‹ Les amusettes de l'histoireChapitre 31 sur 38 · LA REINE VICTORIA · texte numérisé non relu

LA REINE VICTORIA

paysanne se trouvait là qui était en train de faucher son pré. La reine l’appela :

« Comment se nomme, je vous prie, cette colline qui domine la ville?

— C'est le Güstch, madame.

— Et plus loin, cette haute montagne qui est entourée de nuages ?

— C'est le Pilate, madame. Et ces nuages qui couvrent sa tête, c'est ce que nous appelons: ici son chapeau.

— Ah! oui, dit la reine, je me rappelle le proverbe :

S'il a son chapeau, Le temps sera beau.

Je suis contente d’avoir fait la connaissance de cette célèbre montagne. Et là-bas, de l’autre côté du lac ?

— C'est le Righi, madame. »

La curiosité de la reine était satisfaite : elle ne dit plus rien et se remit à dessiner. Au bout de quelques instants, elle leva les yeux et apercut la paysanne qui n avait pas bougé de place.

— Vous pouvez vous retirer maintenant », dit-elle avec un air de politesse un peu hautaine et oubliant qu'elle était non plus en Angleterre, mais en Suisse.

Les gens de Lucerne sont susceptibles et ont, comme le Pilate, la tête près du bonnet. La paysanne se fàâcha tout rouge et riposta avec vivacité, dans le dialecte rocailleux de son pays :

« Gohnt di selber! I bi do dehein. » (Allez-vous-en vous-même ! Je suis ici chez moi.)

Victoria se mit à rire. Comprenant qu'elle avait blessé sans le vouloir la pauvre paysanne, elle lui

La Reine Victoria et la Paysanne de Lucerne... 133

- présenta aimablement ses excuses et, pour mieux les faire accepter, y ajouta le don de son portrait - sous la forme d’une pièce d’or anglaise. C’est là un

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