CHANT NATIONAL
Pleurez , pleurez , l’heure de votre gloire est passée ; vos rêves d’orgueil se sont évanouis ; la chaîne fatale est rivée de nouveau , et vous n’êtes plus des hommes !
En vain le cœur du héros a saigné ; la voix du sage a retenti en vain. Oh! Liberté ! une fois ta flamme éteinte , elle ne se rallume jamais !
Pleurez , peut-être dans les jours à venir ils apprendront à chérir votre nom : plus d’une action s’éveillera rayonnante de gloire , qui a long-temps dormi dans le mépris ! Et lorsqu’ils parcourront l’île désolée , où reposent enfin le seigneur et l’esclave , surpris , ils demanderont , comment des
mains si viles purent dompter des cœurs si braves ?
« Ce fut le Sort, diront-ils; un destin ennemi trama votre discorde : tandis que vos tyrans s’unis-
saient dans leur haine , jamais l’amour ne vous unit! Mais les cœurs qui devaient s’enlacer, s’éloignèrent ; l’homme profana ce que Dieu lui avait donné, jusqu’à ce qu’on en vit maudire l’autel, où, <■' à genoux , d’autres imploraient les Cieux ! »