‹ Les ancêtres d'Alfred de MussetChapitre 19 sur 51 · Grille. Autographes, II, p · texte numérisé non relu

Grille. Autographes, II, p

Si le vœu de M™'' de Musset eut été exaucé, nous aurions eu, peut-être un ingénieur de plus et un ingénieur faisant des vers; bon sang n'aurait su mentir; mais la France eut perdu son poète.

En 1830, les mêmes revers que ceux qui avaient atteint Victor de Musset, frappèrent Grille. Il fut révoqué. Du Mans, M"'^ de Musset lui écrit le 3 septembre 1830 :

« Je ne puism'empêcher, mon cher voisin, de vous dire tout le chagrin que m'a fait la lettre de mon mari qui m'apprend l'injustice dont vous êtes encore une fois frappé. L'énergie de votre caractère et le courage dont vous avez fait preuve dans des circonstances à peu près semblables, ne peuvent me rassurer. 11 n'y a point d'àme, quelque forte qu'elle soit, qui puisse supporter l'injustice, elle révolte, elle indigne ; j'ai la fièvre de celle qui vous poursuit. Je regrette d'être bien loin de Paris dans ce moment, et de ne pouvoir soulager ma colère en l'exhalant avec vous. Quel temps! que celui où les talents, les principes les plus sévères ne suffisent plus pour con-

server un emploi, où nul n'apportera jamais des idées plus élevées et une exactitude plus scrupuleuse \ »

On sent dans ces lignes qui sont dictées par un autre sentiment que celui d'une banale commisération, la marque d'un caractère énergique et enthousiaste. Elle le prouva par ailleurs, en 18!28-29, en se mettant à la tête des grandes quêtes qui se firent à Paris et en Europe pour la cause des Hellènes. Elle fut, avec Mesdames Grille et de Lasteyrie, une ()es directrices des comités qui furent créés alors.

Des documents qui ont été publiés durant ces dernières années, il ressort qu'il y eut, entre le fils parvenu à la gloire et la mère vieillissante des dissentiments qui mirent quelque éloignement dans leurs rapports. A l'époque qui nous occupe l'union était complète et nous n'avons pas à nous arrêter à des faits postérieurs.

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