LE JEUNE RÊVE D’AMOUR
Oh ! les jours sont passés où la Beauté brillante enlaça mon cœur de ses chaînes , quand le rêve de la vie, depuis l’aurore jusqu’à la nuit, était l’amour, toujours l’Amour! Une nouvelle espérance peut fleurir, de nouveaux jours viendront peut-être, éclairés de rayons et plus doux et plus calmes, j mais il n’est rien dans la vie qui soit moitié si doux que le premier rêve d’amour!
Le Barde peut s’élever à une gloire plus pure quand le feu de la jeunesse est passé; il peut arracher un sourire au sage qui s’armait contre lui de rigueur : mais jamais , au midi de sa gloire , il n’éprouvera une joie si douce que celle qu’il goûta, lorsqu’il chanta, pour la première fois, à sa belle, son ardente flamme, et qu’il la vit rougir, au nom chéri
si souvent répété:
I7 3 * MÉLODIES
Oh! cette image révérée, qu’un premier Amour a gravée dans nos cœurs, ne s’oublie jamais : elle plane sans cesse au-dessus des verts bocages qu’habitait la jeunesse 5 seuls restes du printemps dans les vagues régions du Souvenir. C’est un parfum évanoui aussitôt que répandu ; le rêve ailé du matin de la vie! c’est une lumière qui ne peut plus briller sur le cours lent et monotone des jours'
IRLANDAISES. * Iy5
Semblable à un rayon du soleil qui fait étinceler ! de mille feux la surface des eaux, tandis que, froids et ténébreux, les flots coulent au-dessous, le sourire du plaisir peut colorer les traits, quoique
le cœur glacé coure tristement à sa ruine.
Il est un fatal souvenir, un amer chagrin, qui jette son ombre glacée à la fois sur nos joies et sur nos douleurs , que la vie ne peut ni assombrir, ni brillanter , pour laquelle la Joie n’a point de baume , et l’Affliction point d’aiguillon :
Oh! cette pensée demeure au milieu des jouissances, comme une branche morte et sans feuilles qui revoit les jours brillans de l’Eté; les rayons du soleil vivifiant se jouent en vain autour d’elle, elle peut sourire à la lumière ; mais elle ne reverdira plus!