‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 42 sur 81 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

Elle portait de rares et précieux joyaux ( 1 ). La Êaguette qu’elle tenait était ornée d’un brillant anneau d’or , mais sa beauté surpassait ses joyaux étincelans et sa baguette d’un blanc de neige.

« Jouvencelle ! ne crains-tu pas de t’égarer, ainsi

(l) Cette ballade est fondée sur l’anecdote suivante :

« Le grand exemple de Brien et son excellente administration avaient inspiré au peuple de tels sentimens d’honneur , de vertu et de religion, qu’on en cite pour preuve le voyage qu’une jeune dame d’une grande beauté, ornée de pierreaies et de vêtemens coûteux , entreprit de faire seule d’un bout à l’autre du royaume , n’ayant à la main qu’une baguette au haut de laquelle étaitun anneau d’un fort grand prix. Les lois et le gouvernement de ce Monarque avaient fait v une si grande impression sur l’esprit de tout le peuple , qu’on n’attenta pointa son honneur, et qu’on ne lui déroba ni ses joyaux, ni ses vêtemens. » ( Histoire if Irlande , par Warner , vol. 1 , liv. 10.)

» seule et belle , dans cette route déserte ? Les fils » d’Érin sont-ils donc si bons ou si glacés, que ni » l’or ni la femme ne les puissent tenter ? »

« Sire Chevalier! je ne ressens aucune alarme; » les fils d’Érin ne m’offenseront point ; car quoi- » qu’ils aiment les belles et les bijoux dorés, Sire » Chevalier ! ils aiment davantage encore l’honneur

» et la vertu ! »

Elle poursuivit sa route , et son sourire virginal la protégea et l’éclaira par toute l’Ile Verte. Bénie à jamais celle qui se confia, tout entière, à l’honneur et à l’orgueil d’Érin ! ,

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