‹ Les amusettes de l'histoireChapitre 25 sur 38 · PA NAT VB PE A LT IT · texte numérisé non relu

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Oudinot se leva si brusquement que sa chaise tomba.

« Moi, s'écria-t-il, dénoncer mes frères d'armes ?

— Les vrais Romains, dit le patriote, dénoncaient leurs parents eux-mêmes quand ils trahissaient la République.

— Misérable! » s’écria Oudinot.

À ce moment-là même la domestique mettait sur la table un plat de haricots dorés et croustillants. Oudinot, au comble. de la fureur, saisit le plat et d’une main vigoureuse en coiffa le patriote, qui poussait des hurlements de douleur. Le geste avait été si brusque et si inattendu que tous les convives, y compris le maître de [a maison, se tordaient de rire sur leurs chaises sans songer à secourir le patient. Quand le calme fut un peu revenu, on s’apercut que celui-ci avait eu plus de peur que de mal. Le bonnet rouge, fait de grosse laine très commune, lavait empèché d’être ébouillanté. Il s'enfuit sous les huées de l'assistance et oncques ne le revit-on plus à Bar-le-Duc. On apprit quelques mois après quil avait été guillotiné avec Hébert sur la place de la Révolution. Châtiment un peu sévère pour un homme encore plus vaniteux que méchant, comme le dit Oudinot lui-même dont cette nouvelle victoire, remportée cette fois sur un Parisien, ne fit qu'augmenter la réputation dans son pays natal. Pendant longtemps, à Bar-le-Duc, il ne se servit pas un plat de haricots dans la ville sans qu'on y trouvât l’occasion de rappeler en riant la manière dont l’illustre homme de guerre savait triompher sur tous les champs de bataille.

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Le chien de l'impératrice Joséphine.

L'impératrice Joséphine, avant d’être la femme de Napoléon I‘, avait épousé en premières noces le général de Beauharnais. C'était quelques années avant la Révolution de 1789. Quand celle-ci éclata, le général de Beauharnais, bien qu'il fût noble, en adopta les principes avec empressement. Ses services furent d’abord vus avec faveur et, en 1792, il fut chargé de commander une division à l’armée du Rhin.

Malheureusement il fit des fautes, et ne sut pas secourir à temps Mayence qui nous appartenait et qui était assiégée par le roi de Prusse. Il n'avait été que faible et incapable : on le crut traître et on le jeta dans une prison d'où il ne sortit que pour aller à l’échafaud. Sa femme Joséphine avait été arrêtée en même temps que lui, mais sa détention était moins

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