CHANSON BACHIQUE
Ne me dis plus., mon Ange, que ce breuvage enivrant absorbe le charme du sentiment , ou un seul tendre regret. Crois-moi , quelques-uns de tes regards courroucés sont tout ce qui a disparu sous ses vagues brillantes. Jamais un seul rayon émané de top ame ou de ta beauté , ne s’est perdu dans le torrent! Leparfum de tes soupirs, la magie de tes yeux , flottent encore*» la surface et purifient ma coupe!
N imagine donc plus , chère Ame , que le vin puisse dérober à mon cœur un seul rêve de bonheur. Semblable aux fontaines qui réveillent l’ardeur du pé- I lerin , la coupe écumante , avive et brillante l’Ainour !
On raconte que l’Amour avait, dans son bosquet divin, deux roses rougissantes , d’origine céleste. Il exposa l’une à la pluie qui tombe quand brille l’arcen-ciel , mais il baigna l’autre dans le vin pétillant.
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Bientôt les boutons qui avaient bu la ros^e des ci eux, se flétrirent et moururent , tandis que ceux que les flots de rubis avaient teints , s’épanouirent , roses et beaux comme tôi , jeune fille !
Ne crois donc plus , cher Ange, que le vin puisse dérober à mon cœur un seul rêve de bonheur. Semblable aux fontaines qui éveillent l’ardeur du pèlerin, la coupe écumante avive et brillante l’Amour !
MÉLODIE Vil.
CHANT D’O ’ RUARK,
PRINCE DE BREFFNT (l).
La vallée riante où je l’avais laissée dernièrement, s’ouvrait devant moi ; cependant , je trem-
. (i) Les stances suivantes sont fondées sur un événement d’une haute et triste importance pour l’Irlande, si, comme l’assurent les historiens irlandais, il fournit à l’Angleterre la première occasion de nous diviser , de nous vaincre et de nous enchaîner. Les circonstances ci-après sont rapportées par O'Halloran. « Le roi de Leinster avaitlong-tenetps nourri une violente passion pour Dearbliorgil , fille du Roi Meath , et quoique, depuis quelque temps, elle eût épousé O’Ruark, prince de BrelTni , rien ne put contenir sa passion. Ils avaient une correspondance secrète ; elle instruisit son amant qu’O’RuarkcomptaitalIerbientôtfairc un pèlerinage (acte de piété très-commun alors), le conjurant de saisir cette occasion pour l’enlever à un mari détesté et la rendre à celui qu’elle adorait. Mac-Murchad (roi de Leinster), n’obéit que
IRLANDAISES. ÏOÔ
biais : une tristesse vague et indéfinissable obscurcissait la joie de mon ame.
Je cherchai des yeux la lampe qui brillerait , disaitelle, pour le retour de son bien-aimé Pèlerin. Les ténèbres commençaient à m’envelopper 5 aucune lampe ne brillait au sommet des créneaux !
Je volai à sa chambre, elle était déserte comme si la mort en eût arraché mes amours. Ah ! que n’était-ce la mort, la mort seulement! Mais non, l’infidèle avait fui.
Là , était suspendu le luth qui changeait en délices mes plus amères douleurs ; la main qui avait
souvent éveillé pour moi ses accords, tressaillait maintenant sous les baisers brûlans de mon rival orgueilleux !
11 fut un temps, oh! des femmes la plus fausse! où le glaive de Breffni eût cherché, à travers un
trop ponctuellement à ses ordres , et conduisit sa dame dans sa capitale de Ferns. » Le monarque Roderic épousa la cause d'O’Ruark , tandis que Mac-Murchad s’enfuit en Angleterre, et obtint du secours de Henri II.
Giraldus Cambrensis ajoute, ainsi que je le trouve rapporté dans une vieille traduction : a Tel est le naturel variable et changeant de la femme , d’où naissent , pour la plupart , les malheurs qui désolent le monde , comme le prouvent le sort de Marc-Antoine et la destruction de Troie. »
million d’ennemis , l’homme qui eût osé douter de toi, meme en pensée l tandis que maintenant.... O fille dégénérée d’Érin, combien ta gloire est éclipsée ! Pendant des siècles de tyrannie et de carnage, ta honte fera couler le satig de ta patrie.
Déjà la malédiction s’appesantit sur elle; des étrangers profanent ses vallées -, ils viennent nous désunir, nous déshonorer, et long-temps ils seront tyrans !
Marchons, relevons la verte bannière ; que chacun de nos glaives se plonge dans le sang jusqu’à la poignée ! de notre côté est Érin et la Vertu , du leur les Saxons et le Crime !
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