KEL4CHE
Par indisposilion de Madame Ferrani,
11 s'est passe quelque chose! s'écria Gaston.
— Tu trouveras sans doute une lettre chez toi, ajouta Goffin.
Gaston se jeta dans» une voiture :
— Rue de Provence! dit-il au cocher.'
— Si tu la revois, cria Goffin, tu es perdu! Mais déjà Gaston ne l'entendait plus...
Il y avait deux lettres chez le concierge de la rue de Provence.
L'une disait : ^
^' Un bouquet, un adieu, — et c'est tout!
.. Déjà!
» Vous m'avez traitée comme un portefaix ne traiterait pas une femme des rues.
" C'est un l)ouquet de deuil que le vôtre, et je l'ai arrosé de mes larmes.
" Fallait-il que cette humiliation me vînt de vous?
" C'est impossible ! vous allez venir, jeyous attends ; il faut que je vous parle.
• Quelle punition! que vous ai-je fait? Oli ! je comprends maintenant ce qu'ont dû souffrir les gens que j 'ai dédaignés ...
" Il vous a suffi d'un instant pour les venger.
" Mais, encore une fois, je veux vous voir, vous parler. Venez, j'essuierai nies larmes pour vous recevoir, et vous reprendrez ensuite cette liberté à laquelle vous tenez tant !
" Marthe. -
L'autre billot, écrit précipitamment et à grands coups de plume, touchait presque à la folie :
t •' Vous voulez donc me faire mourir?
" Pas un mot ! // w'ajjas daigné m écrire un moi ! -■ J'ai envoyé au théâtre, je ne chanterai pas... " Le public ! Qu'est-ce que cela me fait, le public ? '• Je suis brisée de douleur, accablée de fatigue. - Ah! jo ne t'ai pas dit que j'ai eu une crise de nerfs. Je me suis roulée par terre.
" On m'a couchée.. . Je suis au lit avec un bol de ti-
sane sur la table, une compresse sur le front et un médecin dans le fauteuil.
" C'est ce médccin-Iàqui serait de trop si tu venais !
» Qu'est-ce que cela te fait? un moment! que je te voie! 11 me semble que je te dirai des clioses qui te toucheront. Tu m'embrasseras encore une fois. Oli ! si tu voulais m'embrasscr !... Ce sera tout, je te jure, je te laisserai partir après. "
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