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envers leur déesse , et persuada à son mari de lui faire bâtir un temple ; disant que c’étoit un vœu qu’elle avoit fait.
Philocharès approuva la chose : il y consuma tout ce qu’il avoit de richesses ; puis ses sujets y contribuèrent. La dévotion fut si grande , que ïes femmes consentirent que l’on vendît leurs colliers; et, n'cn ayant plus, elles suivirent l’exemple de Hhodope.
Myrtis eut la satisfaction de voir, avant que de mourir, le parachèvement de son vœu. Elle ordonna, par son testament, qu’on lui bâtît un tombeau le plus près du temple qu’il se pourroit, hors du parvis , toutefois joignant le chemin le plus fréquenté. Là ses cendres seroient enfermées, et son aventure, écrite à l’endroit le plus en vue.
Philocharès , qui lui survécut , exécuta cette volonté. Il fit élever à son épouse un mausolée digne d’elle et de lui aussi ; car son cœur y devoit tenir compagnie à celui d’.Aphrodisée. Et pour rendre plus célèbre la mémoire de- cette chose et la gloire de Myrtis plus grande , on transporta en ce lieu les cendres de Megano. Elles furent mises dans un tombeau presque aus.si superbe ' que le premier, sur l’autre côté du chemin : les deux sépulcres se regardoient. On voyoit Myrtis sûr le sien , entourée d’Amours qui lui accommodoient le corps et la tête sur des carreaux. Megano, de l’autre part, se voyoit couchée sur le côté, un bras sous sa tête, versant des larmes, en la posture
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i58 AMOURSDEPSYCnfL* où elle étoit morte. Sur la bordure du mausolée où reposoit la reine des Ljdiens , ces mots se lisoient :
« Ici repose Myrtis , qui parvint à la royauté par ses charmes , et qui en acquit le surnom d'Âphrodisée. »
A l’une de ses faces, qui regârdoit le chemin,
ces autres paroles étoient :
« V ous qui allez visiter ce temple , arrêtez un peu, écoutez-moi.'De simple bergère que j'étois née , je me suis vue reine. Ce qui m’a procuré ce bien , ce n’est pas tant la beauté que ce sont les grâces. J’ai plu, et cela suflSt. C’est ce que j’avois à vous dire. Honorez ma tombe de quelques fleurs ; et, pour récompense , veuille la déesse des Grâces que vous plaisiëz ! »
Sur la bordure de l’autre tombe étoient ces paroles :
« Ici sont les cendres de Megano , qui ne put gagner le cœur qu'elle contestoit , quoiqu’elle eût une beauté accomplie. ■»
A la face du tombeau , ces autres paroles se rencontroient t
c< Si les rois ne m’ont aimée, ce n’est pas que je • ne fusse assez belle pour mériter que les dieux 'm'aimassent ; mais je nlÉtois pas , dit-on , assez jolie. Cela se peut-il ? Oui , cela se peut , et si bieu
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qu’on me préféra ma compagne. Elle en acquit le surnom 4'Aphrodisée , moi celui d'Anaphrodite. J'en suis morte de déplaisir. Adieu, passant; je ne te retiens pas davantage. Sois plus heureux que je n’ai été , et ne te mets point en peine de donner des larmes à ma mémoire. Si je n’ai fait la joie de per^ Sonne , du moins ne veux-je troubler la joie de personne aussi. »
Psyché ne laissa pas de pleurer. Megano , dit-* elle, je ne comprends rien à ton aventure. Je veux que Myrtis eût des grâces ; n’est-ce pas en avoir aussi que d’être belle comme tu étois ? Adieu , Megano : ne refuse point mes larmes ; je suis accoutumée d’en verser. Elle alla ensuite jeter des ~ fleurs sur la tombe d’Aphrodisée.
Cette cérémonie étant faite, le jour se trouva assez grand pour lui faire considérer le temple à Son aise. L’architecture en étoit exquise , et avoit autant de grâce que de majesté. L’architecte s'étoit servi de l’ordre ionique , à cause de son élégance. De tout cela il résultoit une vénus que je ne saurois vous dépeindre. Le frontispice répondoit merveilleusement bien au corps. Sur le tympan du fronton Se voyoit-la naissance de Cythérée en figures de haut relief. Elle étoit assise dans une conque , en l’état d'une personne qui viendroit de se baigner , et qui ne feroit que de sortir de l’eau. Une des 'Grâces lui épreignoit les cheveux encore tout mouillés : une autre tenoit des habits tout prêts
i6o AMOURS DE PSYCHE, pour les lui vêtir , dès que la troisième auroit achevé de l’essuyer. La déesse regardoit son fils qui menaçoit déjà l'univers d'une de ses flèches» Deux Sirènes tiroient la conque; mais comme cette machine étoit grande, le Zéphyre la poussoit un peu. Des légions de Jeux et de Ris se promenoient , dans les airs : car Vénus naquit avec tout son équipage , toute grande , toute formée , toute prête à recevoir de l’amour et à en donner. Les gens de Paphos se voyoient de loin sur la rive, tendant les mains, les levant au ciel , et ravis d'admiration. Les colonnes et l'entablement étoient d’un marbre plus blanc qu 'albâtre. Sur la frise une table de marbre , noir portoit pour inscription du temple : A la Déesse des Grâces. Deux enfants à demi couchés sur l’àrchitrave laissoient pendre à des cordons une médaille à deux têtes : c'étoient celles des fondateurs. A l’entour de la médaille on voyoit écrit s Philocharés et Myrtis Afhuodiseeson épouse ont nÉoiÉ CE TEMPLE A VÉNUS. Sur chaque base des • deux colonnes les plus proches de la porte étoient entaillés ces mots : Ouvrage de Lysimante ; nom de l'architecte apparemment.
Avant que d’entrer dans le temple,, je vous dirai un mot du parvis. C'étoient des portiques ou galeries basses, et, au-dessus, des appartements fort superbes , chambres dorées, cabinets et bains; enfin mille lieux où ceux qui apportoient de l’aiv gent trouvoient de quoi l’employer; ceux qui n’en apportoient point, on les renvoyoit.
Psjché voyant ces merveilles ne se put tenir de soupirer: elle se souvint du palais dont elle avoit été la maîtresse.
Le dedans du temple étoit orné à proportion;. Je ne m’arrêterai pas à vous le décrire : c’est assez que vous sachiez que toutes sortes de vœux dont toutes sortes de personnes s’étoient acquittées s’y voyoient en des chapelles particulières , pour éviter la confusion , et nç rien cacher de l’architecture du temple. Là quelques auteurs avoient envoyé des offrandes , pour reconnoissance de la vénus que leur avoit départie le ciel ; ils étoient en petit nombre. Les autres arts , comme la peinture et ses sœurs , en . fournissoient beaucoup» davantage. Mais la multitude venoit des belles et de leurs amants ; l'un pour des faveurs secrètes , l’autre pour un mariage; celle-ci pour avoir enlevé un amant à cette autre-là. Une certaine Gallinicé , quis’étoit, jusqu’à soixante ans, bien maintenue avec les grâces , et encore mieux avec les plaisirs , avoit donné nne lampe de vermeil doré , et la peinture de ses amours. Je ne vous aurois jamais spécifié ces dons : il s’en trou voit même de capitaines dont les exploits, comme dit le bon Amyot, avoient cette grâce de soudaineté qui les rendoit encore plus agréables.
L’architecture du tabernacle n etoit guère plus ornée que celle du temple , afin de garder la proportion, et de crainte aussi que la vue, étant dissipée par une quantité d’ornements , ne s’eu
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. arrêtât d’autant moins à considérer l’image de la déesse , laquelle étoit véritablement un chefd’œuvre. Quelques envieux ont dit que Praxitèle avoit pris la' sienne suf le modèle de celle-là. On l’avoit placée dans une niche de marbre noir entre des colonnes de cette même couleur ; ce qui ,1a rendoit plus blanche , et faisoit un hel effet à la vue.
A l’un des côtés du sanctuaire on avoit élevé un trône , où Vénus , à demi couchée sur des coussins \ de senteur , recevoir , quand elle venoit en ce temple, les adorations 'des mortels, et distribuoit ses grâces ainsi que bon lui sembloit. On ouvroit le temple assez matin, afin que le peuple lût écoulé quand les personnes qualihées entreroient.
Cela ne servit de rien cette journée-là : car dès quePsjché parut, on s’assembla autour d’elle. On crut que c’étoit Vénus , qui , pour quelque dessein caché, ou pour se rendre plus familière, peut-être aussi par galanterie , avoit un habit de simple bergère. Au bruit de cette merveille , les plus paresseux accoururent incontinent.
La pauvre Psjché s’alla placer dans un coin du temple , honteuse et confuse de tant d’honneurs dont elle avoit grand sujet de craindre la suite , et ne pouvoit poui'tant s’empêcher d’y prendre plaisir. Elle rougissoit à chaque moment , se détournait quelquefois le visage , témoignoit ^ qu'elle eût bien voulu faire sa prière : tout cela en vain ; elle fut contrainte de dire qui elle étoiu
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Quelques uns la crurent ; d'autres persistèrent dans l'opinion qu'ils avoient.
La foule étoit tèllement grande autouv d'elle , que quand Vénus arriva, cetté déesse eut de la peine à passer. On l'avoit déjà averti*» de cette aventure ; ce qui la fit accourir le visage en feu ^ comme une Mégère , et non plus la reine des Grâces , mais des Furies. Toutefois , de peur de sédition , elle se contint. Ses gardes lui ayant fait faire passage , elle s'alla placer sur son trône où elle écouta quelques suppliants avec assez de distraction.
La meilleure partie des hommes étoit demeurée auprès de Psyché avec les femmes les moins jolies^ ou qui étoient sans prétention et sans intérêt. Les antres avoient pris d'aboi*d le parti de la déesse ; étant de la politique , parmi les personnes de ce sexe qui se sont mises sur le bon pied , de faire la guerre aux survenantes , comme à celles qui leur ôtent , pour ainsi dire , le pain de la main. Je ne saurois vous assurer bien précisément si elles tiennent cette coutume-là des auteurs , ou si les auteurs la tiennent d’el^.
Notre bergère n'osant approcher , la déesse la fit venir. Une foule d'hommes l'accompagna , et la chose ressembloit plutôt à un triomphe qu’à un hommage. La pauvre Psyché n'étoit nullement coupable de ces honneurs ; au contraire , si on l'eût crue , on ne l'auroit pas regardée : elle faisoit de sa part tout ce qu'une suppliante doit faire. La
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i64 AMOURS DE PSYCHÉ, présence de Vénus lui avoit fait oublier sa harangue. Il est vrai qu’elle n’en eut pas besoin ; car dès que»Vénu3 la vit, à peine lui donna-t-elle le loisir de se prosterner. Elle descendit de son trône : Je vous veux , dit-elle , entendre en particulier; venez à Paphos, je vous donnerai place en mon char.-
Psyché se défia de cette douceur : mais quoi ! il n’étoit plus temps de délibérer ; et puis c’étoit à Paphos pripcipalemeiit qu'elle espéroit revoir son époux.
De crainte qu’elle n’échappât , Vénus la fit sortir avec elle ; le^ hommes donnant nfilld bénédictions à leurs deux déesses;, et une partie des femmes disant entre elles : C’est encore trop que d'en avoir nne; établissons parmi nous une république, où les vœux, les adorations, les services, les biens d'Amour, seront en commun. Si Psyché s'en vient encore une fois amuser les gens qui nous serviront à quelque chose, et qu’elle prétende réunir ainsi tous les cœurs sous une meme domination , il nous la faut lapider. On se moqna des républicaines, et on souhaita bon voyage à notre bei’gcre.
Cythérée la fit monter efTectiveiiient sur son char; mais ce fut avec trois divinités de sa suite peu gracieuses : il y a de toutes sortes de gens à la cour. Ces divinités étoient la Colère, la Jalousie, et l’Envie; monstres sortis de l’abîme , impitoyables licteurs qui ne marchoient jjoint san§ leurs fouets.
et dont la vue seule étoit un supplice. Vénus s’en alla pai' un autre endroit.
Quand Psjché se vit dans les airs en si mau-< vaise compagnie que celle-là , un tremblement 1». saisit ; ses cheveux se hérissèrent , la voix lui demeura au gosier. Elle fiit long-temps sans pouvoir parler , immobile , changée en pierre , et plutôt statue que personne véritablement animée. On l’auroit crue morte , sans quelques -soupirs qui lui échappèrent. Les diverses peines des condamnés lui passèrent devant les yeux. Son imagination les lui figura encore plus cruelles qu’elles ne sont. Il n’y en eut point que la crainte ne lui 'fît souffrir par avance. Enfin , se jetant aux pieds de ces trois furies : Si quelque pitié, dit-elle, loge en vos cœurs , ne me faites pas languir davantage. Dites- •moi à quel tourment, je suis condamnée. Ne vous auroit-on point donné ordre de me jeter dans lamer ? Je vous en épargnerai la peine, si vous voulez , et m’y précipiterai moi-même. Les trois filles de l’Achéron ne lui répondirent rien , et se con-> tentèrent de la regarder de travers* i
Elle étoit encore à leurs genoux, lorsque le char s’abattit. Il posa sa charge en un désert, dans l’arrière-cour d’un palais que Vénus avoit fait bâtir entre deux montagnes , à mi-chemin d’Amathonte et de Paphos. Quand Cythérée étoit lasse des embarras de sa cour , elle se retiroit en ce lieu avec cinq ou six de ses confidentes. Là , qui que ce , soit ne l'alloit voir. Des médisants disent toutefois
i66 AMOURS DE PSYCHÉ.
que quelques amis particuliers avoient la clef du
jardin.
Vénus étoit déjà arrivée quand le char parut» Les trois satellites menèrent Psjché dans la cham-» brc où la déesse se rajustoit. Cette meme crainte qui avoit fait oublier à notre bergère la harangue qu'elle avoit faite lui en rafraichit la mémoire.' Bien que les grandes passions troublent l'esprit, il n’y a rien qui rende éloquent comme elles.
Notre infortunée se prosterna a quatre pas de la déesse , et lui parla de la sorte : Reine des Amours et des Grâces , voici cette malheureuse esclave que vous cherchez. Je ne vous demande , pour récompense de l’avoir livrée , que la permission de vous regarder. Si ce n’est point sacrilège à une misérable mortelle comme je suis de jeter les yeux sur Vénus , et de raisonner sur les charmes d’une déesse, je trouye que l'aveuglement des hommes est bien grand d’estimer en moi de médiocres appas, après que les vôtres leur ont paru. Je me suis opposée inutilement à cette folie ils m’cmt rendu des honneurs que j’ai refusés , et que je ne méritois pas. Votre fils s’est laissé prévenir en ma faveur par les rapports fabuleux qu’on lui a faits. Les destins m’ont donnée à lui sans me demander mon consentement. Eu tout cela j'ai failli , puisque vous me jugez coupable. .Te devois cacher des traits qui étoieut cause de tant d’erreurs, je devois les défigurer; il falloit mourir, puisque voxis m’aviez en aversion : je ne l’ai pas fait. Ordonnez -moi des
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punitions si sévères que vous voudrez , je les souffrirai sans munnure; trop heureuse si je vois votre divine bouche s’ouvrir pour prononcer l’arrêt de ma destinée.
Oui , Ps}’ché, repartit Vénus , je vous en donnerai le plaisir. Votre feinte humilité ne me touche point. Il falloit avoir ces sentiments et dire ces choses devant que vous fussiez en ma puissance. Lorsque vous étiez à couvert des atteintes de ma colère , votre miroir vous disoit qu’il n’y avoit rien à voir après vous : maintenant que vous me craignez , vous me trouvez belle. Nous verrons bientôt qui remportera l’avantage. Ma beauté ne sauroit périr , et la vôtre dépend de moi; je la détruirai quand il me plaira. Commençons par ce corps d’albâtre dont mon fils a publié les merveilles , et qu’il appelle le temple dé la blancheur. Prenez vos scions , filles de la nuit , et me 1 empourprez si bien , que cette blancheur ne trouve pas même un asile en son propre temple.
A cet ordre si cruel Psyché devint pâle, et tomba aux pieds de la déesse , sans donner aucune marque de vie.
Cythéréc se sentit émue ; mais quelque démon s’opposa à ce mouvement de pitié , et la fit sortir.
Dès qu’elle fut hors , les ministres de sa vengeance prirent des branches de myi'te , et , sc bouchant les oreilles ainsi que les yeux , elles déchirèrent l’habit de notre bergere : innocent habit, hélas! celle qui l’^voit donné lui croyoit
procurer un sort que tout le monde envieroit. Psyché ne reprit ses sens qu’aux premières atteintes de la douleur. Le vallon retentit des ci-is qu’elle fut contrainte de faire. Jamais les échos n’avoient répété de si pitoyables accents. Il ri’y eut aucun endroit d’épargné dans tout ce beau corps , qui , devant ces moments-là , se pouvoit dire en effet le temple de la blancheur. Elle y cégnoit avec un éclat que je ne saurois vous dépeindre. , • ’ . ^
Là les lis lui servoient de trône et d’oreillers ;
Les escadrons d’Amours , chez Psyché' familiers ,
Furent chassés de cet asile.
Le pleurer leur fut inutile :
Rien ne put attendrir les trois filles d’enfer ;
Leurs cœurs furent d’acier ; leurs mains furent de fer.
La belle eut beau souffrir : il fallut que ses peines Allassent jusqu’au point que les sœurs inhumaines Craigmrent que Cloton ne survînt à soïi tour.
Ail ! trop impitoyable Amour,
En quels lieux étois-tu ? dis , cruel ! dis , baiLare !
C’est toi , c’est ton plaisir , qui causa sa douleur :
Oui , tigre , c’est toi seul qui t’en dois dire auteur :
Psyché n’eût rien souffert sans ton courroux bizarre.
Le bruit de ses clameurs s’est au loin répandu ;
Et tu n’en as rien entendu !
Pendant tous ces tourments tu dormois , je le gage j Car ta brûlure n’étoit rien :
La belle en a souffert mille fois davantage ,
Sans l’avoir mérité si bien.
Tu devois venir voir empourprer cet albâlre : ,
Il folloit amener une troupe de Ris :
Des souflrances d’un corps dont tu fus idolîütre Vous vous seriez tous divertis.
Hcîas ! Amour^ J’ai tort. Tu répandis des larmes,
Quand tu sus de Psyché la peine et le tourment ;
Et tu lui n.s trouver un baume pour .ses charmes Qui la guérit en un moment.
Telle fut fia, première pèine ^ue Psyrchc souffrit.
Qüand Cjthérée fut de setour , .elle, la’ trouva étendue sur, les tapis 'dont cette chambre étpit .ornée , près d'ex>pirev , et n.’en .pouvant plus. La pauvre Psyché fit un effort pour se lever , et tâcha de contenir ses. sanglots. Cythérée lui commanda de baiser lies cruelles mains qui l'ayoient mise, en cet état.- Elle obéit sans tarder,' et. ne témoigna nulle répugnance.. Comme le dessein de, la déesse n’étoit pas de la faire mourir sitôt, elle la laissa guérir.
Parmi: les servantes de Vénus, il y en avoit une qui trahissoitsa maîtresse , et qui alloit redire à l’Amour le timtement que l’on faisoit à Psyché , et les travaux qu’on lui imposoit : l’Amour ne manquoit pas d’y pourvoir. Cette fois-lù il lui envoya un baume excellent par celle qui ctoit de l'intelligence , avec ordre de ne point dire de' quelle part , de peur que Psyché ne crût que sou mari'étoit apaisé , et qu’elle n'en tirât des conséquences trop .avantageuses. Le dieu n'étoit pas encore guéri de sa brûlure ,, et tenoit le lit. L’opération de son baume irrita Venus, à l'insu de