A MADAME LA MARESCHALE DE RETZ
LE Ciel rioit de joye et la terre parée D'une belle verdure adoroit voz beautez, Quand le coche entraynoit tant de Divinitez Qui ont vostre Maison, de leurs yeux honorée.
ET AUTRES POESIES sSy
Je pensoy veoir Venus dans la plaine dorée Des Astres reluysans, quand ses Cignes hastez Tournent leur vol legier en des lieux escartez, Où se va resjouyr la belle Citherée.
Je say que ses oyseaulx ne sont pas coustumiers
D'arrester en chemin, comme dans les bourbiers.
Vos chevaulx demeuroient sans trouver quelque issue :
Mais ce qu'ilz demeuroient n'estoit que pour monstrer Qu'à peyne se pourroit-on jamais se depestrer Des prisons ou nous mect l'effort de vostre veue.
J'ay faict de mes erreurs aujourdhuy pénitence. Sur le devant du coche ebranslé plus souvent Que l'on ne voit les flots agitez par le vent, Quand on n'a sur la Mer tant soit peu d'asseurance.
Le coche balançoit d'une telle inconstance Qu'il nous renversoit presque avec son mouvement. Et l'eau qui reja[i]lloit d'un tel élancement Servoit pour me purger de quelque vieille offense.
A tous coups je pensois estre ja renversé, J'avois tousjours la peur et le front élancé Par quelque vent sorti de sa caverne noyre.
Et avec tout ce froit j'avois encor le feu
Dont cent mil[l]e beautez me brusloient en ce lieu;
N'estoit-ce pas souffrir ung entier purgatoire ?