‹ Les amours des anges, et les mélodies irlandaisesChapitre 46 sur 48 · MÉLOLOGUE · texte numérisé non relu

MÉLOLOGUE

son ame les pensées les plus tendres, rassemble autour de ses genoux les enfans aux joues de rose qu'il a laissés dans sa patrie : il voit les yeux des petits anges se remplir de larmes , qui semblent lui demander pourquoi il erra, loin de sa chaumière, à la recherche des scènes de carnage !

Envahi alors, la trompette d'airain retentit-, il n'entend plus que les doux chants de la Patrie, de l'Amour 5 et ses yeux impitoyables, etavides de sang, maintenant adoucis et voilés , se fondent en pleurs !

Fanfares.

Mais, que la trompette résonne de nouveau, et réveille les guerriers ! ô Bellone , quand la Vérité arme ton bras, et que l'Esprit de la Liberté guide l'orage, alors ta vengeance prend une forme révérée, et semblables au feu du ciel , tous tes coups sont sacrés ' Toi-même , divine Musique , tu ne possèdes pas, dans ton vaste empire , un son plus mélodieux, pour l'oreille de Celui qui créa toute harmonie, que le son glorieux des fers qui se brisent , l'accent de la première hymne que l'homme adresse à la Liberté, en sortant de la nuit d'esclavage!

Chorus espagnol.

Silence ! l'Espagne indignée , l'Espagne glorieuse fait éclater la première le chant hardi, et inspiré, qui

MELOLOGUE. 20j

s'élève vers les (Jieux comme les hymnes du matin !

Dans chaque accent elle semble jurer , par les rues désolées de Saragosse , par la mort du brave Gerona , de souiller de son sang la gloire du conquérant , tant quun cœur espagnol palpitera encore !

Air espagnol : « Y a Desperto. »

Mais hélas ! si le zèle du patriote est vain , si la force de sa valeur , si la lumière de sa sagesse , ne peuvent ni fondre , ni briser le sceau cimenté par le sang , qui ferme les annales des droits de l'Europe, quel chant racontera, dans sa tristesse, les rêves de l'orgueil abattu , les nuages de l'avenir obscurci , la mort des espérances ensevelies , mais non oubliées ?

Qui dira comment l'ardeur s'éteignit , comment l'honneur fut flétri sans retour? Quelle Muse chantera , sur l'autel du Souvenir , l'hymne funèbre des braves qui ne sont plus ? La Muse d'Erin!

Quelle harpe soupirera sur la tombe de la Liberté ? Ta Harpe , ô Érin !

FIN ntl MELOLOGUE.

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