‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 11 sur 81 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

mêlant le regret de briser les liens qui l’attachaient à la patrie, à l’espoir des honneurs qui l’attendent sur un sol étranger : honneurs tels qu’en obtinrent les catholiques irlandais à la bataille de Fontenoy, où leur valeur contribua puissamment au succès de la France, et arracha à Georges II cette mémorable exclamation : « Maudites soient les lois qui me privent de pareils sujets ! »

Moore vient de publier de nouveaux chants dont nous donnerons plus tard la traduction avec la suite des Mélodies. Quelques poètes français trouveront peut-être de nobles inspirations dans ces chants ; peut-être leur rendront-ils l’harmonie et la grâce que je n’ai pu leur conserver. Les airs, transportés aussi parmi nous, donneraient l’i.dée de cette musique naï ve, si entraînante dans sa simplicité , si énergique dans ses accords, si douce et si rêveuse dans sa mélancolie, si vive dans sa joie. C’est l’ac-

peuts’appliquer plusjustcment, je crois, à nosairshardis et passionnés. « Elles auraient produit de ces effets qui nous paraissent fabuleux dans le récit des anciens, si on les avait fait entendre à des liommes d’un naturel .aussi vif que les Athéniens. » ( Réflexions sur ta peinture , etc. T. I er , sect. 45. )

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cent des passions, immédiat et brûlant , que lart n’a ni affaibli ni exagéré, qui est resté tel que la nature la donné à l’homme, et qui éveille en lui une sympathie universelle. Pour bien comprendre toute la beauté des Mélodies, il faut avoir entendu Moore en chanter quelques-unes ; il semble improviser les airs et les paroles; son œil s’enflamme, sa voix prend tour a tour un accent vif ou lent , gai ou plaintif Cest alors qu’il rappelle ce que le célèbre Sheridan disait de lui : « ïl n’y a pas un seul homme qui mette autant de son cœur dans

( son imagination. On croirait que lame de Moore est une étincelle de feu détachée du soleil, et que sans cesse elle voltige pour remonter vers cette source de vie et de lumière. »

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