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LES AMPUTATIONS PRIMITIVES

S 1. — Indications.

Nous avons signalé, dans notre Introduction, que certaines conditions du combat pouvaient et devaient entrer en ligne de compte dans le choix d’une intervention; commandant, par exemple, en période d'attaque et de grande affluence de blessés, une amputation pour des lésions qu'on devrait s’efforcer de guérir par une chirurgie moins mutilante en période de calme. Nous allons, maintenant, étudier les indications d'ordre général et les indications anatomo-pathologiques, com-

mandant les amputalions primitives.

A. — Indications d'ordre général.

L'âge du blessé doit entrer en ligne de compte dans la décision du chirurgien. El celui-ci se résoudra moins facilement à pratiquer une amputation sur un sujet Jeune, résistant, que sur un homme de 40 où 45 ans, pouvant présenter quelques tares viscérales et qui ne pourrait parfois, sans danger, supporter une infection

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un peu vive ou faire les frais d'une réparation particulièrement longue. <

L'époque à laquelle le chirurgien voit le blessé peut donner une indication. Dans les cas limites, si la blessure remonte à quelques heures seulement, si l'infection est apparue, si déjà la plaie à cette odeur caractéristique de Finfection gazeuse au début, Pamputalion sera décidée. Au contraire, si le blessé n'est vu qu'au bout de longues heures, quelquefois de quelques jours, les chances de grande infeclion sont en partie écartées, et l’on sera plus volontiers conservateur.

L'indication d’amputer change suivant que la blessure siège au membre supérieur ou au membre inférieur. Les biessures.du membre inférieur (et spécialement de la jambe) sont beaucoup plus graves que celles du membre supérieur, le drainage s'y pratique beaucoup moins aisément, les accidents infectieux y sont plus fréquents el à marche plus rapide, la mutilation causée par l’'amputalion généralement moins préjudiciable au blessé. Pour toutes ces raisons, l'amputation sera plus facilement décidée au membre inférieur qu'au membre supérieur.

Le segment de membre alleint joue un rôle : le chirurgien se décidant plus aisément à couper une jambe qu'une cuisse.

La multiplicité des blessures est un facteur de haute gravité en chirurgie de guerre : les polyblessés sont très peu résistants, l'infection les abat très facilement. Il faudra s’en souvenir avant de se décider à conserver un membre.

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