CHANT DE GUERRE
Oh ! où est l'Esclave si avili , condamné à d'infâmes chaînes , qui languirait bassement sous le poids de ses fers , lorsque d'un seul effort il pourrait les briser ? Quelle ame , dont les maux la dégradent, attendrait que le temps eût flétri sa vigueur , quand d'un vol courageux , elle peut s'élancer vers le trône de Celui qui la créa !
Adieu, à toi, Érin, adieu à tous ceux qui vivront pour pleurer notre chute!
Le laurier qui croît à l'abri des orages , couvert de feuillage et de fleurs, est moins beau , moins révéré, que l'arbre dépouillé dont les branches couronnent le front brûlant de la Victoire !
La terre qui nous a vu naître s'étend sous nos pas : le vert étendard flotte au-dessus de nos têtes ;
IRLANDAISES. lit)
des amis éprouvés marchent à nos côtés , et l'ennemi que nous haïssons est devant nous !
Adieu , à toi , Erin , adieu à tous ceux qui vivront pour pleurer notre chute !
MELODIE XIII
A moitié de la nuit , à l'heure où les étoiles versent des pleurs, je vole vers la vallée solitaire que nous aimions quand la vie rayonnait dans tes yeux. Alors , je me plais à penser que si les esprits peuvent quitter les airs pour visiter le théâtre de leur bonheur passé , tu viendras me revoir , et me dire que, même au ciel, notre amour n'est point oublié!
Je chante ces sauvages accords qui te ravissaient autrefois, lorsque nos voix se confondant, résonnaient à l'oreille comme la même ; et à mesure que l'écho redit au loin dans la vallée ma triste chanson, je pense, oh! mon Amour, que c'est ta voix qui, du royaume des ames(i), répond faiblement aux accens qui te furent jadis si chers !
(x) « Il est des pays , dit Montaigne , où l'on croit que les âmes des Bienheureux vivent en toute liberté dansdes champs délicieux , et que ce sont ces aines qui répètent nos paroles , et que nous nommons écho. »
MELODIE XIV