HOTE I , PAGE IO
« Ayant pris son origine dans une erreur commise par les » Septante, en traduisant un verset du sixième chapitre de » la Genèse , etc. »
L’erreur de ces interprètes (qui est, dit-on , aussi dans la vieille version italienne) consiste à avoir fait des « fils de Dieu » les «anges de Dieu » : ot iyytloi tou Ssou; méprise qui , avec l’aide des Commentaires allégoriques de Philon , et les fictions absurdes du livre d’Enoch (1), était plus que suffisante pour frapper l’imagination d’écrivainsdemi-païéns , comme saint Clément d’Alexandrie, Tertullien et Lactance , ceux des Pères de l’Eglise qui se sont le plus livrés à des rêveries d’imagination sur ce sujet. Le plus grand nombre, cependant,
(i) 11 est déplorable de peoser que cette absurde production, que nous connaissons maintenant tout entière, grâce à fa traduction du docteur Laurence, ait jamais été regardée comme un ouvrage inspiré et authcntiqne. Voyez la Dissertation prélimi naite, à la tête de la traduction de M. Laurence.
NOTES
a rejeté cette fiction avec indignation. Saint Chrysostômej, dans sa vingt-deuxième homélie sur la Genèse, en démontre vivement l’absurdité(i), et saint Cyrille considère une supposition telle quecyyu; pj pia;, « comme voisine de la folie ( 2 ). » Selon ces Pères (et leur opinion a été suivie par tous les théologiens, depuis saint Thomas jusqu’à Caryl et Lightfoot (3) ) , le terme de • fils de Ûieu » doit être compris comme désignant les descendans de Seth par Enos, famille particulièrement favorisée du Ciel, parce que ce fut parmi elle que les hommes commencèrent , pour la première fois, « à invoquer le nom du Seigneur; » taudis qu’ils supposent que, «par les filles des hommes, »
(1) Un des jirgumens de Chrysostome, c’est que, dans l’ Ancien- Testament , les Anges ne sont nulle autre part appelés « fils de Dieu ; b mais son commentateur , Montfaucon , prouve qu’il s'est trompé, et que, dans le livre de Job, ils sont désignés ainsi (ch. 1, ver. 6), tant dans l’original hébreu que dans la Vulgate, quoique effectivement ce nom ne se trouve pas dans la version des Septante , la seule , dit-il , qu’ait lue saint Chrysostôme.
(3) Lib. 11, Glaphymrum. — Philæstrius, dans son Enumération des hérésies, classe parmi elles cette Histoire des Anges, et dit qu’elle doit être rangée an nombre de ces fictions sur les Dieux et les Déesses, sorties de l'imagination des poètes païens.
« Sicuti et paganorum et poetarum , m end a cia adserunt deos deasquc transformatos nefanda . conjugia commisisse. » ( De Hœres, édition de Basil, p. 101.)
(3) Lightfoot dit : « Les fils de Dieu ou lesmembrcsUe l'Eglise, et la progéniture de Seth, se marièrent indifféremment et au hasard avec les filles des hommes ou la race de Caïn, etc. » Je trouve dans Pôle que, selon la version Samaritaine, la phrase peut être comprise comme signifiant « les fils des juges. 11 Tant le mot hé- • breu, Elohim , est susceptible de recevoir diverses interprétations. ‘
DES AMOURS DES ANGES.’ ' 2 t T "
on désignait la race corrompue de Caïn. La probabilité, cependant , est que les mots en question auraient dû se traduire par ceux-ci : « Les bis des nobles, ou les grand?, » comme nous les voyons interprétés dans le Targum * d’ Ankelos ( la plus ancienne et la plus bdèle de toutes les paraphrases chaldéennes), et comme i^ paraît, d’après Cyrille , que la version de Symmaque les rend aussi. Cette traduction du passage lève tous les doutes , et débarrasse l’Histoire Sacrée d’une extravagance qui peut plaide h l’imagination du poète , mais qui ne peut s’accorder avec nos idées philosophiques et religieuses.
« Et qui, à chaque instant de la nuit et du jour , Iransnicl- » tenta travers leurs innombrables légions, l’ccho de sa pa- » rôle lumineuse. »
Saint Denis (de Cœlest. hierarc. ) est d’avis que lorsque Isaïe représente les Séraphins comme se criant « les uns aux autres , » son intention est de décrire ces communications de la pensée et de la volonté divine , qui passent continuellement des ordres supérieurs des anges aux ordres inférieurs, oist xû aürouç tovç âeoxaxovç ’Zîpafip o i SeoXoyoi yaeriv èxcpov rrpoj xiv iztpov xtxpaysvai, tjz<po>; iv tout»», v.a3tzn£p otpat, é'ri/ovvTrç, brt rüv 5soXoyixüv yvoiveuv ai TrpwToi toi- Æjuripotç [iixaiiïtiïoixtn.
Voir aussi, dans la paraphrase de Pachymère sur Saint Denis, chap. i , un passage assez frappant dans lequel il représente toutes les créatures vivantes comme étant, à un degré plus fort ou plus faible , « les échos de Dieu. »
NOTES
NOTE 5, PAGE l6.
« Je vis , du haut de l’élément azuré , une des plus belles » filles des hommes à demi-voilée dans le cristal transparent » d'un ruisseau. »
Ce passage est fondé sur l’autorité , ou plutôt sur l’imagination de quelques-uns des Pères qui supposent que les femmes de la terre furent apperçues pour la première ' fois, par les anges, dans cette situation. Saint Basile en a même fait sérieusement le motif d’une règle assez rigoureuse pour la toilette de ses belles pénitentes, ajoutant : txavov y ap eau Trapayvpvovjzévov xztàoç xai vtovç 3sov KfiOç éÆovrjv yonSivacu, xxt i>; àvSpi>7TOUï <?ia rctvzrtv ànoâvxaxovta; 3vnro\j{ ànoâsi%ou.
NOTE 4 J PAGE IQ-
« Esprit de cette belle étoile , habitant, etc. »
L’opinion de Kircher, de Riccioli, etc., ( et je crois que c’était , jusqu’à un certain point, celle d’Origène), est que les étoiles sont mues et dirigées par des intelligences ou des anges qui président à leurs destins. Entre autres passages de l’Ecriture à l’appui de cette notion , ils citent ces mots du livre de Job : « Quand les étoiles du matin chantèrent ensemble. * — Sur quoi Kircher remarque : « Non de materialibus intelligitur. » ( Itin. t . Isagog. astronom.’j Voyez aussi le très-prolixe commentaire de Caryl sur le même texte.
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