scène v
HÉLÈNE, M. DE VILHENA, puit FAYITA.
iir.i.ËVK. Ob! j'ai peur! un homme m'a suivie obstinément sur la roule déserte; à quelque distance de la maison il m'a devancée, et maintenant il se licDl la sur le seuil comme pour me barrer le passage... Ah! celte autre porte. [Monsieur de Vtllana otout te placer «feront elle.) Lui!.*, c’est lui!...
u. dr viLMEVA. Dcus mots, iiiadaoie-
hcl&nk. Que me voulez-vous donc ?
M. du vn.iia.NA. Je suis venu faire auprès de vou* une dernière démarche. Vou» deiez être convaincue que pour voua il u'y a plu* Tien d'iteureu* a espérer, et que, sou* le coup d'une juste malédiction, l’avenir lera pue encore que le pa»«é !... Ce passé, faut-il que je vous le retrace*...
Hélène. Je le ferai miru* que vous, monsieur, car personne ne peut savou tout ce que non* avons souuert; après nous avoir maudits, il fallait nous oublier, nous ne vous demandiou* rien, nous avion* le courage, et la inirétc ne nous effraya't pas !... Mais ce qui torture plu* quel* froid, plu* «pic In faim, c'est le mépris, r'rsl l'injure, c’est |i>ut ce qu’on a entassé contre nou* de douleur*, d’humibnlions et d’outrage* ! C'est surtout pour la femme, la pâleur et le désespoir de l'homiM qu'elle aime, de ce «rur innocent condamné au même suppliée, du complice adoré sur lequel rejaillit la bouequ’uo lui jette. Àh 1 tenex, en vérité, je ne sais comment je vi* encore, comment je n'ai pas cherché la fin de me* maux dansie suicide... Ab’ eroyez-lc bien, monsieur, le* misérable* qui se sont emparés de votre Ame et qui exploitent »! cruellement votre colère contre un fil* me pousseront dan* la tombe! Lé jour où je me sentirai trop malheureuse, j'ai de quoi m'affranchir I...
n. dk vi LUIRA- Le suicide I F.n effet, n’ai-je pas entendu dire que monsieur Floriani vou* avait donné du poison à Malte? v
liélè.nl. C'est vrai, monsieur.
h. ns vilhena. De la part d'un médecin et d'un ami, ce fut un acte die philanthropie assez étrange.
Hélène. Oh! ne raille* pas!... voilà ce qui s'est passé : ma mère était morte, Manoêl souffrant de sa blessure prenait un peu de repos dans In chambre voisine, et le docteur qui veillait avec moi prés do cadavre, venait de s'endormir brise de fatigue... alors, épouvantée de I avenir, lollr de douleur, j'embrassai une dernière fois le front glacé de ma mère et je portai à nies lèvres un llaron d’opium qui se trouvait là sou» nia main... Monsieur Florian», qui me surveillait à mon insu peut être, s'élança puur rne l'orrai hcr, et après quelques Indsais <Je lille je m'évanouis entre se* bras!... Quand je revins à moi, il prononça contre le suicide de saintes et touchantes paroles, puis il me présenta le poison et me ditr Voulez-vous encore mourir ? — Oui, m'écriai-je en le ressaisissant avec une énergie sauvage! Mai» je le cachai presque aussitôt a la vue de Manoél qui rentrait; une étreinte de si main me rendit la rai»on, j'eus honte de ma faiblesse, et cc fut l'amour qui triompha ! Le lendemain je quittai Malte, et le bon docteur oubli* sans doute que j’avais emporté le poison !
m. de vtiiifsa. Il y • sept année* de cela...
héi éne. Oui, monsieur, et depuis sept années je me suis toujours rappelé le» nobles parole» de l'homme juste 1 1,'ann ur, d’ailleurs, n'eûl-il I»ai suffi pour idc sauver du crime ! Cet amour, qui a gardé toute sa force, toute su pureté I fJVou- MMüt M. de FiJAenu.) Oh ! croycz-le bien,
monsieur, je ne dis pas cela pour vous braver, car j« b ouillie pas le mprei qui vous e«t dû : nous n’avons jamais, Manoél et moi, laissé échapper contre vous un seul mol de ressentiment et de haine.
m. de vu mena. Vous mo trouvez bien cruel, pourtant, bien impitoyable! maispoovaii-je ne pas m'oppo»er par tous les moyen* a celte union fatale? Y a-t-il au monde un pere, un seul, qui ne soit prêt a m’absoudre et à m’imiter?... Otez à Manoél lui-même l’aveuglement de la passion, et à ma place, je n’en dnute pas, il eût agi comme j-s l’ai fait !... Et vous, madame, vous, ne m’avez vous pas donné raison La première le jour où vous élr* venue dire à mon fils devant moi: Notre amour est condamné à l’avance, «engageons pas une lutte coupable, séparons-nous!... Ces paroles, je vous les rappelle aujourd’hui... renoneez à M »-
DO#ll...
uÉiÈ->B. Liais , monsieur, nous sommes mariés 1
u. DR VOISINA. Ce mariage, ne me forcez pas de le briser-.. Renoncez a Manoél, vous dis-je.
héléne- Mais, monsieur, je sut* mère !...
Pavita, mirant. Hélène !
Hélène. Favilâ!... mon umie... ma sœurl...
a. de viliwna, à Facile*. Que Faites-vous, madame? votre présence Ici vou* compromet aux yeui du monde.
pavita. Le monde, monsieur de Vilhena! j’en suis aussi par mon nom. par ma furtuae, el la conduite que je lieu* eilla saute que l'humanité conseille '■ Consoler vaut mieux que punir, et l'assistance qu'on porte aux malheureux ne donne jamais de remords. Venez, Hélène, venez !... [süi rentre avec H Mène qui éclate en sanglots.)
Hélène. Quelle eiistenre, mon Dieu!
pavita. Remettez-vous, Hélène... Manoél va venir.
héléne. Manoêl!
pavita. Que la vue de votre enfant vou* rende le calme ei l'espérance...
iiélène. Marie 1 Mariel...