‹ Les amours de ParisChapitre 57 sur 190 · X.B SIECLE. — VU · texte numérisé non relu

X.B SIECLE. — VU

PAUL FÉVAL

Rohrhnrh et Malfus, cntro Tintrépiilo Poiret et lo sceptique Cacharii, dit Feignant.

Ce n'était rien moins que l'iionn^te Pierre Worms, dit Poupard, qui avait, dans un moment d'oubli, glissé dans sa pociie les deux billets de mille tranrs de monsicurPotel.

Si l'on s'étonne de voir un personnage de l'importance de Denisart, philanthrope et ancien professeur, avoir des connaissances comme Pierre Worms, nous rappellerons <iue Deni-wrt était l'ami du peuple, qu'il avait pour les êtres déchus cette tendresse commune à tous les exploiteurs de réforme ; que, do plus, il n'était pas fier et qu'il n'est si piètre ami dont un homme habile ne puisse tirer bon parti à l'occasion.

Tout Denisart d'ailleurs s'occupe uji peu du placement des ouvriers. C'est là une manière de pomper le sang du ■pauvre qui jaut presque les flatteries illustrées et lo fanatisme social f>ar li\Taisons.

Denisart avait placé Pierre Worms, et ces deux bons coeurs avaient été h mémo de se comprendre.

Pierre Worms était sans ouvrage depuis le vol tenté au préjudice du père Potel. Denisart n'était pas sans savoir que le brave Alsacien avait d'autres talens que celui de graveur.

Il fut heureux de le trouver en cette occasion, et Poupard fut heureux également d'utiliser honnêtement ses loisirs.

— Eh pien ? dit l'Alsacien, lorsque Denisart fut de retour. Celui-ci l'attira sous les arcades du Garde-Meubles et lui

raconta ce qu'il avait observé.

— Ch'aurais pien lu dout ça dout seul, dit l'Alsacien. — Abrès, messie Ténisart!...

Pierre Worms disait cela de sa bonne voix placide et lente.Ceux qui passaient en ce moment dans les galeries du Garde-Meubles devaient se dire en voyant cette excellente figure auprès de la tête patibulaire du pédant : Voilà un brave homme de provincial qui a de bien mauvaises connaissances!...

Leur entretien fut long. Denisart décrivit le portefeuille rouge suivant les indications fournies par monsieur de Compans. — On arrêta les bases du marché. Worms reçut (juelque argent pour acheter les menus ustensiles que nécessite une expédition de ce genre, et les deux acolytes se séparèrent.

Le lendemain, c'est-à-dire le jour même qui suivit l'enlèvement de Sainte, ce ut Pierre Worms, dit Poupard, qui, à son tour, se présenta chez monsieur le marquis deMaillepré.

Il était vêtu comme un bon ouvrier endimanché. Il eût fallu être un vétéran de la police de sîlreté pour concevoir une ombre de défiance contre cette excellente et débonnaire tournure.

Il demanda à attendre monsieur le marquis. Tant de monde depuis quelques, jours en avait fait autant que les domestiques l'introduisirent sans difficulté dans l'antichambre.

Là se trouvait déjà NaRaire qui, couché sur sa banquette, en était à son premier somme.

Il ne s'éveilla point.

Worms le reconnut parfaitement. Un étonnenient craintif se refléta sur sa grosse figure.

— Tiaplel tiaplol grommela-t-il, messie TraconI

Tiaplet

Il s'assit sur la banquette et demeura un instant irrésolu.

Puis il .se leva et fit le tour de la chambre en reprenant son air d'innocente tranquillité.

En passant auprès do l'une des portes, sa main en toucha le bouton connue par hasard.

Ce lut un coup de baguette. La porte s'ouvrit sans bruit lucun. — Poupard jeta un regard rapide en arrière, puis il franchit le seuil, et la porte se referma comme elle s'était ouverte, sans produire aucun son.

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