‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 13 sur 81 · CHANT' GUERRIER · texte numérisé non relu

CHANT' GUERRIER

Rappelez-vous la gloire de Bricn-le-Brave (i), quoique les jours du héros soient passés. Tombé aux plaines de Mononie (a), endormi dans un froid tombeau , il ne reviendra plus à Kinkora (3)!

Il est couché cet astre des combats qui a si souvent inondé de ses rayons le champ de bataille : mais assez de sa gloire brille sur chaque glaive pour nous guider encore à la victoire.

Oh , Mononie ! la nature a-t-elle donc orné de riches peintes tes champs , et tes montagnes si belles,

(1) Brien Bo rombe , grand monarque d’Irlande, qui fut tué à la bataille de Clontarf, au commencement du onzième siècle , après avoir défait les Danois dans vingt-cinq engagemens.

(2) Munster. *

( 5 ) Le palais de Brien.

pour qu’un tyran vint les flétrir des traces de l’esclavage ?

Non , Liberté ! Jamais nous ne renoncerons à tes sourires. Va , dis aux Danois usurpateurs , qu’il est plus doux de saigner un siècle sur ton autel

que de dormir un moment dans les fers,

N’oubliez pas nos compagnons blessés qui se rangèrent à nos côtés au jour de la détresse : taudis que la mousse de la vallée se teignait de leur sang , Us ne s’ébranlèrent pas , mais ils vainquirent et moururent ! Le soleil , qui maintenant bénit nos armes de sa lumière , les vit tomber aux plaines d’Ossory (i).

Oh! qu’eu nous laissant ce soir, il ne rougisse pas de voir qu’ils sont tombés en vain !

(1) Ce passage fait allusion à un trait sublime des Dalgais, troupes favorites de Brien. Après la bataille de Clontarf, leur retraite fut coupée par Fitz Patrick, prince d’Ossory. Les hommes blessés sollicitèrent vivement la permission de combattre avec leurs camarades. « Qu’on enfonce , dirent-ils , des pieux dans la terre , et qu’on nous y attache , afnqqu’ainsi soutenu , chacun de nous prenne place dans lf) rangs à côté d’un homme bien portant. » — « Environ sept à huit cents blessés , ajoute O’Halloran , pâles , amaigris , figurèrent par ce moyen dans l’armée, et combattirent au premier rang! jamais ou ne vit un pareil spectacle. »

{Histoire de l’Irlande. L,iv. xxi , chap. i' r .)

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