POUR LE JOUR DE LA PENTECOSTE ENSUIVANT
DIEU vueille qu'en ce jour, qui du nom de cinquante Prend son nom, l'esprit sainct auparavant promis Du Fils, et puis du Père aux Apostres transmis. Face en toy quelque occulte, et puissante descente.
Pour ton ame eschaufter, s'elle est encore lente,
A retenir, et mesme enflammer tes amis,
A reiinir, ou bien domter tes ennemis,
Car de ce Dieu, la force est douce et violente.
Il voit le plus beau règne ou Christ ait dominé,
Aveuglé, corrompu, mutiné, butiné.
Sans qu'un espoir d'accord juste et vray s'y decœuvre.
Luy donc Dieu (car des Rois l'effort n'est assez fort) Par toy nous monstre à l'œil, pour vaincre un tel discord Qu'en ta parolle il parle, et qu'il œuvre en ton œuvre.
A LA ROYNE, MERE DU ROY (l)
DES deux grands Rois d'Europe, estre fille première A l'un, et femme à l'autre, outre encor estre sœur D'un Roy non seulement des pères successeur En règne et en vertu, mais en façon guerrière :
Estre aussi sœur de quatre, à qui la terre entière D'autres grandeurs reserve, avoir soy mesme l'heur D'estre plusieurs fois Roine, en majesté, douceur, Et autres vertus, estre en terre une lumière :
Avoir vescu et mesme estre morte en l'amour Extrême d'un mary, pouvoir revivre un jour En terre par mérite, et vivre au ciel par grâce,
(i) Catherine de Médicis.
Hors des tragiques fins, qu'ont les plus grands, t'avoir Laissée en te laissant seurté de la revoir, N'est-ce assez pour calmer et ton ame et ta face?