‹ Les amours de ParisChapitre 46 sur 190 · CHAPITRE \X · texte numérisé non relu

CHAPITRE \X

LE BIEX ET LE JÎAL.

La baronne fut longtemps avant de reprendre la parole.

Ses souvenirs évoqués mettaient sur son beau front une amertume douloureuse.

Gaston la contemplait. Les caresses de son regard semblaient vouloir payer Carmen do sa souffrance. On voyait en quelque sorte sur ses traits mobiles et naïfs en leur austère beauté les progrès d'un amour qui grandissait sans cesse.

Au bout de quelques minutes, C^irmen se redressa; leurs regards se croisèrentr celui de C.armen , reconnaissant et doux, était comme une aclion de grâces.

— Gaston, dit-elle , — que je vous aime !... auprès de vous je ne sais pas souffrir... voire présence suffit à me protéger contre mes souvenirs navrans... Qu'importe le passé, puisque vous me faites si heureu.se '..

Elle se pencha vers Gaston dont la lèvre effleura ses cheveux.

Ils mêlèrent leurs sourires.

Puis Carmen se recula confuse , parce que l'amour lui soufflait la pudeur...

Elle avait eu le temps de réfléchir et de donner un rôle à son frère, ce personnage fictif à qui elle prêtait une moitié de sa vie.

« J'étais seule au monde, reprit-elle; mon fi-ère n'était^ il pas alors un enfant?... Il pleurait... J'avais à sécher ses larmes, moi, dont le cœur était brisé 1

« Je n'avais qu'une envie , fuir l'Espagne où je croyais voir partout le sang de mon père et le sang de ma mère.

» .Mon fière et moi nous traversâmes à pied le royaume de Valenc*:' et la Catalogne.

» Je vous ai parlé, Gaston , d'un prêtre de Murcie qu m'avait enseigné à prier Dieu; je n'étais [ms sans consolation.

D Mais que la solitude est cruelle à quinze an.s. — la so- 1 litudc avee la misère !

PAUL FEVAL.

» Me voyez-vous, Gaston, païuTe filLs seule , avec un cnfhnt trop faible pour me délendro, courant par les chemins, affaiblie par toutes les privations et exposée à toutes les insultes... .

» La route (ut bien longue, mes pauvTes pieds meurtris saignèrent bien des lois avant d'atteindre la frontière.

» Mais je ne sais, un vague espoir me soutenait en chemin ; j'allais voir la France, — la France dont le nom avait toujours résonné à mon oreille comme une mystérieuse promesse de bonheur...

» Et puis, dois-je vous le dire , Gaston ! mes ri^ves m.e parlaient de fortune et de brillans plaisirs...

» Je me souvenais d'Yahbel, la gitana, et du vieux higlander Jan-Vohr...

» Un soir, après une journée de fatigue, je vis devant moi une vaste plaii*e oii scintiUaient eh et là mille clartés à perte de vue.

» Mon cœur battit, je m'arrêtai. — Je reconnus Paris , la ville immense, Paris ipii allait être ma patrie.

» Mais.i Paris, quej'aimnis tant sans le connaître, l'hospitalité se pa;e. Je n'avais que ma basquiiie , mes rastapnelles et ma beauté, — car j'étais belle alors, Gaston, j'allais avoir seize ans.

» Dès ce premier soir, brisée de las>ituJc connue je l'étais, je fus obligée, pour payer ma couche et celle de mou fi-ère, de dansor bien longtemps, de chanter et do sourire.

•» Sourire , Gaston , quand on a des larmes plein le eoeurl... »

Le sein de Carmen se souleva. Sa voix grave et douce avait des accens de profonde tristesse.

Les yeux de Gaston se mouillèrent.

— Et j'osais me plaindre !... miirmura-t-il ; —mais parlez, pariez encore, et dit is-moi bien vite vos jours de bonheur...

Gaston suivait maintenant le récit avec un intérêt avide L'émotion lui avait rciidu la fièvre. Sa joue se colorait vivement, et les larmes arrachées par la plainte de QuTnen se séchèrent aussitôt au feu do ses paupières...

La baronne .-.croua la tète, agitant avec lenteur les belles boucles de ses cheveux noirs.

— Mes jours de bonheur 1 dit-elle; — Gaston, je n'en sais point d'autre en ma vie que le jour où je vous vois, oîi je vous parle, oii je sens votre mam tressaillir dans la mienne... Mais ce jour aussi vaut des années ! ajouta-t-elle avec passion : — Dieu m'y donne le bonheur de toute uno vie...

Gaston répondit, mais les mots se transformant en passant par la bouche des gens qui aiment ; leur sens sf psrd sous la plume...

Les mots d'ailleurs valent-ils le silence tremblant et ces muettes paroles que dit le sourire ou ijue le regard ému va murmurer au cœur'?...

Carmen reprit :

« Vous avez raison, Gaston... En ce moment je sens uno sorte de joie .'t rappeler le souvenir de mes m:sères pas- .sées... Mais c'est que je suis heureuse en ce moment... oh! bien heureuse!

» Tout me sourit... les jours écoulés m'apportent leurs pleurs amers pour me dire : ('es pleurs n'ont point laissé de traces... Les jours à venir me montrent de lielles amours... du bonlicur, du bonheur partout, parce que vous m'aimez...

» Cette première soirée passée h Paris fut bien cruelle. Les journées qui suivirent ressemblèrunt à cette première soirée.

» Vous étiez bien jeune en ce lemps. — rcul-étre. ni'anmoins, vous souvenez-vous d(! celle jeuui' tille ;i la bas- (|uine blanche, bordéi.' d'argent, et serrée à la taille par la ct'inture d'un spincer noir...

» LUe venait tous les soirs devant Ici salon de cire du l)Oulcvard du Temple, en face du café Turc, lille plaçi^il \

terre quatre coquilles, dans chacuno desquelles s'allumait un lampion L'espace compris entre ces quatre lumières était son théâtre.

» Elle dansait. — Je dansais, Gaston, jusqu'à perdra haleine.

• « Bien souvent, l'hiver, mes pauvres doigts bleuis ne pouvaient plus faire jouer les castagnettes.

» Et quand mes castagnettes ne précipitaient pas, joyeuses, leurs roulemens vils, les passans ne s'arrêtaient point. Je dansais en vain devant quelques pauvres enfans, transis comme moi, qui se vengeaient do leur souffrance en raillant ma misère...

» Paris n'a point de pitié, Gaston. Il jette son or par les fi'nètres, mais il ne sait pas ouvrir la main et donner à propos le denier de l'aumône.

» Nulle part je n'ai trouvé un peuple si froid et sachant si )!en sinirire en passant auprès du malheur...

» L'ouvTier qui jetait à mes pieds parfois une pièce de monnaie, y laissait tomber en même temps une mocjuerie. Je recevais plus d'in.sultes que de secours, et bien peu avaient ITune assez bonne pour ne point se payer de leur bienfait p;ir un mot obscène ou par uue grossière care.sse...

» Quand l'i'lais épuisée de fatiguïi et que j'éteignais mes lumières, des hommes, le chapeau sur les yeux, le manteau sur la bouche, s'approcliaient de moi mystérieusement et me montraient une pièce d'or...

» D'autres fois... Vous pâlissez , Gaston... Ah ! je veux vous prouver, moi , que vous pouvez m'aimcr sans scrupule, et que votre pauvreté n'est qu'un lit de roses auprès de mon martyre honteux!... D'autres fois, de vieilles femmes me suivaient et m'abordaient en quelque carrefour désert. Elles me glissaient à l'oreille cie ténébreuses paroles... Elles perdaient le miel de leur hypocrite éloquence à me montrer l'infaniie sous de riantes couU.-vrs... »

— Oh ! c'est trop ! c'est trop !... murmura Gaston (|u'écrasaient mille émotions contraires ; — entendre cela, c'est mourir !...

Carmen mit sa main sur sou cœur. Son front se redressa, rayonnant une .sereine fierté.

— Gaston, dit-elle, ces hontes étaient autour de moi, mais elles ne me touchaient pas. J'ai passé, ferme, le long de l'abîme qui borde l'étroit sentier de la misère. — Le cœur que je vous offre est pur, et le rouge que laisse à mon front le souvenir est d3 l'indignation et non pas du remords...

Elle disait vrai, car son cceur était neuf comme, la beauté admirable de sou corps. — r.cttc femnif' à qui la loi eût pu demander compte du sang versé avait gardé parmi les hasards romanesques de sa vie sa blanche robe de vierge.

Aux jours de sa di'tre,sse, elle avait repoussé fièrement les conseiK perfides de l'indigence. — Plus fard, dans son double et brillant r(Mo, elle avait joué avec l'amour, tantôt sous le mn.sque élégant du marquis de Maillepré, tantôt belle, incomparablo, sous le nom que lui avait donné le baron de Roye.

Une seule fois, son cœur avait battu au choc d'un senti ment nouveau pour elle... Mais alors, dans son intime croyance, ses vôtemens de lemme étaient un déguise-

I^lle ne s'élait point épouvantée encore an souvenir delà bizarre poésie du chant d' Jan Vohr. — Elle ne s'élait pas demandé dans l'angois^o bri\lante d'une nuit de délire : Df r/iielle O'ilcttr e.U mon Ame ?...

Gaston fut comme ébloui des rayons qui tombaient de ce front haulani et doux à la fois. — Il l'admirait, malheureuse, passioniu'menl. Elle grandi-sait à .ses yeux, charmés d(\ tonte la profondeur de sa misère passée.

— Qu'ai je fait, dit-il, avec l'accent d'une adoration ar drnl", — pour que Dieu me donne tant de bonheur?.. ()h ! merci, Carrnen, de m'avoir dit votre vie... Je vous vois maintenant aussi .sainle que bidle... et les longues annéi's d'amti'lunie qui composent n.a jeunesse sont trop payées par voire amour...

Il s'était avancé jusqu'au bord du lit; sa fôte souriante | s'appuyait sur ?; meiu. — Il regarda Carmen comme ceux qui prient regardent lo ciel.

Carmen avait perdu le subit enthousiasme qui Tavait un instant exaltée ; ce qui lui restait à dire l'eflrayait.

Durant quelcjui^s secondes, elle garda lo silence ; elle cherchait, elle masquait derrière un sourire calme le travail de son esprit inquiet...

11 lui fallait, dans ce laborieux récit, mêler ce qui était ^Tai avec ce qui était fauxf— Il lui fallait expliquer sa forlune et cacher les événemens de cette nuit latale où la double prédiclion s'était accomplie..'.

Ses yeux, baissés sous l'effort do sa tache, se relevèrent tout à coup résolus et vifs. Elle avait pris son parti.

« Plus d'une fois , dit-elle , d'un ton dont la froideur contrastait avec son animation récente, — vous avez semblé me reprocha r l'oubli où je laissais mon frère... Avant de vous dire comment un homme généreux et bon fit de moi sa fille et me donna son nom à sa dernière heure pour continuer son bienfait au delà de la mort, je veux vous parler de mon frère... L'histoire de mon mariage sera courte : les quelques mots que je viens de prononcer la contiennent... L'autel où je m'agenouillai était la couche d'un homme à l'agonie...

)i Mon frère... c'était un enfant hautain, un cœur intraitable, une volonté capricieuse et de fer... Ah ! c'était bien un fils de cette race maudite qui met sa joie dans la guerre qu'elle déclare aux hommes !... «

Carmen s'arrêta. Sa respiration était, oppressée. Elle semblait avoir peine à poursuivre. — Au moyen de cette feinte qui part;igoait en deux sa vie et eu mettait une moitié sur la tîte du marquis de Maillepré, elle arrivait à jeter dans les mensonges de son récit une sorte de vérité symbolique.

A elle, Carmen, ce qui dans sa nature était véritablement pur et beau. — Au marquis, les désirs insensés, les témérités folles qui avaient secoué sa jeunesse. Elle donnait ainsi un corps aux deux principes qui s'étaient disputé son âme.

Carmen, c'était lo bien; le marquiSj c'était le mal...

Et, comme il fallait qu'elle se reconnût dans l'une et l'autre face de celte double image^ sa voix hésita en traçant le porirait du marquis, dont pourlaut elle adoucissait les traits, avant d'éluder l'aveu de son crime...

a Mou frère n'était pas souvent auprès de moi, poursuivi'.-elle cependant en essayant do retrouver son assurance. — Il arrivait à l'adolescence. Il aurait pu me- protéger... Mais sa fantaisie n'était point de m'aider dans ma tache douloureuse. 11 ne voulait point danser avec moi devant la foule sur le boulevard du Temple.

» Ses occupaMons étaient autres. — H s'était mis aux gages d'un misérable nommé Burot, secrétaire d'un noble duc dont le nom no nous importe point, et il épiait la conduite de madame la duchesse.

» Il était paresseux et curieux. — Cette vie de basses intrigues ne lui répugnait point...

» A ce métier, iU-vit d'étranges choses. — Sou espionnage le conduisit parfois dans ces lieux notés d'infamie, où la présence d'une femme élégante et du monde est chose si invraisemblable, qu'il peut venir à l'esprit do certaines dames de les choisir justement pour y mieux enfouir leur so- •cret. — La duchesse dont je vous parle, harcelée par les soupçons de son mari, prenait les habits de sa femme de chambre, et donnait des rendez-vous dans un petit" cabinet souterrain de la rue de Beaujolais, au Palais-Roj^al, qui était une dépendance du Caveau du ?<iuvage...

1) Mon frère décou\Tit cela et bleu d'autres choses ; il connut ce Palais-Royal aux infâmes mystères, et ce fut là qu'unt!^ fois il trouva sur son chemin le litre qu'il porte aujourd'hui... «

Tout ce qu'il y avait d'amour dans le regard de Gaston disparut à ce mot comme par magie. Son œil devint sombre et interrogea impatiemment.

— Le titre de marquis de Maillepré? dit-il.

~ Le titre de marquis de Maillepré, répondit la baronne.

Puis elle reprit en abaissant sa paupière comme pour se recueillir, mais en réalité pour fuir le regard incisif ds Gaston :

«C'était dans la nuit du mardi gras de 1826...»

— La nuit de la mort de mon père ! murmura Gaston, dcmt les traits se voilèrent d'une tristesse grave et plus sonibre...

Carmen ne l'entendit pas.

« Mon frère, poursuivit-elle, était au Palais-Royal, cherchant, d'après l'ordre de monsienr Burot, madame la duchesse qu'il savait être dans la foule, déguisée etmasquéf, au bras de son amant... '

» La cohue était compacte et pressée. Mon frère chercha longtemps. — Mais le masque donne à toutes les femmes le même visage. Mon frère se fatigua de chercher.

» Comme il allait se retirer, il aperçut dans l'une des galeries un homme enveloppé d'un ample manteau, qu'il reconnut pour être monsieur le duc en personne.

» Mon frère était à l'Age où tout cède au plaisir d'une espièglerie. Il pensa que monsieur le duc était là lui-même à la recherche do sa femme. Il le suivit.

« .le ne sais comment cela se fit, mais mon frère et monsieur le duc se parlèreut. — Monsieur le duc n'était poin là pour épier sa femme.

» Il y avait dans le jardin, parm.i la foule, un homnie au costume étranger, qui allait dépasser les limites de l'âge mûr. Mon frère n'eut point de peine à reconnaître que cet homme était le point de mire de la recherche de monsieur le duc...

» Je ne puis vous raconter en détail ces choses, Gaston... mes souvenirs sont confus... Depuis sept ans, j'ai tâché d'oublier tout cela, parce que ce fut une action criminelle et que le coupable était mon frère. — Ce que je puis vou dire, c'est que l'étranger portait sur lui des papiers que monsieur le duc eût payés au prix de la moitié de son immense fortune...»

— Madame, interrompit Gaston d'une votx basse et alt^jrée, — quel était le nom de ce duc?

11 couvrait la baronne d'un regard perçant et avide.

Celle-ci tiquait ses yeux baissés.

Elle ne répondit pas à la question de Gaston. «Mon frère et le duc, reprit-elle, — curent ensemble un long entretien, à la suite duquel mon frère disparut, pour revenir bientôt, revêtu des habits d'une femme... Vous savez, Gaston, combifn il me ressemble... il avait • alors seize ans tout au plus. L'illusion devait- ,.être complète, et personne n'eût pu se douter de la suj^cherie.

» Mon -frère était une femme,— une femme jeune, belle et merveilleusement parée...

» Eu cette nuit de folie, il y avait de l'ivTesse dans toutes les veines... Peut-ôlre ne savez-vous pas ce qu'était alors le Palais-Royal... »

— J'y étais, madame, cette même nuit, dit Gaston dont la voix était creuse; — je sais... oh! je sais et je aie souviens!...

« Tout était permis, continua la baronne, — rien n'étonnait... SioQ frère, avec sa brillante toilette de femme, pri le bras de l'étranger... Que se passa-t-il?... »

Des gouttes de sueur perlaient au front et aux tempes de Carmen. . , , . .

Gaston se penchait hors du lit; son souffle oppressé râlait dans sa poitrine.

— Que se passa-t-il, madame? pronouça-t-il avec effort; — oh ! par pitié, dites-le-moi si vous le savez!...

La paupière de Carmen trembla, le sang monta violemment à ses joues , ses yeux ne'se relevèrent point encore.

«Je ne sais., murmura-t-clle; — mais le lendemain, mou frère avait les papiers de l'élranger... le'lendemain, il

PAUL FEVALî

échangeait notre pau\Te demeureycontre un splendide appartement.—Il eut une voiture, il eut des valets... et monsieur ie duc l'appela son cousin... »

Gaston se dressa raide sur son séant; il saisit le bras de la baronne qu'il étrcignit avec l'énergie de la CèATe.

— Ce duc. dit-il d'un accent qui clie^Toltait et prononçait les mots à peine, — c'était donc monsieur de Compans- Waillepré!...

Les paupières de Carmen semblaient rivées sous un poids de plomb. — Son visage, sur lequel glissaient rapidainent des teintes tour à tour livides et enflammées, trahissait son émotion profonde.

Aux derniers mots de Gaston, effrayée du son de cette Yoiï qu'elle ne reconnaissait plus, elle leva enOn Jes yeux. — Elle demeura comme stupéfiée devant le morfel changement qui s'était opéré dans les traits du blessé...

— Qu'avcz-vous?... murmura-t-elle de cet accent craintif qui semble donner la réponse.

L'œil fixe de Gaston eut un fugitif éclair.

— Madame, dit-il avec lenteur, — en cette nuit dé carnaval, j'étais agenouillé auprès du lit de mon père agonisant... Mon père attendait, comme'on espère le salut, ces papiers volés par votre frère... A son dernier soupir, — car il mourut cette nuit-là même, madame I — il appelait l'homme que votre frère égarait loin de son devoir... Ah ! \o\is me demandiez mon secret tout à Theiu-e... Il faut bien que je vous le dise, car je sens qu'il briserait ma poitrine... Madame, votre frère a tué mon père... U a rejeté au plus profond de sa chute ma famille, qui allait se relever... Je siuis le marquis de Maillepré !...

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