TS
. D D D D ; VV ! À e \] 4 # > ë Fe VE Ce — — ÿ EE: 7 | < ASS SEA | \ VX re 54 PU ES TA À NAN — © | - D ‘
TT RENE LE RS EE RS tie ET Eau PTE, Û ? h YO EAN Ta è
ES OT EXT fs
7e WSS FR:
Ingéniosité d’un paysan.
Deux paysans devaient tirer au sort pour la milice. C'était une sorte de conscription existant avant 1789,
mais à laquelle n'étaient guère assujettis que les ou-
vriers etles gens de la campagne. On tirait des billets noirs ou des billets blancs. Ceux qui avaient les billets noirs partaient..…. la plupart du temps pour ne plus jamais revenir; les autres, les billets blancs, étaient exemptlés du service militaire. Ce jour-là le subdélégué de l’intendant * qui présidait au tirage voulait sauver du service Pierre, le plus jeune des paysans, et y faire tomber Claude, l’ainé des deux. Pierre avait des protections : la dame du château voulait le prendre pour valet de chambre à cause de sa belle taille et de sa prestance. Claude n’avait pour appui que lui-même, mais il était fin et rusé et il avait flairé l'intrigue qu’on manigancçait contre lui.
« Claude tirera le premier », dit le subdélégué,
1. La France, avant 1789, était divisée en circonscriptions administratives appelées intendances. Chaque intendance était divisée en subdélégations. Les intendants rappellent nos préfets; les subdélégués nos sous-préfets,.
grave et solennel sous sa perruque poudrée à la mode du temps.
Il n'y avait pas à répliquer. Le représentant du gouvernement avait parlé, 1l fallait obéir. Claude s’avança gauchement, pendant que le subdélégué riait sournoisement du tour qu'il allait lui jouer. Dans le tricorne qui servait d’urne et qu'on avait emprunté pour la circonstance au brigadier de la maréchaussée, on avait mis deux billets noirs, et Claude, en tirant le premier, ne pouvait pas manquer d'en avoir un. Le malheureux mit Ja main dans le tricorne, en tira en effetun billet noir, mais le porta si vite à sa bouche que personne ne put rien y voir.
« Que faites-vous! cria le subdélégué, vous avez
avalé le billet noir!
— Possible que oui, dit Claude sans se démonter, possible que non. Si le billet que j'ai avalé est noir, comme vous le dites, pourquoi tant crier? celui qui reste dans le chapeau doit être blanc et le beau Piarre (il prononcait Piarre au lieu de Pierre, comme font encore les paysans) et le beau Piarre ne partira pas. Si le billet qui reste est noir, c'est que j'ai avalé le blanc; alors, ma foi! tant pis pour le beau Piarre! il ira servir Sa Majesté, et, ajouta le paysan en clignant de l'œil, ça fera un beau soldat, quand il sera en uniforme, au lieu d’un pauvre homme comme moi que Dieu a fait pour piocher la terre jusqu à la fin de ses Jours. »
Qui fut attrapé ou, comme disaient nos ancêtres, qui fut quinaud ? Ce fut M. le subdélégué qui voyait sa mauvaise ruse se retourner contre lui. Il eut un instant l’idée d'abandonner son protégé à son triste sort, mais que dirait la dame du château qui comptait sur son valet de chambre ?
Ingéniosité d'un Paysan. 81
« Messieurs, dit-il d’un ton solennel et tout à fait administratif, les formes du tirage au sort, telles qu'elles sont prescrites par l’édit de notre grand roi Louis XIV, ont été violées : je vais en référer à Monseigneur l’intendant; le tirage au sort est suspendu en attendant et remis à une date ultérieure. »
La dignité de l'administration était sauve. Le beau Piarre ne partit pas, mais Claude ne partit pas non plus. C'était tout ce qu’il avait voulu. Tout le monde fut content, même la dame du château, à laquelle les dames de la province envièrent pendant longtemps son valet de chambre.
L'enfance du maréchal de Saxe.
Voulez-vous savoir comment les fils de rois étaient élevés au xvin° siècle, à une époque, suivant l'opinion commune, toute de luxe et de mollesse ?
Écoutez l'histoire de l’enfance du maréchal de Saxe, fils du roi de Pologne et électeur de Saxe, Auguste II.
Il avait douze ans’ quand son père songea qu'il était temps de lui faire connaître les douceurs de la vie militaire. Il le confia au maréchal de Schulembourg en lui disant :
« Voici mon fils : je le remets entre vos mains.
Ayez la bonté de me le secouer comme il faut et sans ménagement. Cela l’endurcira. Pour commencer,
MAURICE, COMTE DE SAXE Maréchal de France (1696-1750).