‹ Les amours maudits drame en cinq actesChapitre 4 sur 43 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

FLORIANI, M. DE VILHENA. MICHELE, UIMITSI

FLORIANI, à Michèle. Bonsoir, vaurien ! Ab (à, j’espere que vous n’allez pas tenir toute la nuit vos vilaine* carte*, et me débaucher les danseurs de ces jolies demoiselles?

miciiêle. Rassurez-vous, docteur : si j« reprend* ce soir ;iu lieutenant Edwards le* cinq cent* loui* qu'il m'a gagnés ce maiin. je jette aussitôt l a* de trèfle au panier, et je me livre tout ent'er a Terpsicbore t

floriani. Voila un doel qui durera encore au grand jour.

Michèle. Vire Dieu f avec un beau joueur comme le lieutenant Edwards, c'est bien possible’

floriani. Mais, écervelé que vous êtes, à vingtcinq ans vous aurez dévoré votre fortune.

Michèle, te sera la preuve que j'avais de bonnes dents. {A Edwnrdt.) Commençons-nous, mou cher?...

niMirtu, f>ai à Michèle. Eh bien, vous m'oubliez ?...

Michèle. Ah! c’est vrai I (A Floriani.) Docteur, je vous préseule monsieur Dirai tri. qui, aprçt avoir visite nos monuments phénicien... grecs cl carthaginois, n'.x put voulu quitter Malte sam admirer vos oranges et vos ro*e», les plus belle* de cette Ile qu’on a surnommée la Fleur Ji monde. — Mousttur Dimitri, originaire de la

Grèfé, eu on louyiste infatigable qui connaît sur la bout du doigt (ous Ira pays... excepté la sim.

floriani. On peut quitter tou paya natal pen dant de longues années; mais on ne I oublie pas et on en parle toujours arec bonheur ; c'eit ce que tous pourrei faire ce ?e»r. monsieur, car tous trouverez probablement ici d« compatriotes.

dimitri, à part, le n’y tiens pas.

floriani. Est-ce de France que tous arriver ?

DiMiTRi. Franchement, dveteor, je ne me rappelle plus très bien SI c'est a Marseille, a Usbonne ou à Naples que je me suis embarqué pour Malte.

mi ch in, tôt à Floriani. Hein!... quel original !...

FI.ORIANI, à Dimitri. Et tous retourner sans doute en Grèce ?

ni mit iu. Ma foi, je l'ignore. J'ai la bonne habitude d'oublier toujours ce que j’at fait la redle, et de jamais savoir ce que je ferai le lendemain.

floriani. Vous devex aimer beaurnop, mon- 1 sieur, l'hvpitaliié des Arabes qui ne font jamais de questions à leurs hâtes?

MNITRI. Croyez bien, docteur, que je ne cherche pas à éviter les vôtres : je serais au désespoir de vous avoir blessé.

FtORum. Amusez-vous cher moi, monsieur; ce sera le meilleur moyen do me foire de» excuse*.

dimitri, arec tntaiffon. J'ai tout a lait l'espoir de trouver chez vous ce que je cherche.

Michels, bas à Floriani. Il est très amusant, n'est-ce pas T

floriani, de même. Vous êtes bien sûr de connaître cet homme?

Michèle, de mime Pardieu! est-ce que je vous amènerais un aventurier!...

FLoauNi, à part. Décidément, je n’arme pas celte figure-la... [Haut.] A la danse, messieurs, à la danse !...

MiciifcLi. Et nous, au jeu! (A quelques jeunet atnt.) Mes cher» amts, je vous recommande ma famille : cautrx beaucoup avec madame ma mère et faites sauter ma petite soeur. (A Dimitri.) Venez-vous T

MMiTHi. Je ne joue pas.

- miciièl*. Que diable Taites-vouf. alors?

dimitri. J’observe.

michèle. A voire aile. — Tenez-vous bien, sir Edwards.

dimitri. Un moment, je vous prie ; vous n'avez encore rempli avec mol que la moitié de votre lAche,

Michèle Comment cela?...

dimitri. On ne i« contente pas de présenter un etranger dans une maison, il faut encore le renseigner sur les personnes qui l'hahiteot.

MiCHt i R- Je suis a vos ordres. — Allez préparer les armes, je ne larderai pas à vous rejoindre.

Page 1