‹ Les amours de ParisChapitre 55 sur 190 · C.cci,d'ordinaira · texte numérisé non relu

C.cci,d'ordinaira

Mais eu ce moment monsieiir le duc ne se cotmaissait plus, la rage lo rcnd.iit fou. Rien n'était capable de l'arrêter.

Il sa traîna, écumantde colère, jusqu'à la porte où la camériste et Burot restaient indécis. : .

— Saisisscz-la, dit-il d'une voix eiitrecoupi'o.— Prends-la de force, Burot! — Ariaché-la ! et si elle résiste... L(» duc e interrompit, étouffé par sa rage. ,— Mais, monsieur, dit BurOt, il- y a du monde aux fenêtres!

Le. duc leva sa main tremblante pour le frapper, — ilisérahle! s'écria-t-il, je te dis de me l'amener, de gré ou de force!...

Sainlc^'tail montée sur un balcon en saillie qui donnait. sur li-s jardins dont nous avons. parlé.

Elle rcganlait au-dessous d'elle, cherchant un être huinaiadont elle put implorer le secours.

Les jardins étaient déserts.

Coiiiiae elli! relevait les yeux pourinlerroger les fenêtres qui lui taisaient face, la voix étranglée du due vint frapper •sou oreille et l'empêcha de voir.

Elle se retourna vers l'intérieur de la chambre, en ayant soin du tenir, toutefois, le balcon à deux mains.

lîurol. cependant, ne se press-'ul point d'obéir aux ordres du monsieur lu duc. H faisait force gestes et montrait les maisons de la rue Montaigne...

Mme Brunel appuyajldeson mieux sos représentations. Mais le duc n'entendait rien et ne voyait rien. La résistance atli-sait sa colère. Il n'y avait plus, parmi l'ivresse désordonnée de son cerveau, ni raison ni prudence.

11 répéta une troisième fois son ordre en l'appuyant de blasphèïiies, et, comme Burot continuait à hésiter, le duc trouva la forctule le pousser rudement el de se diriger lui- " même vers lu fcuêlrc. ■■■ -■. ■ ■ l >JLi démarche chaucelmitc. l'étrange état «îi l'avait mis

LES AiMOUîlS DE PARIS.

la lutte, tout ce'a devait donner à quiconque l'aurait aperçu du dehors l'idée du dernier degré de l'ivresse.

Il avançait cependant. — Sainte se mitvi genoux sur le balcon et leva sos deux Kiains jointes vers le ciel.

Uc loin, celte femme supplianlc et cet homme qui marchait sur elle, la menace à la bouche, dcvaienl avoir l'air de jouer, en [ÙAn midi, au beau milieu de Paris, la scène la plu- banale do n'importe quel mélodrame.

Or,~ ti y avait des spectateurs...

Au moment où le duc. s'appuyani d'une main. à la fenêtre, saisissait Saint" de l'autre Riin <'e !'ei;lrnîner hors du lialcoii, une salve étourdissante de bravo^'entreniêlé.'de bruyans éclats de rires retonlit de l'autre cM<}. du jardin.

On baltuit di'S mains avec Irériési?, oli sifflait, ou criait : bis!

Les deux bras de monsieur do Compans retomblTcnt le loue de son corps; sa figure enflammée de^^nt livide.;.,

La iumif-ro se faisait daus son esprit. Cette secousse venait lie rrici;ri: fip à sa passagère folie.

Il (icmeurail cloué h la même place. Ses regards tombaient à f es pieds et n'osaient point se relever.

Sainte, étonnée, p.e savait pas si elle devait redouter encore ou se réjouir. »

Sou œil .se fixait, sur mon'=!<"ir de Compans. aiteiTé, avec un reste d'épouvante... '

Bupol sifflotait.

Madame Brunel chantait sur tous les tons :

— .'e l'avais bien dit!,... mais oa ne veut jamais me croire!

Et, au dehors, on répétait :

— Bravo ! bravo ! Bis ! bi- !

Monsieur le duc leva enfin l-^s yeux... H aperçut à la fenêtre ijui faisait lace, — cette mêhie fenêtre où Sainte avait cru rcconneîtrc Charlotte, — cinq ou six hommes rassemblés sur un balcon et au milieu desquels se trouvait uuo femme.

Tous ces gens avaient des lorgnettes de spectacle.

La femme se servait d'une longuo-vue, et un homme en robe de chamijre, — le maître de la maison sans doute, — regardait à travers un télescope moulé sur pivot.

C'était d'im effet renversant. — Le duc eût voulu reu-' trcr sous terre.

Nîs lecteurs n'ont peut-être pas oublié un personnage qui joua un rôle estimable au prologue de cette histoire : Monsieur Polype, principal locataire de la maison de l'aile Valois au Palais-Royal , où mourut le marquis Raoul de Maîllepié, tuteur d'Oguah le grand chef, maître après Dieu de l'hôtel du Sauvage, ami de la police, camarade des filous, commanditaire des marchands de chaînes de sûreté, et débitant de petits li\Tes obscènes.

11 y avaii, on eu conviendra, dans ce faiseur encyclopédique l'élofle d'un homme très important.

La destinée n'avait pomt failli à tant de mérite : Polype avait fait son chemin.

A l'aide de ses divers métiers et d'ui.e douzaine d'autres, parmi lesquels il ne faut point oublier celui d'usurier, il avait ainassé un capital considérable.

Une fois ce capital acquis. Polype agrandit le cerc'e de ses opérations, fit un sort à sa femme qui le gênait, parce qu'elle avait de mauvaise^ manières, ayant été servante d'hôtel aiUreibis, et se jeta, vers l'âge de cinquante ans, dans la vie dorée de nos fashionables.

Le sort qu'il fit à sa femme, soil dit en passant, fut de lai donner un bureau de m.ariages, sous le nom de madame Confiance, comme par soixante ans de miccèi'.

Notre récit, nous l'e-ipérons, ne sera pas sans avoir pour lecteur quelque'couplc heureux sorti des bureaux de madame Ccnfiaace, coimtie maintenant /jor soixante et dovze «H-t (le fuccéa.

Monsieur Polype ne vendait plus guère n'a chaînes de sûreté. Il avait gardé seulement la meilleure de toutes les cordes de ècm arc : l'us irc ; — il s'était fait banquier.

Les hommes de génie se rencontrent fatalement. Monsieur Polype appliquait à la médiocrité nécessiteuse le système que Denisart voulait apphquer à la misère.

Il s'attaquait au petit commwce. — Il lui prenait tous ses profits, un peu de son capital, et lui laissait ses pertes, parce qu'il faut que tout le monde vive.

Du reste, il était pai'failemeut honorable, retenait les intérôts en dedans, et vous aurait mis au défi de l'envoyer au bagne.

Le bagne n'est certes point peuplé de saints ; mais, en clioisissH'!! parmi ses locataires les trois plus vils scélérals, et en additionnant los portions mauvaises de leur nature , on n'aurai! point refait monsieur Polype, la providence du pciit commerce parisien.

C'est q«> 'es bandits qui travaillent légalement-où à peu près sont mille fois plus noirs que les pauvres diables de brigands qui ne savent pas assassiner les gens sans alîer jcontre un article du code pénal.

Au moral, durant ces sept années, monsieur Polype avait peu changé; néanmoins il n'était plus exclusivement avare. A l'occasion, il savait jeler l'or par les fenCti-es avec le sans-façon d'un homme à q-.îi l'or ne coûte rien, sinon quelques gouttes du sang âe son procliain.

Au physique, c'était toujours le même nez triomphant et mobile, expressif, sensitif, frappant, digne, considérable, trait unique au milieu d'un visage ébauché, mais qui variait à lui seul toute une ph.vsionomie.

Monsieur Polype était assez mal habdlé, comme tous les gens qui marquent : cela lui donnait l'air d'un députe. Il avait, pensons-nous, la croix dhonnéur...

C'était sur cet homme-ià que duChesnel prétendait s'appuyer pour arriver à la déput<ilion.

Le protecteur, il faut le dire, était choisi merveilleusement. — Quelle position, en effet, pour avoir des voix, que de mettre aux électeurs le pistolet sous la gorge !...

Monsieur Polype avait été présenté à Charlotte.

Malheureusement du Chesn'el n'avait pu la mettre dans la coutldenco.

. Charlotte avait trouvé monsieur Polype singulièrement ridicule. — Vive, franche, étourdie, elle ne savait guère cacher ses impressions.

Monsicur'Polype ne put se méprendre et se félicîta médiocrement de son succès.

Mais, rien pour rien, mon.sieur Polype n'était pas homme à se payer du tintement de l'or ou de la fumée des fourneaux. •

11 avait trouvé Charlotte ravissante. — Le marché tenait, mais à condition.

Or, quel biais prendre pour déterminer Charlotte?...

Ceci fut, la vrille de l'enlèvement de Sainte, le sujet d'une conversation entre du Ciaesne! et l'excellent Durandin.

— Mon ami, dit Duraudin, la femme ne marche pas... nous perdons notre temps...

. Du Chesnel, malgré sa bonne envie do conquérir monsieur Polype, eut un mouvement de joie orgueilleuse en songeant à la vertu de sa femme.

— C'est le diable! répliqua-t-il, —mais je te l'avais hier dit ! Charlotte est la sagesse p^iême.

Durandin aimait à tourner ses pouces. Ce n'était pas ■ chez lui une passion, mais un goût très prononcé. — H tourna ses pouces, épanouit le gros sourire qui fleurissait à demeure sur ses joues fraîches et leva ses yeux ronds sur du Chesnel.

— Mon garçon, dtt-il, tu es comme ces bonnes femmes qui voudraient bien voir leur fils major, mais qui ne veulent pas lo laisser se faire soldat... Qui veut la fin veut les moyens... Ça me fyit do la peiae de te voir si fier d'une chose qui te barre la route !...

DuChesnel demeura un Instant sans répondre et haussa les épaules d'un air de mauvaise humeur.

— C'est ^Tai. nuirmura-t-il ; mais qu'y faire?... Je crois n'iMre pas un^ot...

— Prends garde, inlerroniiiit Durandin d'un air [ a'.erne.

PAUL FÉVAL

— Quant aux préjugés, reprit du Chesnel. j'en ai bien peu... Jlaisje sens que j'aurai bien de la peine à me défaire de cette (aiblesse-là... Cliarlotte est ;-i charmante !

— Ah ! pas mal! pas mal! dit Durandis; —c'est une très joKe femme... aussi Polype a mordu, il faut voir !... Mais ce n'est pas le tout...

— Comment faire ? dit du Chesnel.

Quoi qu'il en eût, sa figure exprimait nettement sa vanité de mari.

Durandin tournait ses pouces activement et faisait ses observations.

— Ecoute donc, ino'u cher garçon , reprit-il avec beaucoup de bonhomie, soyons justes... Tu es fier de tajomme parce qu'elle s'est moquée de monsieur Polype... Il n'y a vraiment pas de quoi... Et, quand j'y pense, pour un mari dans ta position, qui aime sa femme et qui ne veut pas cependant se priver dos avanlaycs.. Tu m'entends bien... Monsieur Polype est un homme précieux... Son nez me semble avoir des vertus contre la jalousie. Tu y as songé,

e parie, diplomate que tu es!...

C'était vrai. Du Chesnel y avait songé, et son égoïsme avait trouvé là une consolation.

Mais en ce moment le souvenir de l'entrevue de monsieur Polype avec Charlotte était trop récent. — Le contraste entre le vice laid et la belle pureté restait trop frappant au dedans de lui-même.— Il était décidément soucieux, et ce qui lui tenait lieu de conscience se bourrelai d'un semblant de repentir.

— Pauvre entant! murmura-t-il avec un gros soupir. Durandin baissa les yeux et travailla à rebrousse-pouces.

— Ah ! dii-il, mon garçon, tu sais bien que j'ai beaucoup d'affaires... Je de\Tais êti'c eu ce momeut chez le marquis dont la position s'embrouille... Si tu fais l'enfant, bonsoir... Adore ta fenmie, et va te coucher.

Du Chesnel passa le revers de sa main sur son front et se leva pour faire un tour dans la chambre.

— Est-ce uni ? reprit Durandin. — Sommes-nous sage ? Du Chesnel s'arrêta en face de l'avoué. Il 'demeura un

instant silencieux, les bras croisés sur sa poitrine. Durandin le contemplait do son regard le plus placide.

— Allons, dit du Chesuel en se rassej-ant,— je vois bien que tu as un moyen à me donner... Finissons-en?

— Ce moyeu-là; demanda Durandin, me proniets-ta de l'employer ?

— S'il est bon... commença du Chesnel.

— Il est bon, interrompit Durandin.

— La moindre chose est de savoir...

— Du tout... oui ou non ?

Du Chesnel n'hésita pas trop longtemps.

—C'est bon, dit-il, je te promets do l'employer , ton moyen... Quel est-il?

— C'est, répondit Durandin avec une certaine emphase, tout à-fait en dehors de ses habitudes, — c'est madame Bathilde de Saint-Pharamond.

Du Chesnel laissa échapper un geste de répulsion énergique.

Ce diplomate malheureux était dans une situation violente. Un cercle vicieux lui serrait le cou. — Il voulait blea vendre sa femme, mais il eût voulu en môme temps la garder.

Il hésitait à la manière de ces assassins dont le .cœur se soulève un peu en délayant le poison.

— Madame de Saint-Pharamond 1 dit-il à voix basse, — une femme perdue I

— Mon buu ami, répliqua Durandin, — penses-tu qu'une honnête personne donnerait à ta femme le conseil de prendre monsieur Polype ?...

Du Chesnel se tut, embarrassé.

— Il n'y a pas de milieu, reprit Durandin, — il fJiut la tourner lestement, la rompre tout d'un coup... Les élections approchent... Il faut que monsieur Polype soit en mesure de travailler très prochainement... lilciuantà moi, pour t;royer et réduire en poudre ce calcul vertueux qui se formé att fond du cœur de certaines femmes, je «e con-

nais aucune machine de la force de madame de Saint-Pharamond.

Du Chesnel avait les sourcils froncés.

— Dans ma maison ! murmura-t-il encore, — une telle femme I

— Je te trouve précieux ! s'écria Durandin, — Bathilde veilla meilleure société... en fait d'hommes.— Elle pourrait te présenter à une douzaine de princes... russes ou polonais... Elle te mettra d'ailleurs en relations avec un momie que tu ne connais pas assez, l'élite, la csême, la fleur de notre aristocratie nouvelle... Prunot, excellent gentilhomme , neveu de rillustro duc de Pharsale... J. C. S. T.^anguin, le représentant d'une de nos plus riches industries... Arsène de Monltormeil. qui aurait pu être de Saint-Gervais... Enfin," le jeune et charmajit Félicien Chapitaux, qui justement est le parent et l'héritier de monsieur

I Polype...

I — Mais recevoir cette, femme! murmura encore du I Chesnel.

j — Ah çà 1 mais tu plaisantes !... riposta Durandin sérieusement scandalisé ; — celte femme est comtesse, mon gai--

I çon comtesse pour tout de bon... Beaucoup plus com-

: tesse que tu n'es vicomte.

j Du Chesnel haussa les épaules...

I — Il ne faut pas prendre des airs de douter, poursuivi ; Durandin ; je suis son avoué, je sais son histoire... Elle sst la fille d'une marchanae de pommes du carré Saint- ! JIarti!\,.. Ne ris pas, tu vas voir !... Elle était jolie comme I une ange et cousait dans la perfection... Une noble per- I sonne du faubourg Saint-llonoré la prit pour demoiselle I de compagnie... La marchande de pommes, paraîtrait-il, I lui avait donné quelque teinture des manières du. beau I monde.

I « Pendant qu'elle était demoiselle de compagnie , le I jeune comte Armand de B"",— tu ne révoqueras pas en doute la noblesse de celui-là ! — devint amoureux d'elle... I Bathilde fut plus ou moins sensible à cet amour ; mais il I lui fallait de la fortune, et le comte était pauvre. Elle atten- 1 dit.

i « On naît lorette, vois-lu bien; Bathilde était ravissante! i Plusieurs partis se présentèrent. — Elle attendit toujours. j » Le comte, cependant, était attaqué d'une maladie de I poitrine ; il dépérissait lentement et disait à Bathilde que I son amour seul pourrait le rendre à la vie... i » Bathilde hésita longtemps; elle hésita si longtemps ! que le pauvre comte, arrivé au dernier période de sa maladie n'eut plus la force de sortir et demeura confiné dans son modeste appartement.

« Un jour il vit arriver Bathilde. Ce fut comme si le ciel s'ouvrait. Elle venait lui-apporter le bonheur, la vie ; elle venait lui proposer sa main... Comment trouves-tu c'ela, toi?...»

— C'est seloH, dit du Chesnel.

— Enfin?...

— Eh bien ! s'il n'y avait pas quelque faux pas là-dessous, c'est un joli trait!...

— Fi donc! des faux pas! s'écria Durandin, Batkilde ne tombe jamais, elle se jette à plat ventre par terre, —voilà tout.

Il fit un geste de dédain.

— Un faux pas ! répéta-t-il, — parlons-nous d'une grisettc ou de la fille d'un apothicaire!... on voilbisn que tu ne connais pas Bathilde. Celle-là ne devait pas débuter par une chute; celle là a le pied sûr et ferme...Quand elle glisse, c'est qu'elle a voulu ghsser !... Non pas, non pas, elle était pure en ce temps comme l'agneau qui vient de naître...

• — Alors, dit du Chesnel, elle se conduisit en femme de cœur.

— Assurément, assurément ! grommela Du^^pndin qui mit à tourner .ses pouces une activité inaccoutumée.— Assurément, mon bon ami... et aussi en femme d'esprit.. .,Je suis coûtent de voir que tu lui rends jnstice... Figure-toi qu'avant de se rQndre chez le pauvTe malade elle était

IM

allée chez son médecin Qt lui avait dit de sa jolie voix douce :

— « Docteur, combien de jours peut wmo encore le comte?...

— » Huit jours, avait répondu le médecin.

— » Et n'a-t-on aucun espoir de le sauver?

— » Mon Dieu ! non, madame...

— » Cependant un miracle ?...

— «Madame, il n'}- a pas de miracles ; monsieur le comte est un homme mort... »

C'est à la suite de cette conversation qu'elle vint offrir sa blanche main au malade... '

— Ah! diable, dit du Chesnel, je croyais qu'il n'avait pas de lortune ?

— Pas une obcle, mais attends donc !... cela ressemble un peu. sauf le mobile, au mariage in eœtremis de notre chère baronne deRoye... Une fois la ccrémonio accomplie, le comte mourut (iomme il voulut, et Bathilde, quittant sa protectrice, alla s'établir dans un superbe appartement du quartier Breda...

( e!a fil un bruit énorme. — On ne parla plus que de la charmante comtesse qui avait dix-huit ans, qui mettait son ca^ur à l'enchère et qui se cachait sous le nom de Saint-Pharamond...

— Oh ! oh ! Qt ûu Chesnel avec estime,— c'est une combinaison!...

— Elle gagna cinquante mille écus dès la première année, reprit Durandiii, —maintenant elle a quatre-vingt mille livres de rente bien et dûaicnl inscrites au grand livre de la dette publique...

— Peste ! fit encore du Chesnel.

— Tu vois bien, reprit l'avoué, quY^ile est en état de donner des leçons.

Du Chesnel parut réfléchir.

Durandin se leva.

-Allons, leste! dit-il; habille -toi et allons chez Bathilde. Elle est bonne enfant... Si tu lui plais, elle tiendra au déjeuner que tu donnes demain...

— Le déjeuner que j^^ donne ?... balbutia duCJiesnel.

— Sans doute, à Chapitaux, au baron Prunot^ à Sanguin, à tous ces messieurs... C'est indispensable... Bathilde ne peut pas venir seule...

Du Chesnel s'habilla pour aller chercher la lorelte qui avait gagné quatre-vingt mille livresde rente et qui devait donner des leçons à sa femme.

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