‹ Les amours du diable, opéra-féerie en quatre actes, neuf tableauxChapitre 7 sur 48 · CE1E VIII · texte numérisé non relu

CE1E VIII

FRÉDÉRIC, PHOEBÉE, HORTENSIUS.

PHOEBÉE

En vérité, monseigneur, ce n'était guère la peine de

me fjii'c quitter mon palais de la ville de Prcsbourg... mon théâtre dont j'étais la reine, pour nVamener dans ce vieux castel, et m'y rendre témoin de vos tendresses pastorales, et de vos amours champêtres! hortensius à part Don! voilà Forage qui commence... gare la foudre!

Je vous ai déjà dit, ma belle Phœbée, qu'il ne s'agit ici ni d'amour ni de galanterie, mais bien d'une amie d'enfance, que j'ai retrouvée en ces lieux, par hasard.

FHOEBÊE

Oh! sans doute! le hasard est un complaisant fort commode! il accepte tout, et ne se plaint de rien! aussi, je lui pardonne... mais à une condition...

FRÉDÉRIC

Laquelle?

PI10EBÉE

C'est que vous ne reverrez plus celle jeune fille... et que vous lui ferez fermer la porte de ce château! hortepîsius à Frédéric Une sœur de lait! une protégée de votre noble père! Frédéric. Jamais!

HORTENSICS

Jamais!

r-UOEBEE

Ainsi, vous me refusez?

FRÉDÉRIC

Je refuse!

HORTENSICS

Nous refusons!

tboebée Prenez garde, monseigneur! je suis Italienne, et jalouse!

FREDERIC

Des menaces, madame!

hortehsius renchérissant Des menaces, madame!

PUOEBÉE

Oui, vous avez raison... des menaces, c'est ridicule! c'est superflu! A mon âge, et avec quelques attraits, on ne se venge pas d'un infidèle sur sa rivale...

FRÉDÉRIC

Et que fait-on, s'il vous plaît?

phoebée souriant Vous allez le savoir, monseigneur!

Aux jeunes seigneurs, qui rentrent de lous ciilés. CHANT Ah nosseigneurs, approchez vous!

Venez juger noire querellel A volrc équité j'en appelle ..

(Montrant Frédéric 0

Monsieur veut seul être jaloux, Avec le droit d'être infidèl !

(Avec coquetterie )

iVcsl-il pas juste, à notre tour, Comme lui, de changer d'amour?

Frédéric à part Ah! la coqucllc! l'infidèle' Oui, je sais à quoi m'en tenir!

On ne me cherche ici querelle, Qu'a fin de pouvoir me trahir!

ENSEMBLE

PHOEBÉE Oui, je suis coquette, infidèle' Voilà mon bonheur, mon plaisir!

Je suis heureuse d'ôlre belle, Afin de pouvoir mieux trahir.

FRÉDÉRIC 01»! la coqucllc! l'infidèle, de

hortensius ù Frédéric Enfin il connaît l'infidèle,

Et, grâce an ciel, il va la fuir, Celle trop dangereuse belle!

Vrai Dieu! j'en mourrai de plaisir!

(Pendant l'ensemble précédent, le parc s'est illuminé, et des valets ont apporté des candélabres sur une table de jeu.)

PHOEBÉE Allons! messieurs, au jeu! par le jeu l'on oublie Toutes les peines de la vie!

FRÉDÉRIC (A Hortensius.) Elle a raison! jouons! Le jeu me distraira!

hortensius avec désespoir Jouer! mais nous tombons de Cbarybde en Scylla! (l'bœbéc, Frédéric, tous les Seigneurs entourent la table de jeu. Les paysans rentrent dans les jardins.)

Frédéric un cornet de jeu 5 la main

De Por! de l'or!

Jouons sans cesse!

.louons encor!

Amour, maîtresse, Qui vaut de l'or!

De l'or! de l'or!

choeur de joueurs répétant De l'or! de l'or' Jouons sans cesse!

Jouou9 encor!

De l'or! de l'or!

Amour, tendresse, Qni vaut de l'or! De l'or! de l'or1

scrxe ix

LES toÊHES, LILIA

lilia entrant, à part, a*ec émotion

Ali! maigre moi, mon cœur devine, Pour b' conte, quoique malbcur!

VILLE DE BRUXELLES - STAD BPUSSEL Archives - Archief

(A Hortensias, i

Lu l»a~, que fuît donc monseigneur?

horte>siis avec désespoir

Monseigneur, ma chère? il se ruine!

frédérie à un joueur Mille écus d'or!

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