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le siècle qui suivit ses travaux vit de nouveau fleurir la fréquence de l’amputalion en chirurgie de guerre.
C'est ainsi que Larrey arriva, pendant les guerres du Premier Empire, à pratiquer jusqu'à deux cents amputations par jour. Il semble qu'il ait été un peu loin. Dès son époque, il trouva en la personne de Percy une opposition raisonnée. Si cependant l'amputation immédiate, avant que ne surviennent les accidents sepliques et hémorragiques, lui donna de meilleurs résultats que la méthode conservatrice, cela fut dû surtout aux nécessités - des guerres de celte époque entrainant de grandes difficultés dans le transport des blessés et dans la fréquence des pansements. Trop souvent, en effet, les blessés abandonnés à euxmêmes dans des hôpitaux infectés de typhus, de tétanos, de pourriture d’hôpilal succombaient par insuffisance de soins, dans des appareils de contention précaire et au milieu de douleurs atroces, alors que les amputés, opérés il est vrai sans anesthésie, mais avec la dextérité qu'avaient acquise les maitres en chirurgie de guerre, évitaient une issue falale par accidents infectieux.
À la fin du xvur° siècle et pendant le cours du xix°, on revint * à la méthode conservatrice devant les mauvais résultals dus aux excès de la méthode interventionniste.
L’amputalion de cuisse, pratiquée plus lardivement, pendant les guerres du Second Empire, donna en effet des résultats désastreux.
Si nous consultons les statistiques de l'époque, nous consta- “tons que pendant la guerre de Crimée, sur 1.666 ampulations, 1.531 eurent une terminaison fatale, soit 91 p. 100 de morts. En Italie, nous trouvons 76 p.100 de mortalité, et pendant la guerre de 1864, 60 p. 100. En. Amérique, sur 6.229 amputations, nous avons 3.310 morts, soit 53,8 p. 100. Pendant la campagne de 1870-71, la mortalité, pour de semblables opéralions, a varié entre 70, 78 et 100 p. 100 suivant les statistiques diverses.
Enfin Otis, se basant sur les statistiques militaires remontant au siècle dernier, montre que, sur 9.017 opérations, 7.049 furent falales, soit une mortalité de 82,2 p. 100. |
Fait paradoxal, au début de la guerre actuelle, malgré les
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progrès de la chirurgie moderne, les résultats ne semblent guère avoir été meilleurs, si l’on en croit les statistiques de Eapointe et Lenormant, publiées dans les Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie de Paris. |
Cela tient vraisemblablement à ce que la question de l'ampulation de cuisse, remise au premier plan par les circonstances actuelles, était devenue secondaire dans la pratique du temps de paix, tant par sa rarelé que par les heureux résultats qu’eile ne manquait pas de donner au chirurgien, qui pouvait tout à son aise choisir son heure et son procédé.
Avec la guerre moderne et ses terribles engins destructeurs (obus qui se fragmentent en éclats déchiquetés, en lames tranchantes, terre entraînée par les obus percutants, bombes, torpilles, grenades, balles relournées, etc.), la question de l’'amputation reprit toute son importance. Il n'est pas étonnant que certains chirurgiens, pris au dépourvu devant la fréquence des lésions graves des membres inférieurs, n'aient pas loujours su parfaitement discerner s’il y avait où non lieu à intervenir : indicalions opératoires imparfaitement établies, technique chirurgicale ne répondant pas à la gravilé des cas, telles sont, nous dit Depage, les causes probables des pourcentages dont nous avons déjà parlé. |