‹ Les amours de Psyché et de Cupidon, avec le poëme d'AdonisChapitre 22 sur 53 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Au bas de ce degré Latone et ses jumeauT De gens durs et grossiers font de vils animaux ,

Les changent avec l’eau qùe sur eux ils répandent.

' Déjà les doigts de l’un en nageoires s’étendent; L’autre en le regardant est métamorphosé :

De l’insecte et de l’homme un autre est composé : •

Son épouse le plaint d’une voix de grenouille ;

Le corps est femme encor. Tel lui-méme se mouille , Se lave ; et plus il croit eflacer tous ces traits ,

Plus l’onde contribue à les rendre parfaits.

La scène est un bassin d’une vaste étendue.

Sur les bords cette engeance , insecte devenue ,

Tâche de lancer l’eau contre les déités.

A l’entour de ce lieu , pour comble de beautés ,

Une troupe immobile et sans pieds se repose , Nymphes , héros , et dieux de la métamorphose, Termes , de qui le sort sembleroit ennuyeux ,

S’ils ii’étoient cncli antes par l’aspect de ces lieux.

Deux parterres ensuite entretiennent la vue.

Tous deux ont leurs fleurons d’herbe tendre et menue Tous deux ont un bassin qui lance ses trésors ,

Dans le centre en aigrette, en arcs le long des bordff. L’onde sort du gosier de différents reptiles.

Là sifflent les lézards , germains des crocodiles ;

Et là mainte tortue, apportant sa maison ,

Alonge en vain le cou pour sortir de prison.

Enfln , par une allée aussi large que belle ,

On descend vers deux mers d’une forme nouvelle : L’une est un rond à pans, l’autre est un long canal. Miroirs où l’on n’a point épai^né le cristal.

Au milieu du premier , Phébus sortant de l’onde A quitté de Thétis la demeure profonde.

94 AMOURS DEPSYCHÉ.

En rayons infinis l’eau sort de son flambeau :

On voit presque en vapeur se résoudre cette eau :

Telle la cLaux exhale une blanche fumée.

D’atomes de cristal une nue est formée :

Et lorsque le Soleil se trouve vis-à-vis , ^

Son éclat l’enrichit des couleurs de l’Iris.

Les coursiers de ce dieu, commençant leur carrière,

A peine ont hors de l’eau la.croupe toute entière : , Cependant on les voit impatients du frein j Ils forment la rosée en secouant leur crin.

Phébus quitte à regret ces humides demeures :

Il se plaint à Thétis de la hâte des Heures.

Elles poussent son char par leurs mains préparé ,

Et disent que le Somme en sa grotte est rentré.

Cette figure à pans d’une place est suivie.

Mainte allée en étoile à son centre aiwutie Mène aux extrémités de ce vaste pourpris.

De tant d’objets divers les regards sont surpris.

Par sentiers alignés l’œil va de part et d’autre :

Tout chemin est allée aux royaumes du Kostre.

Muses , n’oublions pas à parler du canaL Cherchons des mots choisis pour peindre son cristal. Qu’il soit pur , transparent ; que cette onde argentée ^ f.oge en son moite sein la blanche Galatée. *

Jamais on n’a trouvé ses rives sans Zéphyrs : .

Flore s’y rafraîchit au vefit de leurs soupirs.

Les nymphes d’aleutom’ souvent dans les nuits sombres S’y vont baigner eu troupe à la faveur de^ ombres.

Les lieux que J’ai dépeints , le canal , le rond d eau , Parterres d’un dessin agréable et nouveau , Amphithéâmes , Jets , tous au palais répondent ,

Sans que de tant d’objets les l^eautés se confondent. ‘

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