‹ Les amours de Victor BonsenneChapitre 30 sur 39 · MONSIEUR MEYLAN A MONSIEUR BONSENNE · texte numérisé non relu

MONSIEUR MEYLAN A MONSIEUR BONSENNE

Mon cher ami, il faut cependant que vous sachiez la vérité ; il faut qu'un homme qui se dit votre ami ne craigne

point de vous l'appliquer au cœur, dût-elle vous brûler comme un fer chaud ; dût-elle vous faire crier et regimber comme vous avez fait, il y a deux jours lorsque j'ai essayé de vous la faire entendre à propos de votre conduite envers votre fils. Je ne tente pas une seconde visite, je verrais avec trop de chagrin un homme d'honneur, d'une probité irréprochable, d'une bonté sincère et réfléchie, frapper du pied comme un enfant mutin, et dire avec une obstination folie :

— Je ne veux point d'observations, je n'en veux pas! ce que j'ai fait est bon, ce que j'ai fait est juste, c'était mon droit et mon devoir. 11 m'importe peu qu'on me blâme hors de chez moi ; mais chez moi, je ne reconnais à personne le droit de me rendre ridicule en me disant en face que je gâte le bien par la manière dont je le fais.

Or, mon ami, c'est moi qui vous ai adressé cette phrase, et je la maintiens avec l'obstination que vous avez mise à la repousser.

Avez-vous jamais lu, mon cher Bonsenne, l'histoire de Frédéric-Guillaume? Celui-là a été un très-mauvais père, et certes je ne veux pas vous comparer à lui, mais il est une circonstance "de sa vie où il a absolument raisonné comme vous faites.

A son lit de mort, un prêtre était près de lui et lui conseillait le repentir de ses fautes.

— Prenez-y garde, lui disait le prêtre, vous avez commis bien des crimes dans ce monde. Ainsi vous avez fait enlever de malheureux paysans qui n'étaient point vos sujets, et cela parce qu'ils avaient six pieds et demi de haut, et qu'ils figuraient bien parmi vos grenadiers. Ils ont réclamé, vous les avez fait mettre au cachot; ils ont crié dons leur cachot , vous leur avez fait donner la bastonnade ; ils ont

crié sous le bâton, vous les avez fait bâtonner encore plus fort.

— C'est vrai, répondait Frédéric-Guillaume, mais je n'ai jamais fait une infidélité à ma femme.

— Prenez garde, reprenait le prêtre, vous n'avez pas été seulement brutal envers vos soldats, vous l'avez été envers votre famille, vous avez donné un coup de pied dans le ventre à votre fille.

— C'est vrai, répondait Frédéric-Guillaume, mais je n'ai jamais fait d'infidélité à ma femme.

— Prenez garde, reprenait le prêtre ; vous avez donné des coups de bâton à votre fils Henri, et des coups de cravache à votre fils Frédéric.

— C'est vrai, répondait Sa Majesté le roi de Prusse, mais je n'ai jamais fait d'infidélité à ma femme.

Eh bien ! mon cher Bonsenne, dans la discussion que nous avons eue ensemble ces jours derniers, vous ressembliez absolument à Frédéric-Guillaume. A tout ce que je pouvais vous dire, vous n'aviez qu'une réponse :

— Mais je n'ai pas laissé mou fils épouser une femme dont il aurait rougi plus tard ; mais je n'ai pas laissé ma fille épouser un malhonnête homme.

Certes, vous avez eu raison et vous avez bien fait ; mais vous avez eu brutalement raison, et ce que vous avez fait, vous l'avez fait mal .

Si je vous disais cela en face, vous vous mettriez à crier, et, comme vous avez des poumons beaucoup plus forts que les miens, il s'ensuivrait qu'au bout de dix minutes de cette conversation je finirais par me taire, et que vous seriez parfaitement convaincu, non-seulement que vous avez eu raison d'agir comme je vous reproche d'avoir agi, mais encore de me répoudre comme je vous reproche de m'a voir répondu.

Et d'abord, pourquoi ce mystère à votre femme de ce qu'était Charistie?

Longtemps avant vous elle avait vu commencer l'amour de son fils et de cette malheureuse enfant. Elle ne vous en a point averti ; pourquoi laurait-elle fait?

Ne l'avez-vous pas toujours tenue à distance de vos secrets, et ne devait-il pas être tout simple que, privée par vous de son autorité de mère pour ce qui concernait l'éducation de ses enfants, elle cherchât à la ressaisir par la protection qu'elle accordait à un sentiment que vous ne connaissiez pas ? Si votre femme eût été avertie, elle eut détourné doucement l'un de l'autre ces deux cœurs qui se cherchaient dans leur enfance. Elle devait croire à la possibilité de cette union, et ce n'est pas sa faute si elle l'a laissé croire à son fils et à Charistie.

Un jour est venu où cet amour vous a sauté aux yeux; vous avez été sage à votre manière; c'est-à-dire que vous avez défendu à votre fils d'aimer. Vous êtes un pauvre docteur en fait de passion, mon cher ami, et vous me faites l'effet d'un médecin qui pour tout remède défendrait à un malade d'avoir la fièvre.

Votre fils n'a tenu aucun compte de votre ordonnance, ou plutôt de votre ordre , et moitié désespoir d'être fâché avec vous, moitié espérance de trouver un moyen de se passer de vous, il s'est fait militaire. Il avait peut-être, sans s'en douter, pris le meilleur moyen de se guérir selon vos vœux.

Au lieu de l'y aider, au lieu de le pousser dans cette carrière aventureuse qui, même en temps de paix, pouvait le tenir éloigné de Charistie, vous l'avez fait revenir près d'elle; je me trompe, vous avez exilé Charistie de votre maison, et vous avez dit à votre fils : « Tu ne la verras plus ; » tout

cela avec cette intime conviction que du moment que vous avez parlé, tout doit plier sous votre parole.

Le cœur de voire fils a résisté, il s'est adressé à Gharistie, et c'est alors que cette pauvre fille a accompli une des actions les plus héroïques que je connaisse.

Si, en l'apprenant, vous n'êtes pas tombé à ses genoux, si vous ne lui avez pas baisé les mains avec respect et reconnaissance, tant pis pour vous! c'était le cas ou jamais de profiter de l'anéantissement où était plongé Victor pour faire immédiatement partir Charistie, pour appeler votre fils auprès de vous, pour le consoler, pleurer avec lui; ou si, comme vous le dites, c'est un métier que vous ne savez pas faire, pour le livrer à sa mère qui eût trouvé pour lui des inspirations qui dépassent de beaucoup ce que nous avons d'affection et de délicatesse dans le cœur.

Mais point.

Il vous fallait dix ou douze jours pour faire les comptes de la fortune de Gharistie, pour lui trouver un asile convenable, que sais- je enfin? Ceci était à votre convenance; vous n'avez pensé à personne, et parce que chacun était averti du danger, vous dites que vous n'avez rien à vous reprocher.

Répondez-moi, s'il vous plaît, à ceci : Que penseriez-vous d'un père qui, ayant un fils de six ans très-affamé et trèsgourmand, laisserait à sa portée des confitures empoisonnées, et se retirerait tout tranquille après lui avoir dit :

— Il y a du poison dans ces confitures.

Si cet homme était accusé devant moi d'avoir empoisonné son fils, et que jefusse son juge, et si cet homme avaitl'audace inouïe de me répondre pour se défendre : « Je l'avais averti! » je le condamnerais à être pendu dix fois pour sa réponse, peut-être encore plus que pour son imprudence,

*Eh bien, mon cher et très-cher ami., vous avez agi à peu près envers votre fils comme cet homme eût fait envers le sien.

— Mais ce n'était pas un enfant ! me direz-vous.

— Mais il était amoureux, vous répondrai-je, et vous le saviez ; et avec cette passion dans le cœur, l'homme de vingt-cinq ans est bien plus enfant que l'enfant de six ans; la raison n'y fait rien, l'obéissance n'y fait rien : rien n'y fait rien.

Voilà ce que vous ne savez pas, vous; mais ce que je sais, moi, à qui vous avez reproché si fièrement ma vie légère , mes dépenses folles , mes inconséquences de toutes sortes.

Je rends grâce à tout ce que vous appelez mes vices, s'ils m'ont appris à être indulgent, s'ils ont empêché mon cœur de se couvrir comme d'un bouclier de fer de cet odieux personnalisme qui, content de sa propre estime, assuré de sa propre vertu, repousse les plaintes de tous, et se croit quitte envers tous ses devoirs parce qu'il les a mathématiquement remplis selon la règle qu'il s'est imposée à luimême.

Mais ce n'est rien d'avoir désespéré votre fils ; un homme qui n'aurait pas la force de résister au malheur que vous lui avez infligé, ne serait pas digne d'avoir été plus heureux ou de le devenir un jour.

Sous le poids de votre colère ou de votre malédiction, il peut encore se faire une carrière, et, sans s'attirer le blâme des honnêtes gens, chercher loin de vous d'autres affections, d'autres tendresses, qui le consolent.de ses affections et de ses tendresses perdues. 11 peut, s'il a de l'intelligence et du courage, arriver assez haut pour vous forcer à reconnaître, comme il a déjà fait une fois, que vous n'êtes pas la première

nécessité de sa fortune ni de son bonheur, et qu'il peut parfaitement se passer de vous.

Je vous connais, Bonsenne, et ce serait là pour vous la plus cruelle punition que vous puissiez recevoir. Victor vous l'infligera, je l'espère non-seulement pour lui, mais pour sa sœur envers qui vous avez été, s'il est possible, encore plus froid et plus inhumain.

Ici vous n'avez pas l'excuse de la désobéissance d'Alison. En aimant le jeune Deslaurières, elte n'a point contrevenu à vos ordres. 11 entrait dans vos convenances qu'elle s'éprît d'amour pour Léopold, et elle Fa aimé, et vous en avez été heureux.

Cependant je dois vous rendre cette justice que je suis convaincu de la vérité de ce que je vais vous dire aussi bien que de la vérité de ce que je vous ai déjà dit. Si Alison n'eût point aimé Léopold, il est certain que vous ne lui eussiez point imposé ce mariage ; mais elle Faimait, et vous étiez ravi de voir se réaliser un projet que vous caressiez depuis longtemps dans votre esprit.

C'est alors qu'est arrivée la révolte de Victor ; c'est alors que, forcé de faire quelques confidences à Deslaurières au sujet de Charistie et de sa fortune, vous avez cru remarquer dans ce jeune homme une sorte d'attention avide qui vous a fait peur.

Qu'avez- vous fait alors? Au lieu de l'éloigner de cette habitation qu'il eût peut-être oubliée au bout de quelques jours, vous l'en aVez rapproché avec intention; vous avez voulu, dites-vous, sonder son âme,, et il ne vous a pas fallu aller bien avant pour en toucher la fange.

Vous l'avez vu s'éprendre avec une fureur mal déguisée de cette fortune que vous aviez le soin de faire briller à ses yeux, et une fois bien convaincu de la sordidité de ce mal-

heureux, tous vous êtes dit à vous-même : « Cet homme n'entrera pas dans ma famille. »

Pendant tout ce temps, avez-vous pensé à votre fille?

— Oui, sans doute, me répondrez-vous, puisque j'ai arraché son avenir à un malheur certain.

C'était bien là ce qu'il fallait faire, mais vous avez été pour elle pire que pour votre fils, lorsque vous lui avez dit:

— Léopold que tu aimes est un misérable, il faut y renoncer.

Ce n'est point ainsi qu'on heurte les sentiments d'une enfant si douce et si bonne, et. lorsqu'elle doute, lorsqu'elle prie, lorsqu'elle pleure, lorsqu'elle demande s'il n'y a pas de retour possible, s'il ne faut pas lui répondre froidement :

— Je suis sûr de ce que je dis.

Et si elle est jalouse, emportée et colère, il ne faut pas la traiter de folle et de déraisonnable ; et si, le doute et la pitié dans le cœur, espérant pour elle et pour son frère malheureux du même malheur, elle cherche à voir sa rivale, à avoir une explication, il ne faut pas, parce qu'elle aura désobéi à un ordre sèchement donné, la reléguer sévèrement dans la solitude de sa chambre, détourner la tête de ses douleurs, surveiller exactement les soins que lui donne sa mère, pour qu'ils ne soient tout juste que ceux d'une gardemalade. On ne fait point cela, ou, si on le fait, on est un mauvais père.

Savez-vous bien, Bonsenne, qu'une fille n'a que la maison paternelle pour asile ? savez-vous qu'il n'y a pour elle ni carrière possible, ni avenir, ni bonheur, ni honneur, en dehors de la volonté et de la protection des siens, et qu'il n'est pas généreux, qu'il n'est pas brave de peser si fort sur une tête qui ne peut se soustraire au joug ni le rompre?

Un fils peut accepter la lutte avec son père, et je suis

d'avis, moi, qu'il le doit, si son père est injuste. Ne sommes-nous pas, vous et moi, les fils de nos œuvres? et le jour où nous quittâmes ensemble le séminaire pour nous faire soldats de la république, nous avions pour tout bien notre jeunesse et notre ferme résolution d'arriver.

Ce que nous avons fait, nous pouvons l'imposer à nos fils, et peut-être vaudrait-il mieux qu'il en fût toujours ainsi, et que chaque homme en ce monde fût chargé de sa propre fortune.

Mais, mon ami, dans nos mœurs, avec nos habitudes, nos préjugés, que voulez-vous que devienne une fille que sa famille abandonne? A moins de talents extraordinaires, il faut qu'elle végète dans l'indigent état que lui procurera un travail obstiné, ou qu'elle demande sa fortune à l'inconduite.

Y avez-vous pensé, Bonsenne?

Hélas! oui, vous y avez pensé, et c'est pour cela que vous êtes si dur, si implacable.

Sûr de la vertu d'Alison, sûr de cette résignation augélique qui acceptera tous les sacrifice, toutes les tortures, vous abusez de cette vertu et de cette résignation.

Oui, Bonsenne, je vous le dis parce que c'est ma conviction sincère et profonde, parce que d'ailleurs ce n'est pas la première fois que je vois faire de pareils raisonnements dans les familles ; oui, si les antécédents, le caractère de votre fille, ses idées vous faisaient craindre qu'elle ne se fût révoltée contre vos duretés ; oui, vous l'eussiez ménagée davantage. Pour une faute légère, pour un entraînement de douleur et de colère, vous ne la traiteriez pas comme si elle eût été aux plus coupables extrémités ; la crainte de la voir tout à fait se perdre vous rendrait plus timide envers une nature rebelle.

Ainsi donc, ce sera parce que vous ne doutez pas un moment de la vertu d'Aiison, qu'elle sera plus cruellement punie qu'une moins bonne. Vous parlerai-je de votre femme que vous privez de son fils et à qui vous interdisez même de pleurer avec sa fille, car ses larmes seraient la condamnation de votre insensibilité? Celle-là n'est pas la moins malheureuse, car un cœur de mère, entendez-vous, Bonsenne, tient au cœur de ses enfants par un lien qui ne se brise pas comme celui par lequel ils ont tenu à ses entrailles; et comme elle souffrait de chaque douleur de l'enfant qu'elle portait dans son sein, elle souffre plus tard de chaque atteinte qui frappe leur cœur. Votre femme est désolée; elle pleure... elle ne se plaint pas., elle n'ose pas.

Et pourquoi tout cela, je vous prie, M. Bonsenne? parce que vous avez dit à votre fille : Aimez ce jeune homme, et qu'elle l'a aimé, et que vous lui avez dit après : Ne l'aimez plus, et qu'elle n'a pas arraché cet amour de son cœur comme elle ôterait la robe qui vous plairait la veille et qui vous déplairait le lendemain.

Et ce mal que vous avez fait, êtes-vous bien sûr que vous n'en êtes pas coupable ! Si ce jeune homme est un misérable,, comme vous le dites, ne deviez vous pas, vous père de famille, le mieux observer, le mieux connaître, le juger avant de l'introduire si avant dans l'intimité de votre maison?

Si au contraire la fortune de Gharistie a été la première tentation qui l'a fait dévier de ce droit chemin de l'honneur où vous marchiez si sûrement, au lieu d'aider à un premier mauvais mouvement, ne fallait-il pas le protéger contre un désir à peine formé, ne fallait-il pas le soutenir dans une lutte où sa force ne suffisait pas pour le sauver?

Vous avez eu tort, très-grand tort.

J'ai un fils, et j'espère qu'il sera homme d'honneur ; mais s'il a quelque hauteur dans les idées, quelque indépendance dans le caractère, à Dieu ne plaise que je prétende piler et broyer tous ces germes d'énergie et d'avenir sous le poids de mon autorité ! Non certes; et je vous l'avoue, je préférerais qu'il me désobéît la tête levée, que de l'avoir réduit à cette obéissance basse, lâche, aveugle, qui vous semble la seule manière dont un fils doive recevoir les conseils de son père.

Écoutez, Bonsenne : si vous lisez cette lettre, je suis sur que vous reviendrez à d'autres sentiments. Ce que je crains, c est que vous ne la rejetiez à la première ligne. Si vous avez fait cela, tant pis pour vous.

Mais je me trompe, je vous ai promis de vous donner une dernière réponse de votre fils, et vous irez jusqu'au, bout pour savoir s'il a obéi au dernier ordre que je lui ai porté de votre part.

Votre fils fera ce vous voudrez, il n'ira pas demander compte à M, Deslaurières de son indigne conduite.

Mais je vous le dis, moi, à qui vous n'avez pas à commander en Jupiter, ce n'est pas votre défense hautaine et absolue qui a obtenu cette résignation; ce sont les conseils d'ami que je lui ai donnés : c'est parce que je lui ai montré quel scandale il en résulterait et pour vous, et pour sa sœur, et pour Charistie, et pour sa mère. C'est pour votre repos et pour votre honneur à tous qu'il ne se vengera pas.

Vous préféreriez que ce fût parce que vous avez dit : Je le veux!... Eh bien, non!... C'est un sentiment plus noble qui l'a guidé; c'est une juste appréciation de votre position visà-vis d'un jeune homme qui vous a été confié par son père mourant; c'est la crainte de voir mêler le nom de sa sœur à une querelle sanglante ; c'est la pensée de ce que vous

feriez peut-être souffrir à Alison ainsi qu'à sa mère : c'est enfin toutes les bonnes raisons que je lui ai données, les raisons qu'il convient à un honnête homme d'écouter et de suivre. Et je l'estime pour cela.

Gomme il faut que nos comptes soient en règle, et que je ne prétends pas que vous m'accusiez de vous avoir trahi, je vous préviens que si votre fils s'adresse à moi, soit pour une protection, soit pour de l'argent, mon crédit et ma bourse lui seront ouverts. Prenez en votre parti.

Adieu, mon cher et vieux, camarade ; quels que soient vos sentiments à mon égard à la lecture de cette lettre, je n'en signe pas moins

Votre meilleur ami,

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