CHAPITRE IV
Cérémonies du mariage chez les Anabaptistes. — Les fiançailles d'Isaac et de Bebecca prises pour modèle. — Le steckelmann jouant le rôle d'Eliézer. — La nuit des noces. — L'histoire du jeune Tobie et de Sarah mise en scène. — Divertissements primitifs. — U pervigilium Veneris. — L'épreuve difficile. — Goût des mennonites pour la solitude et pour les montagnes. — Leur assurance mutuelle contre le malheur.
La manière dont les anabaptistes concluent et célèbrent leurs mariages prouve encore leur attachement scrupuleux aux maximes et aux traditions de l'Ecriture. Tout le monde a lu dans l'Ancien Testament la gracieuse histoire d'Eliézer, allant chercher une femme pour Isaac , au pays de Chanaan. La jeune fille devait être de la race d'Abraham, qui n'avait pourtant donné aucun renseignement à son serviteur, parce que Dieu, disait-il, enverrait un ange sur son chemin. Eliézer y comptait peu. Arrivé en Mésopotamie, près de la ville de Nachor, il s'arrête dans le voisinage d'une fontaine et se promet de choisir la jeune personne qui non-seulement lui présentera sa cruche, mais ajoutera l'offre de désaltérer ses chameaux. Il suffit de mentionner cet
épisode, sans reproduire toutes les circonstances de la narration, d'autant plus qu'on va les voir mettre en scène par les anabaptistes.-
Lorsqu'un jeune homme, d'accord avec sa famille, a résolu d'épouser une de ses coreligionnaires (et les mennonites ne se marient qu'entre eux), il fait part de son projet au diacre ou serviteur des pauvres. Le diacre avertit la jeune fille et ses parents, puis la demande a lieu suivant le programme biblique. Le pasteur monte à cheval et trotte vers la maison de la fiancée qui demeure souvent à cinquante pas. On le nomme le steckélmann, lorsqu'il remplit ces fonctions particulières. Le steckélmann donc s'arrête près de la fontaine, placée dans les montagnes devant chaque logis. Dès qu'elle le voit, la puritaine sort de l'habitation, une cruche à la main, toute vermeille de plaisir, cachant de son mieux l'émotion qu'elle éprouve, et baissant les paupières pour amortir l'éclat de son regard.
— Je suis un voyageur altéré, lui dit l'interprète de celui qu'elle aime ; seriez-vous assez bonne pour m' offrir un peu d'eau dans votre cruche ?
— Bien volontiers, lui répond la mennonite, avec un sourire qu'elle n'a pas la force de réprimer.
Elle emplit le vase agreste et le présente au cavalier, qui effleure l'eau de ses lèvres.
— Maintenant approchez- vous, et faites boire
votre monture, dit-elle en montrant l'auge de bois, dans laquelle tombe le mélodieux filet de la source.
Ces paroles prouvent que la demande est bien accueillie. Autrement la jeune fille reprendrait sa cruche, sans ajouter un mot, et rentrerait dans la maison. Quand le cheval s'est désaltéré, le diacre tire de sa valise les dons achetés pour la nouvelle Rebecca, une pièce de toile , une robe, un fichu. Il les présente à la fiancée.
— De qui êtes-vous fille? daignez me l'apprendre. Y a-t-il place pour un hôte dans la maison de votre père?
— Sans doute, mais mon père lui-même va répondre à vos questions, dit l'aimable enfant.
Et elle court avertir le chef de la famille, ou, s'il est mort, quelque parent qui fait son office. Elle lui montre toute joyeuse les dons du pasteur. Il sort pour le recevoir et lui dit :
— Entrez, homme béni de Dieu. Pourquoi restez- vous dehors? Notre maison vous est ouverte, et nous abriterons aussi votre monture, qui ne manquera de rien.
Le steckelmann alors descend de cheval ; on l'introduit dans la plus belle pièce, on met devant lui du pain et du vin, en lui disant : — Buvez et mangez.
— Non, réplique-t-il, mes lèvres ne toucheront à aucune nourriture, à aucune boisson, tant que je n'aurai point délivré mon message. On m'a
député vers vous et chargé de demander la maiu de votre fille.
Le délégué' nuptial dit alors le nom du jeune homme, les avantages que lui font ses parents, donne tous les détails nécessaires en pareille occasion.
— (Test Dieu qui vous a envoyé, lui répondent le père et la mère, c'est lui qui met les paroles dans votre bouche : comment ne respecterions-nous pas sa volonté? Il faut cependant que nous consultions notre fille, car nous ne pouvons marier notre enfant contre son gré.
On appelle la jeune sectaire, qui est passée dans une autre pièce, et on lui demande si elle accepte l'époux qu'on lui propose.
— Je le suivrai sous le toit qu'il habite, dit la future avec un embarras mêlé d'un secret plaisir.
On sert alors un repas modeste ; la famille et le diacre mangent ensemble, puis il va rendre compte du succès qu'il a obtenu.
Quand les formalités prescrites par la loi française ont été remplies, quand le maire de la commune, dont la bourgade mennonite forme une dépendance, a uni les deux époux, on procède à la consécration religieuse. Ce n'est point une cérémonie particulière, mais une fête générale : tous les anabaptistes du canton y assistent. La fiancée est vêtue de noir, le prétendant porte des habits de même couleur ; tout au plus lui
passe-t-on la fantaisie d'une redingote brune. Les prières, le chant des cantiques ont lieu comme d'habitude ; après quoi on lit au couple ému les versets du 19 e chapitre de saint Mathieu, où Jésus explique la sainteté ^ l'indissolubilité du mariage (1) ; puis les commentaires de saint Paul, dans sa première épître aux Corinthiens sur les devoirs réciproques des époux (2).
Les mains des deux futurs sont alors unies, sans qu'ils échangent le moindre anneau. Peutêtre les jeunes gens ne demanderaient -ils pas mieux que de voir terminer en ce moment l'office divin. Mais les cérémonies se prolongent bien au-delà. On lit tout haut l'histoire du mariage d'Abraham et les chapitres consacrés aux fêtes nuptiales du jeune Tobie. Un prêche a lieu ensuite, et les orateurs du désert, qui improvisent toujours, ont souvent une facilité de langage incommode pour les auditeurs. Un de ces naïfs sermonnaires m'assurait pouvoir parler quatre heures de suite. Enfin le prédicateur s'arrête, et une nouvelle mise en scène commence. Les noces du jeune Tobie deviennent un programme que l'on exécute fidèlement
On sait quelle terreur saisit le père de Sarah, lorsque son neveu, pour inaugurer le festin préparé en son honneur, lui demanda la main
(4) Du 3 e verset au 43 e .
(2) Tout le chapitre 7.
de sa fille. Sept prétendants l'avaient l'un après l'autre obtenue, et tous, dans la nuit de leurs noces, avaient succombé aux atteintes d'un mal mystérieux. Le patriarche ne peut refuser le gendre qui invoque la loi de Moïse afin de tenter une nouvelle épreuve, mais il est convaincu que l'imprudent cherche sa perte. Aussi, dès le premier chant du coq, appelle-t-il ses domestiques et va-t-il creuser avec leur aide une fosse destinée au jeune époux. Il revient ensuite près de sa femme et lui dit :
— Envoyez une de vos servantes pour que je sache s'il est mort et que je puisse l'ensevelir avant le jour.
Anna exécute cet ordre, et la domestique, entrant dans la chambre nuptiale, voit les deux époux qui dorment sains et saufs. Le père et la mère bénissent donc le Seigneur, puis commandent de remplir sur-le-champ la fosse désormais inutile.
Les bons vieillards ignoraient qu'un ange avait indiqué au mari deux préservatifs contre la mort : le premier consistait à brûler sur un gril, au milieu de la pièce, le foie d'un gros poisson. Pour peu, en effet, que Tobie eût le nez délicat, F horrible odeur d'un tel encens devait à coup sûr lui inspirer plus de sagesse que tous les préceptes de l'Ecclésiaste. Le second moyen était de s* abstenir pendant trois nuits, et de les passer en prière. La quatrième nuit seulement,
lorsqu'il serait exténué de fatigue, il n'aurait plus de péril à craindre.
Ayant pris au sérieux cette légende orientale, les mennonites redoutent le pouvoir d'Asmodée, le perfide démon qui change le lit nuptial en couche funèbre, et, pour déjouer ses mauvaises intentions, suivent l'exemple du jeune Tobie, en omettant néanmoins les fumigations pestilentielles.
Le premier jour donc, lorsque le jeune couple a reçu la bénédiction nuptiale, tous les membres de la commune, hommes et femmes, se réunissent autour d'un banquet. Dans une salle voisine, de la paille fraîche étalée le long des murs forme un divan rustique. Après le repas, comme les danses, les jeux de cartes et de dés, aussi bien que les autres divertissements aléatoires et les chants profanes sont sévèrement défendus par la morale anabaptiste, les sectaires les moins graves se livrent aux exercices corporels que les écoliers affectionnent, la lutte, le saut, les quatre coins, le palet, ou aux jeux de société dits jeux innocents. Puis, lorsque la soirée s'avance, la nouvelle épouse et toutes les jeunes filles se retirent dans la pièce jonchée de paille ; on ferme la porte au verrou , et la troupe virginale dort ou essaye de dormir, sous la surveillance des matrones les plus âgées. Cependant les hommes sont réunis avec le marié autour de la table du festin ; ils causent, boivent
modérément, discutent des problèmes religieux ou chantent des cantiques. Parfois une des recluses tire espièglement le verrou : son prétendu ou le conjoint se glisse dans la chambre. Mais aussitôt les matrones poussent des cris : les hommes accourent à la hâte, saisissent le délinquant, et le ramènent dans la salle où a lieu la veillée des noces, pervigilium Veneris. La nuit s'écoule au milieu de ces entretiens, de ces chants et de ces badinages, puis le matin borde les noires forêts d'une zone nacrée : il donne le signal de la retraite. Les familles des deux époux ne tardent point à rester seules,
Ge jour-là, elles se divertissent ensemble ; un second festin les égayé le soir ; on veille encore une partie de la nuit, après quoi les époux vont dormir séparément, comme deux ermites. Si longs, si ennuyeux que ces délais puissent leur paraître, l'effroi les arme de courage. Le méchant Asmodée les guette ; il importe de ne pas lui donner prise. Aussi le troisième jour est-il consacré au jeûne et aux sévères méditations ; le troisième soir, on ouvre aux mariés la chambre nuptiale, afin d'y subir une nouvelle épreuve. Il faut qu'ils passent la nuit en prières, en réflexions pieuses, et ne songent même point à profiter du silence et de la solitude pour goûter quelque repos», Le matin, lorsqu'ils tombent de sommeil, les matrones viennent inspecter la
chambre, et aussitôt après les époux sont libres ; le démon ne peut plus leur nuire.
Les doctrines, les mœurs particulières des anabaptistes, leur amour de la simplicité, la loi qui leur interdit les amusements profanes, les portent à s'isoler pour vivre entre eux, pour fuir les tentations comme le spectacle du vice. Ce n'est donc pas le séjour de la plaine qui leur convient : trop de monde y passe, les demeures y sont trop en vue, les relations trop multipliées. La montagne leur sied mieux : ils y peuvent éparpiller leurs maisons sur un plateau, dans une vallée, dans un bassin couronné de hauts mamelons, travailler, prier ensemble, loin des indifférents et des moqueurs, faire instruire leurs enfants sous leurs yeux. Là ils trouvent le recueillement nécessaire à tout homme qui adopte une règle immuable, au lieu de suivre les capricieuses inspirations de la nature.
La beauté des sites, la variété continuelle des paysages, des effets d'ombre et de lumière dans 4es régions accidentées, le murmure des sources, les torrents, les bois majestueux, les fleurs embaumées des montagnes leur sont d'ailleurs aussi indispensables. Dans une vie simple et monotone, que le luxe, les coûteux plaisirs, les affaires et les passions n'illuminent point comme une gerbe d'étincelles, il faut que les yeux et l'esprit trouvent des compensations ; autrement on périrait d'ennui. Toutes les aptitudes deman-
dent à s'exercer, l'imagination et le sentiment du beau non moins que les autres. Feuilletez l'histoire des ordres monastiques, vous verrez que les frères ne pouvaient en général supporter l'uniforme routine du cloître, maigrissaient, languissaient, ou violaient bientôt la règle pour ouvrir quelque issue, pour donner quelque mouvement à leur âme alourdie et stagnante. Les chevriers, les armai 1 lis, au contraire, endurent sans souffrir une existence bien plus pauvre et plus monotone. Les habits grossiers, le lit d'une rudesse toute primitive, le ,lait, le fromage, les pommes de terre, le pain de seigle ou d'avoine, qui composent le fond de leur régime, ne valent pas ce qu'on alloue aux prisonniers. Us s'en contentent néanmoins, parce que des scènes imposantes, de gracieux tableaux les environnent; parce que leur vue, pendant qu'ils gardent le bétail, se promène au loin sur d'immenses perspectives. Les provinces entières, les milliers de montagnes, les pics menaçants, les neiges éternelles , les lacs de plusieurs lieues qu'ils aperçoivent, fournissent à leur esprit un aliment continuel. Leur intelligence se tourne vers la contemplation : ils éprouvent des joies tranquilles, de doux et intimes plaisirs dont ils ne se rendent pas compte, mais sans lesquels leur manière de vivre leur paraîtrait insupportable. Pour qu'ils comprennent leurs satisfactions, le charme de leur merveilleux séjour, il faut qu'une
circonstance les en éloigne. Le regret les éclaire alors ; ils ont enfin conscience des vagues émotions qui enchantaient leur solitude.
Les mennonites ont tellement besoin de ce cordial, de ces jouissances poétiques et fortifiantes, qu'ils abandonnent de plus eij plus les basses terres. La vallée du Rhin, encadrée par les Vosges et la Forêt-Noire, ne manque certes pas d'attrait pittoresque. Les anabaptistes y sont fort aimés, tenus en grande estime : une ferme se trouve-t-elle vacante et désirent-ils la louer, on leur donne la préférence sur tous les autres cultivateurs. Peu à peu néanmoins ils quittent la plaine, les environs de Strasbourg notamment, et vont dans la montagne chercher les sites qui leur conviennent, dont la grâce et l'éclat remplacent les distractions, les plaisirs, les luttes ambitieuses, les recherchés passionnées qu'ils évitent.
Là, il ne faut pas croire qu'ils poussent la fraternité jusqu'à mettre leurs biens en commun, usage auquel auraient pu les conduire certains préceptes de l'Evangile (1) ; les frères moraves, qui ont tant d'analogie avec les chrétiens sans défense, et même le clergé catholique, n'ont pas su tourner cet écueil. Les mennonites reconnaissent la propriété individuelle, admet-
(J) « Chacun de vous qui ne renonce pas à tout ce qu'il a, ne peut être mon disciple, a dit le Seigneur Jésus-Christ. » (Saint Luc, chap. xix, v. 33,)
tent tous les droits que lui attribue notre code, mais ils les tempèrent par la charité : ils se préservent de l'égoïsme, de la sécheresse, de l'impitoyable orgueil qu'ils engendrent trop souvent, comme ces agarics, ces champignons ligneux qui croissent sur les arbres. On ne trouve point chez eux l'aversion et le mépris du pauvre. Ils se soutiennent en vrais disciples du Christ. L'un d'eux fait-il une mauvaise récolte, ne pôut-il acquitter son fermage, on lui prête sans intérêt, on lui donne même la somme qu'il doit payer.
Tout le monde y contribue dans la mesure de ses ressources pécuniaires. Un second, un troisième malheur ne lassent point la patience et la générosité des mennonites , si ces infortunes n'ont pas pour cause la négligence, les vices et l'incapacité de leur coreligionnaire. Mais si, après avoir examiné sa conduite en assemblée générale, on acquiert la certitude qu'il n'a pas les facultés et les vertus nécessaires à une bonne exploitation agricole, on le libère de ses engagements, puis on lui déclare qu'on ne s'imposera pas de nouveaux sacrifices. Ne pouvant diriger un établissement, il faut qu'il travaille en sous ordre. On l'emploie donc dans une métairie, où on ne le laisse manquer de rien ; sa femme subit le même changement de destinée. S'ils ont plusieurs enfants, quel qu'en soit le nombre, les fermiers se les partagent et les élèvent comme les leurs. Les souffrances, les perplexités, les dé-
gradations de la misère n'atteignent aucun membre de la famille. À cet égard, les mennonites ont résolu le problème fondamental de la société qui doit être une assurance mutuelle contre le malheur.
Si quelque chose d'analogue existait chez nous, si dans l'adversité nous trouvions toujours, une main prête à nous secourir, quelles douleurs, quels abaissements de la nature humaine on préviendrait ! quelles luttes navrantes on épargnerait à des individus méritants, que poursuit une fatalité inexorable ! Les combinaisons les plus rares, les plus étranges, les plus imprévues, font échouer toutes leurs entreprises et déjouent tous leurs efforts ; comme un matelot tombé à la mer, ils nagent avec désespoir au milieu des flots en tumulte, sans qu'un rayon éclaire leur chemin sur l'abîme, sans qu'une plage leur apparaisse dans le lointain. La généreuse compassion des anabaptistes n'inspirant que leur secte, et le reste des hommes n'estimant, n'aimant que le succès, tout le monde s'éloigne peu à peu du souffre-douleur ; ses parents lui imputent à crime son infortune ; ses connaissances doutent de son talent ou de son courage ; ses amis le trahissent pour de plus heureux. Il se voit bientôt seul près de son foyer désert ; le vent, qui hurle dans la cheminée, semble lui-même le maudire et lui répéter les outrageants propos des hommes. Nul ne s' in-
quiète de lui, nul ne veut partager sa tristesse ; des fourbes ^ui arrachent ses dernières consolations pour s'en faire un mérite auprès de ceux qui le détestent : on ne mesure pas plus, la haine au pauvre que les adulations au riche. Enfin il meurt sur son grabat, dans sa chambre haute, où l'on entend ruisseler la pluie ; aucun voisin ne l'assiste, aucun prêtre même ne vient adoucir son agonie, et son dernier soupir se mêle à la bise qui agite le lambeau de toile suspendu devant sa fenêtre. On enlève sans respect son cadavre, pour le jeter sans cérémonie à la fosse commune ; le chien du pauvre ne suit même -pas la voiture sinistre, car il n'aurait pu nourrir cet ami dévoué de l'infortune. Le voilà mêlé avec tous ceux qui ont souffert comme lui, dont les restes n'inspirent que le dégoût et l'horreur. De son tombeau sort une leçon terrible : Il faut être heureux, n'importe à quel prix; le vice, la fraude et la trahison, blâmés légèrement par les hommes, ne subissent point les cruels châtiments de l'indigence.
Honneur donc aux anabaptistes , qui ont su détourner des malheureux ces punitions imméritées!