‹ Les amours de Psyché et de Cupidon, avec le poëme d'AdonisChapitre 47 sur 53 · CHANT PR EM 1 E R · texte numérisé non relu

CHANT PR EM 1 E R

Assez il fait trembler pour le ïnôment fatal : • • • . '

Esculape en fait sa boussole. '■

Si toujours le pilote a l’œil sur son aimant,

Toujotffs le médecin s’attache au battement ,

C’est sa guide ; ce point l’assure et le console En cette mer d’obscurités Que son art dans nos corps trouve de tous côtés.

Ayant parlé du pouls le frisson se présente.

Un froid avant-coureur s’en vient nous annoncer ,

Que le chaud de la fièvre aux membres va passer.

Le cœur le fomentoit , c’est au cœur qu’il s’augmente ,

Et qu’enfiin parvenant jusqu’à certain excès H acquiert un degré qui forme les accès. ' ' -

Si 'j’ex<»lloi8 en l’art où je m’applique , r

Et que l’on pût tout réduite à nos sons,

J’expliquerois par raison mécanique ' Le mouvement cohvulsif des frissons :

Mais le talent des doctes nourrissons-

Sur ce sujet veut une autre manière.'- • •

U semble alors que la machine entière Soit le jouet d’un démon fiurieux.

Muse , aide-moi ; viens sitr cette matière . Philosopher en langage des dieux.

Des portions d'humeur grossière ,

Quelquefois compagnes du sang ,

Le suivent dans le cœur, sans pouvoir , en passant.

Se subtiliser de manière Qu’il naisse des esprits en même quantité Que dans le cours de la santé.

a68 LE QUINQUINA.

Un sang plus pur s’ëchaufle avec plus de vitesse : ‘ L’autre reçoit plus tard la chaleur pour hôtesse ;

Le temps l’y sait aussi beaucoup mieux imprimer. .

Le bois vert , plein d’humeturs , est long à s’allumer t Quand il brûle , l’ardeur en est plus ve'bëmente.

Ainsi ce sang chargé repassant par le cœur j S’embrase d’autant plus que c’est avec lenteur,

Et regagne au degré ce qu’il perd par l’attente.

Ce degre' c’est la fièvre. A l’^ard dœ retours A certaine heure , en certains jours ,

C’est un point inscrutable , à moins qu’on ne le fonde Sur les moments prescrits à cuire ou consumer . L’aliment ou l’humeur qui s’en est pu former.

Il n'est merveille qui confonde . >i • .

Notre raison aveugle en mille autres effets Comme ces temps marqués où ûos maux sont sujets. Vous qui cherchez dans tout une cause sensible , Dites-nous comme il est possible éu’un corps dans le désordre amène réglément>

L’accès , ou le redoublement.

Pour moi , je n’oserois entrer dans ce dédale Ainsivde ces retours je laisse l’intervalle:

Je reviens au frisson , qui du défaut d’esprits Tient sans doute son origine. '

Les muscles moins tendus , eomme étant moins remplis Ne peuvent lors dans la machine Tirer leurs opposés de même qu’autrefois ,

Ni ceux-ci succéder h de pareils emplois.

Tout le peuple mutin , léger , et téméraire ,

Des vaisseaux mal fermés eu tumulte sortant , *

Cause chez nous dans cet instant Un mouvement -involontaire. • •

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