‹ Les amours de Psyché et de Cupidon, avec le poëme d'AdonisChapitre 23 sur 53 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Heureux ceux de qui l’art a ces traits inventés î On ne connoissoit point autrefois ces beautés.

Tous parcs ctoient vergers du temps de nos ancêtres ; Tous vergers sont faits parcs : le savoir, de ces maîtres Change en jardins royaux ceux des simples bourgeois , Comme 'en jardins des dieux il change ceux des rois.

Que ce qu’ils ont plante' dure mille ans encore :

Tant qpi’on aura des yeux , tant qu’on chérira Flore ,

Les nymphes des jardins loûront incessamment Cet art qui les savoit loger si richement.

Polyphile, et ensuite ses trois amis, prirent làdessus occasion de parler de l’intelligenêe qui est l’ame de ces merveilles , et qui fait agir tant de mains savantes pour la satisfaction du monarque. Je ne rapporterai point les louanges qu’on lui donna; elles lurent grandes, et par conséquent ne lui plairoient pas. Les qualités sur lesquelles nos quatre amis s’étendirent lurent sa fidélité et son ïèle. On remarqua que c’est un génie qui s'applique à tout, et ne se relâche jamais. Ses principaux soins sont de travailler pour la grandeur de son maître ; mais' il ne croit pas que le reste soit indigne de l’occuper. Rien de ce qui regarde Jupiter n’est au-dessous des mini^jres de sa puissance.

Nos quatre amis , étant convenus de toutes ces choses , allèrent ensuite voir le salon et la galerie qui sont demeurés debout après la fête qui a été tant vantée. On a jugé à propos de les conserver, afin d’en bâtir de plus durables sur le modèle. Tout le monde a ouï parler des merveilles de cette

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fête, des palais devenus jardins, et des Jardins deveAus palais ; de la soudaineté avec laquelle on a créé, s'il faut ainsi dire, ces choses, ^t qui rendra les enchantements croyables à l'avenir. 11 n'y a point de peuple en l’Europe que la renommée n'ait entretenu de la magnificence de ce spectacle. Quelques personnes en ont fait la description avec beaucoup d’élégance et d’exactitude ; c’est pourquoi je ne m’arrêterai point en cet endroit : je dirai seulement que nos quatre amis s’assirent sur le gazon qui borde un ruisseau, ou plutôt'Une goulette, dont cette galerie est ornée. Les feuillages ' qui la couvroient , étant déjà secs et rompus eu beaucoup d'endroits, laissoient entrer assez de lumière pour faire que Polypbile lût aisément. Il commença donc de cette sorte le récit des malheurs de son héroîûe.

DEPSYCHÉ

ET

DE GUPIDON.

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