‹ Les amours des anges, et les melodies irlandaises, de Thomas Moore. Traduction de l'anglaisChapitre 49 sur 81 · MÉLODIE XXXIX · texte numérisé non relu

MÉLODIE XXXIX

Ne t’enfuis pas encore , voici l’heure où le plaisir, semblable à la fleur de minuit, qui dédaigne de briller à la lumière du jour , commence à s’épanouir pour les fils de la nuit, et les vierges qui aiment la rêveuse clarté de la lune ! La Beauté et la Lune ne furent créées que pour orner ces heures d’ombre et de mystère : alors, leurs douces attractions font enfler les ondes et remplissent les coupes de nectar !

Oh ! demeure ! Oh ! demeure ! La joie tresse si rarement une guirlande comme celle de ce soir -, oh ! ce serait dommage de briser si tôt ses liens.

/ Ne t’enfuis pas encore ; la fontaine qui jaillissait, dans les temps antiques, sous les ombrages d'Ammon (i), quoiqu’elle coulât fraîche et glacée pendant le jour , commençait à brûler , semblable aux âmes joyeuses , à l’approche de la nuit. Comme elle,

(1) Solis Fons, près du temple d’Ammon.

le cœur et les regards de la femme , aussi froids à midi que les ruisseaux d’hiver , doivent se rallumer, quand le retour de la nuit ramène l’heure du feu sacré.

Oh ! demeure , oh ! demeure ! Le matin trouvat-il jamais ouverts des yeux aussi brillans que ceux qui étincellent ici ?

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