‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 33 sur 81 · MÉLODIE XXIII · texte numérisé non relu

MÉLODIE XXIII

LE CHANT DE FIONNUALA (i).

Silence, ô Moyle! calmez-vous, Eaux mugissantes ! et vous brises légères , ne vous éveillez pas lorsque, poussant de plaintifs murmures , la fille solitaire de Lir raconte ses douleurs à l’étoile de la nuit. Le cygne, après son doux champ de mort, repliera-t-il enfin ses ailes pour s’endormir dans les ténèbres ?

(1) Pour rendre cette histoire intelligible en chanson, il faudrait un beaucoup plus grand nombre de vers , qu’il n’est permis d’en infliger à la fois à scs auditeurs. Il faut donc que le lecteurse contente d’apprendre que Fionnuala , fille de Lir , fut métamorphosée en cygne par quelque puissance surnaturelle, et condamnée à errer, pendant plusieurs centaines d’années , sur certains lacs et certaines rivières d’Irlande , jusqu’à la venue du Christianisme ; le premier son de la cloche de la messe devait être le signal de sa délivrance. — J’ai trouvé cette gracieuse fiction parmi quelques traductions manuscrites de la langue irlandaise qui avaient été commencées sous la direction de cette amie éclairée de l’Irlande, la défunte comtesse de Moira.

Quand la douce cloche du Ciel sonuera-t-elle pour rappeler mon ame de ce monde orageux ?

Le Destin m’a condamnée, depuis bien des siècles, à languir tristement sur tes vagues d’hiver , ô Moyle! Et cependant Erin dort encore, plongée dans les mêmes ténèbres } la pure lumière tarde encore à paraître !

Quand cet astre du jour , se levant par degrés , échauffera-t-il notre île de paix et d’amour? Quand la douce cloche du Ciel appellera-t-elle mon ame aux plaines étliérées ?

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