MELODIE LX
Ne pleurez pas sur ceux que le voile de la tombe a dérobés à nos yeux, au matin heureux de la vie, avant que letPéché eût flétri la fraîcheur et la jeunesse de l’ame , avant que la Terre eût profané ce qui était né pour les Cieux. La mort tarit cette belle onde avant que la douleur l’eût souillée : elle fut glacée dans tout l’éclat de son cours. Elle sommeillera jusqu’à ce qu’un soleil immortel vienne fondre ses froides chaînes , et la rendre à l’Éden qu’elle arrose*, et où d’abord elle prit sa source ! Ne pleurez pas , etc. *
Ne pleurez pas sur la jeune épouse de la Vallée (i),
(i) Ce second couplet, que je composai long-temps après le premier , fait allusion au sort de la belle et aimable fille du colonel Bainbridge , qui fut mariée dans l’église d'Ashbourne , le 3i octobre i8»5, et qui mourut peu de semaines après : le son de la cloche , qui célébrait son mariage , retentissait encore à nos oreilles , lorsque nous entendîmes sonner son glas funèbre. Pendant son dernier accès de délire , elle
de nos belles la plus aimable et la plus folâtre, à jamais perdue pour nous. Avant que l’éclat printannier de la vie eût eu le temps de pâlir, lorsque les fleurs fraîches écloses de la guirlande d’Amour ornaient encore son front , l’Esprit chéri s’enfuit de ce monde ténébreux , dont elle ne connaissait que les jours de Soleil •, et les hymnes que d'une voix si douce elle murmurait en mourant , furent répétés dans les
Cieux par des lèvres aussi pures que les siennes !
Ne pleurez pas sur elle.... Au printemps de la vie , elle s’envola vers cette terre où l’ame déploie enfin ses ailes •, et maintenant , semblable à l’étoile qu’on entrevoit à travers la froide rosée du soir, radieuse , elle contemple d’en-haut les pleurs que nous versons.
chanta plusieurs hymnes, d'qpe voix plus pure et plus douce que de coutume, et quelques-uns des chants sacrés de cette collection , entre autres , celui-ci : « Il n’est rien de brillant que le ciel. »
FIN nES MÉLODIES IRLANDAISES
MÉLOLOGUE