SUR LA MUSIQUE
Lorsqu’à travers la vie nous errons malheureux, pleurant tout ce qui faisait chérir l’existence , si quelqu’air que nous aimions , aux jours de notre enfance , vient à frapper notre oreille , oh ! avec quelle ivresse nous recueillons les accords qui réveillent des pensées depuis long-temps assoupies , et qui rappellent le sourire dans des yeux ternis par les pleurs! J-v *• ; -> ...
Le souffle bienfaisant des chants , entendus jadis dans des heures plus heureuses, est semblable au zéphyr qui glisse, en soupirant, sur des fleurs orientales imprégnées de parfums. La brise soupire encore quoique les fleurs soient fanées et sans vie ; ainsi quand le rêve du Plaisir est passé , son doux souvenir revit dans le souffle de la Musique !
Oli divine Musique ! le langage impuissant et faible se retire devant ta magie! Pourquoi le Senti-
ment parlerait-il jamais , quand tu peux seule exha- ' 1er toute son aine? Les paroles séduisantes de l’A- \ mitié nous trompent ; les vœux de l’Amour sont encore moins sincères -, ah ! il n’cst que le doux * accent de la Musique qui puisse doucement consoler ' sans jamais traliir !