‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 46 sur 81 · MÉLODIE XXXVI · texte numérisé non relu

MÉLODIE XXXVI

LE PAYSAN IRLANDAIS -, A SA MAITRESSE (i).

A travers les douleurs , à travers les dangers , ton sourire a égayé ma route, et a couvert des fleurs de l’espérance l«s épines qui m’entouraient- Plus notre sort était sombre , plus notre pur amour brillait d’un vif éclat- Bientôt la honte se convertit en gloire : la crainte fit place au zèle le plus ardent- D’esclave que j’étais , dans tes bras je redevins libre , et môn ame bénit les douleurs qui m avaient valu ta tendresse.

Ta rivale était honorée lorsque l’on t’abreuvait d’insultes et de mépris ; tu portais une couronne

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(i) Quoiqu’il soit difficile de sc méprendre sur ce personnage allégorique , ngus croyons devoir prévenir le lecteur que c’est de l’Irlande qu’il s’agit. [Note du traducteur.)

d’épines, tandis que l’or parait son front ; elle m’appelait dans ses temples , quand tu pleurais cachée dans les cavernes. Ses amis étaient tous des tyrans : les tiens, hélas ! étaient esclaves; cependant j’aimerais mieux dormir à tes pieds , dans ma tombe , que de former une union que j’ab&orre , ou de te ravir une seule de mes pensées !

Ils te calomnient indignement , ceux qui disent que tes vœux sont fragiles. Si tu avais été infidèle , tes joues ne seraient pas si pâles ! Ils dirent aussi que tu as porté si long-temps ees chaînes flétrissantes , qu’fclles ont laissé sur ton cœur leur servile et profonde empreinte : Oh! ne les croyez pas ! Aucune chaîne ne put soumettre cette ame ardente. Où brille ton esprit , là brille aussi la Liberté (i) !

(i) « Où est l’esprit du Seigneur, là est aussi la liberté. » (Saftit Paul , Epùre aux Corinthiens , ni, vers. 17.)

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