‹ Les Amputations à l'AmbulanceChapitre 3 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Amputations primitives: amputations secondaires précoces: amputations secondaires tardives. — Il ya, en chirurgie de guerre, et en se fondant sur l’époque à laquelle l’opération est pratiquée, trois grandes chasses d'amputations.

Les amputations primitives, qui ne sont malheureusement pas toujours des interventions précoces. Dans ces cas, l’amputation est le premier acte chirurgical pratiqué.

Les ampatations secondaires précoces. Elles sont, comme les précédentes, du domaine de la chirurgie d’ambulance. Le premier acte opératoire à été conservateur ou économe; il a aussi été insuffisant. Et, dès Les premiers jours, une amputation ow une réamputation s'mpose.

Les amputations secondaires tardives sont exceptionmellement du domaine de la chirurgie d’ambulance, et le chirurgien d'avant n’en à pas où n’en a que fort peu l'expérience. Ce sont celles que l’on pratique au bout de plusieurs semaines ou: de plusieurs mois pour sauver un blessé d’une suppuration rebelle, ou pour le débarrasser d'unmembre inutile, gênant eb douloureux.

en

Nous nous proposons d'exposer les indications et la technique de ces deux premières classes d’amputations. Mais, dès maintenant, nous voudrions mettre en évidence quelques points qui, pour être des banalités, méritent

cependant qu'on s'y arrêle.

L'indication d’une amputation peut tenir à des conditions indépendantes du blessé ou de la blessure. — L'indication d'une amputation est, en général, et à juste titre, tirée surtout de l’étendue des lésions constatées. Mais cet élément d'appréciation est insuffisant. La chirurgie est vivante et ne saurait s'accommoder uniquement de froides règles anatomo-pathologiques. L'âge du blessé, l’état dans lequel 1l arrive à lambulance, le lemps écoulé entre l'heure de la blessure et celle de l'intervention doivent entrer en ligne de compte dans la décision du chirurgien. Un autre facteur a, à notre avis, une grande importance dans la détermination d’une amputation : l'afluence des blessés. Pendant la guerre de positions, en dehors des périodes d'attaque, le chirurgien ne voit que peu de blessés par jour; il peut consacrer à chacun d'eux de longs moments et, par conséquent, pratiquer sans risques une chirurgie ultra-conservatrice. Dans les périodes d'attaque, quand les blessés affluent à l'ambulance, et que le chirurgien ne peut les conserver et les surveiller, les indications d'amputer se font plus fréquentes. Dans de nombreux cas limites, on se trouve en présence de deux alternatives : être « conservateur » et évacuer; mais, dans ce cas, il faut se souvenir que ces évacuations hâtives

ÉTAQ L

laissent le blessé exposé à de graves complications infectieuses; ou pratiquer une exérèse qui est mutilante, mais sauvera dans l'immense majorité des cas la vie des blessés. Il y a là, souvent, des cas difficiles à résoudre.

Mais le chirurgien doit se souvenir que l’abstention autant que l'acte opératoire engage sa responsabilité morale, qu'il ne faut pas pécher par défaut de crainte de pécher par excès et, qu’en somme, la chirurgie pendant les périodes de grandes attaques doit être malheureusement plus mutilante que la chirurgie pendant les périodes de calme.

Triple but de l'amputation : vital, fonctionnel, orthopédique. — L'amputation d'un membre doit viser à un triple but : sauver la vie du blessé, en le mettant à l'abri de complications hémorragiques ou infectieuses; conserver le maximum de longueur au moignon, afin de diminuer au minimum sa valeur fonctionnelle: obtenir un bon moignon permettant aisément le port d'un appareil orthopédique.

Ce triple but. est parfois difficile à atteindre par une

seule intervention.

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