livre I
Il lanceroit la foudre ; on verrt>it à ses piës Des peuples abattus , d’autres humiliés. '
Je laisse ces sujets aux maîtres du Parnasse ;
Et pendant que Louis, peint en dieu de la Thraee, Fera bruire en leurs vers tout le sacré vallon ,
Je le célébrerai sous le nom d’ Apollon.
Ce dieu , se reposant sous ces voûtes humides ,
Est assis au milieu d’un choeur de Néréides.
Toutes sont des Vénus , de qui l’air gracieux N’entie point dâns son cœur, et s’arrête à ses yeux.
Il n’aime que Thétis , et Thétis les surpasse. Chacune, en le servant, fait oflSce de Grâce.
Dons verse de l’eau sur la main qu’il lui tend.
Chloé dans un bassin reçoit l’eau qu’il répand.
A lui laver les pieds Mélicerte s’applique.
Delphire entre ses bras tient un vase à l’antiqu» Clymène auprès du dieu pousse en vain des soupirs î Hélas ! c’est un tribut qu’elle envole aux zéphyrs : Elle rougit par fois , par fois baisse la vue ;
Rougit , autant que peut rougir une statue :
Ce sont des mouvements qu’au défaut du sculpteur Je veux faire passer dans l’esprit du lecteur.
Parmi tant de beautés , Apollon est sans flamme ; Celle qu’il s’en va voir seule occupe son ame.
Il songe au doux'moment où, libre et sans témoins, Il reverra l'objet qui dissipe ses soins.
Oh ! qui pourroit décrire en langue du Parnasse La majesté du dieu, son poit si plein de grâce.
Cet air que Fon n'a point chez nous autres mortels , Et pour qui l’âge d’or inventa les autels ?
Les coursiers de Phel)us , aqx flambantes narines , Respirent l’ambrosie en des grottes voisines.
lo AMOURS DE PSYCHÉ,
Les Tritous ea ont soin ; l’ouvrage est si parfait. Qu’ils semblent panteler du chemin qu’ils ont faitw Aux deux bouts de la grotte , et dans deux enfouçures Le sculpteur 9. placé deux charmantes ügures :
L’une est le jeune Acis , aussi beau que le jour.
Les accords de sa flûte inspirent de l’amour :
Debout contre le roe, une jambe croisée,
H semble par scs sons attirer Galatée ;
Par ses sons, et peut-être aussi par sa beauté.
Le long de ces lambris un doux chaime est porté.