CHANT PR EM 1 E R
Assez il fait trembler pour le ïnôment fatal : • • • . '
Esculape en fait sa boussole. '■
Si toujours le pilote a l’œil sur son aimant,
Toujotffs le médecin s’attache au battement ,
C’est sa guide ; ce point l’assure et le console En cette mer d’obscurités Que son art dans nos corps trouve de tous côtés.
Ayant parlé du pouls le frisson se présente.
Un froid avant-coureur s’en vient nous annoncer ,
Que le chaud de la fièvre aux membres va passer.
Le cœur le fomentoit , c’est au cœur qu’il s’augmente ,
Et qu’enfiin parvenant jusqu’à certain excès H acquiert un degré qui forme les accès. ' ' -
Si 'j’ex<»lloi8 en l’art où je m’applique , r
Et que l’on pût tout réduite à nos sons,
J’expliquerois par raison mécanique ' Le mouvement cohvulsif des frissons :
Mais le talent des doctes nourrissons-
Sur ce sujet veut une autre manière.'- • •
U semble alors que la machine entière Soit le jouet d’un démon fiurieux.
Muse , aide-moi ; viens sitr cette matière . Philosopher en langage des dieux.
Des portions d'humeur grossière ,
Quelquefois compagnes du sang ,
Le suivent dans le cœur, sans pouvoir , en passant.
Se subtiliser de manière Qu’il naisse des esprits en même quantité Que dans le cours de la santé.
a68 LE QUINQUINA.
Un sang plus pur s’ëchaufle avec plus de vitesse : ‘ L’autre reçoit plus tard la chaleur pour hôtesse ;
Le temps l’y sait aussi beaucoup mieux imprimer. .
Le bois vert , plein d’humeturs , est long à s’allumer t Quand il brûle , l’ardeur en est plus ve'bëmente.
Ainsi ce sang chargé repassant par le cœur j S’embrase d’autant plus que c’est avec lenteur,
Et regagne au degré ce qu’il perd par l’attente.
Ce degre' c’est la fièvre. A l’^ard dœ retours A certaine heure , en certains jours ,
C’est un point inscrutable , à moins qu’on ne le fonde Sur les moments prescrits à cuire ou consumer . L’aliment ou l’humeur qui s’en est pu former.
Il n'est merveille qui confonde . >i • .
Notre raison aveugle en mille autres effets Comme ces temps marqués où ûos maux sont sujets. Vous qui cherchez dans tout une cause sensible , Dites-nous comme il est possible éu’un corps dans le désordre amène réglément>
L’accès , ou le redoublement.
Pour moi , je n’oserois entrer dans ce dédale Ainsivde ces retours je laisse l’intervalle:
Je reviens au frisson , qui du défaut d’esprits Tient sans doute son origine. '
Les muscles moins tendus , eomme étant moins remplis Ne peuvent lors dans la machine Tirer leurs opposés de même qu’autrefois ,
Ni ceux-ci succéder h de pareils emplois.
Tout le peuple mutin , léger , et téméraire ,
Des vaisseaux mal fermés eu tumulte sortant , *
Cause chez nous dans cet instant Un mouvement -involontaire. • •