MÉLODIE XXIV
Faisons circuler la Coupe ; laissons aux prétendus sages et aux sots raisonneurs les disputes de croyance. Ce moment est une fleur, trop fragile, et trop belle, pour être flétrie et souillée par la poussière des écoles. Votre verre peut être pourpre , le mien peut être bleu ; mais lorsqu’ils sont remplis de la même liqueur brillante , l’insensé qui querellerait sur leur différence de teintes , ne mérite pas la joie qu’ils répandent dans l’ame.
Demanderai-je au brave soldat qui combat à mes côtés pour la cause du genre humain , si nos croyances s’accordent ? Abandonnerai-je l’ami que j’ai apprécié , éprouvé , s’il ne s’agenouille pas devant le même autel que moi ? M’enfuierai-je loin de la jeune hérétique qui captive mon ame , pour chercher ailleurs un baiser plus orthodoxe ? Non ! périssent et les cœurs et les lois qui citent à un pareil tribunal la Franchise , la Valeur et l’Amour L