était point l'excitation vaine d'une fièvre qui passe el qui laisse après soi unredoublemriit defaligupr C'était le flux de la vie. Gaston renaissait. — 11 aimait. Carmen adorait. — Oh 1 Carmen I quelles paroles sauraient peindre le muet bonheur de son extase enchantée ! Son amour dépa.ssait celui de Gaston de toute la force supéri'-urede sa nature.

C'était une passion à la fois emportée çt soumise, fougueuse et dévouée jusqu'à l'esclavage, — pleine de délicatesses protectrices et de lolles admirations, ^- caressante comme la tendresse d'une mère, mais jalouse comme le caprice d'un maître.

(.'était un amour suave, tout embaumé d'exquise poè.sie et c'était un amour immense, brûlant, qui eût brisé l'âme d'unecrtJalurevulL'-are, comme la licjueur qui bout et fermente dans le grès fait éclater les parois de sa prison fragile...

.... Gaston bai.ssa les yeux. — Vn nuage passa sur son sourire.

— Je vous aime, dit-il i — oh 1 oui... de toute la puissance de mon cœur... Mais où peut aboutir cet amour?...

— Je suis libre, répliqua la baronne.

Ga.ston laissa retomber sa tète sur l'oreiller. Un instant, sa figure eut cette froideur fière qui était autrefois son expression habituelle.

-- Moi, je suis pauvre... murmura-t-il.

Ce fut au tour de la baronne de s'atlvislcr et de baisser les yeux.

— Vous êtes riche, reprit Gaston ; — bien riche!... Pieu m'est témoin que vous m'avez donné beaucoup de joie... tant de joie que mon pauvre cq ur a failli arrêter ses battenKîns et mourir à force de bonheur, quand vous m'avez dit: je vous aime... .4h! madame! se sentn* soudain si heureux après avoir toujours, toujours souffert !...

Il s'interrompit et ajouta d'un accent de résignation au.stère :

— Mais je suis pauvre !...

Les joues de la baronne s'étaitmt couvertes de rougeur. Son œil brillait sous la frange soyeuse de ses longs cils abaissés. — C'était une pudeur non feinte qui essayait do combattre d'invincibles entraîncmciis...

Elle pressa les mains de Gaston dans les siennes. Elle hésita durant une seconde. — Puis, sur cette main pâle, elle mit sa lèvre en un baiser timide.

— 11 faut être généreux, dit-elle, et me pardonner d'êtfa riche.

Le regard de Gaston se tourna vers elle, reconnaissant et tendre, mais il ne répondit point.

— Qu'est la fortune, reprit Carmen enthousiaste, — auprès de notre amour !... La fortune!... Oh ! maudit soit le jour où finit ma pauvreté!... Car je fus p.iuvTC aussi... pauvre bien longtemps!...

Elle s'interrompit et poursuivit presque aus^tùt brusquement :

— Voulez-vous savoir ma vie?

Gaston se releva, curieu'c.

— Si je le vc,H|E;tt"épondit il ; — vous parlerez, el vous parlerez de v^^«^e vous écouterai... puis-je avoir une joie meilleure?...

Mais l'enthousiasme de Carmen était tombé tout à coup. Elle semblait h('>siter et se repentir d'avoir offert ainsi la secret de sa vie. Son regard perdit sa franchise. Un embarras pénible lutta contre son beau sourire.

Gaston ne prenait point garde.

— Dites-moi ce que vous êtes, reprit-il ; dites-moi toutes vos souffrances et vos joies, afin que je vous sache mieux et que j'aime votre passé autant que vous-mèm.c.

L'œil dé Carmen tombait lourd et fixe sur le tapis. Un pli s'apercevait sur l'harmonie noble de son large front. Les lignes contractées de sa bouche disaient de l'amertume et de la douleur...

— Mon pa.ssé !... m.urraura-t-elle ; — ce furent dos jours mauvais, où Dieu se montra cruel envers une pauvTe fille... Ces jours, je voudrais les oublier..'.

Gaston se sentit avoir Iroid au ccRur. Une crainte vague se mit entre lui et Carmen. Pour la première fois, il se demanda : — Quelle est cotte femme?

— Oublier, rcpéta-t-il sans avoir la conscience des paroles qu'il prononçait ; — on aime à se souvenir pourtant; lorsque le bonheur est enfin venu, des temps où le malheur tortura l'âme sans la pouvoir ternir...

Carmen frissonna et jeta sur lui un regard d'épouvante.

Y avait-il un soupçon déjà dans ce cœur qui aimait de la veille?

L'œil perçant de Carmen interrogea le visage de Gaston. Elle y vit cette crainte indécise encore et qui allait devenir de la défiance. — L'angoisse qu'elle éprouva n'eut point le temps de se peindre sur ses traits. Elle leur imposa un masque de sérénité fière..

— Vous avez raison, répondit-ella d'une voix triste-et

lente;— mais n'entendîtes-vous parler jamais de malheurs qui humilient?

Elle était si belle et ces paroles contenaient un reproche si amer dans sa douceur hautaine, que Gallon eût voulu se nieKrc à genoux pour demander pardon.

Carmen, d'un geste impérieux, imposa silence ;i son repentir...

— Il y a sept ans, dit-elle, — pour avoir un morceau do pam, le soir, je dansais le fandango dan-^ la bouc sur le

■^ulovard du Temple...

Gaston l'interrompit par un cri d'élonnement.

Carmen se leva, traversa le boudoir et prit, à r<\U'' du poignard au manche d'or, les castagnettes d'ébène qu'elle jeli sur la coi»'erlure...

Elle demeura debout et croisa ses bras sur sa poilrine.

Son front se redressait, superbe. Une reine eât envié la d gnité sereine do sa pose et de sa physionomie.

— Voyez cela, reprit-elle; — ce jourt qui accompagna n.a danse aux jours où j'étais forcée de sourire quand nuin cœur se brisait, ce jouet me rappelle tout mon passé qu'il n'suine .. Ne m'accusez pas si mes souvenirs sont cruels... Je n'avais plus de père... plus de mère... Et j'étais bien jeun • pour tant souffrir!...

Page 1