‹ Les ancêtres d'Alfred de MussetChapitre 21 sur 51 · IntroducUon, p. vij · texte numérisé non relu

IntroducUon, p. vij

Puis seconde période, lorsque proscrit « il cherche partout le repos qu'il ne trouve nulle part » ; et, là, inlerviennent des lettres conlidentielles échangées par David Hume et la comtesse de Bouftlers et celles du môme Hume à la marquise de Barbantane. La troisième période enfin, dans laquelle, reprenant son nom, il revient à Paris, puis « rentre dans l'obscurité qui convenait à ses goûts ».

Musset écrivant la vie de Rousseau de 1712 à 1778 adopte la forme d'un récit continu, au cours duquel des documents entiers sont insérés.

Ensuite, une innovation ; pour la période qui va de 1732 au 15 mars 1778, Touteur a l'ingénieuse idée de dresser un catalogue chronologique de toutes ses lettres, en indiquant le destinataire, marquant si elle est publiée — et où elle Test — ou si elle est inédite, en donnant les premiers mots et l'analyse détaillée. C'est encore aujourd'hui un répertoire d'une incontestable utilité.

La troisième partie de son ouvrage, par où s'ouvre le tome second du livre de Musset-

Pathay est plus originale encore. C'est un dictionnaire biographique classé par ordre alphabétique de tous ceux dont Rousseau parle ou qui ont été mêlés à sa vie et en relations avec lui. Des renvois indiquent la place des Confessions ou de la correspondance où sont cités les noms qui font Fobjet de ces biographies.

Ensuite, viennent une étude bibliographique des OEuvres de Rousseau et des livres ou brochures auxquels ses théories donnèrent lieu; un tableau chronologique des écrits de J.-J. Rousseau dans l'ordre où ils furent composés ; enfin, le texte des trentedeux lettres inédites du philosophe de 1740 à 1771.

L'ouvrage se termine par des additions et des éclaircissements aux différentes parties dont il se compose.

Comme on le voit, la conception d'une semblable publication est toute moderne et la méthode de l'auteur, bien en avance sur celles employées de son temps, assure à son œuvre une valeur et une durée bien supé-

rieures à celles de la moyenne des travaux de la Restauration.

Musset n'en resta pas là et Rousseau fut la matière principale sur laquelle il travailla.

Il reprit, en 18!23, pour Tédilion Lequien cette biographie et la condensa sous ce titre : Précis des circonstances de la vie de J.-J. Rousseau, depuis r&poque où il a terminé ses « Confessions » jusquà sa mort. De 1823 à 1823, il établit pour Dupont une nouvelle édition des œuvres de Rousseau en 20 volumes in-8° et publia encore, en 1824, une Réponse à la la lettre de M. de Girardin sur la mort de J.-J. Rousseau ; en 1825, les Œuvres inédites deJ.-J. Rousseau suivies d'un supplément à f histoire de sa vie et de ses ouvrages en 2 volumes in-8° et, en 1826, la Table générale des Œuvres, de Rousseau.

Un pareil effort, il le fit dans le temps qu'il demeura éloigné des fonctions publiques et qu'il était suspect. Il y avait une certaine hardiesse à entreprendre cette œuvre dans la période la plus sévère du gouvernement de Charles X. Son culte pour Rousseau le rendit

plus suspect encore et on fit retomber sur les siens les préventions dont il était l'objet.

Une note de sa main au ministre de la guerre explique que son fils, « Paul-Edme de Musset, fut rayé en 1823, par M. de Corbière des candidats admissibles à l'École polytechnique, parce que son père avait fait Fhistoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau ^ ». « Ce jeune homme, ajoute-t-il, rejeté d'une carrière qu'il ambitionnait de parcourir, entra chez un banquier dont il est devenu le premier commis. »

Victor de Musset fut même, jusqu'à un certain point, obligé de s'exiler et se réfugia en Belgique autant pour fuir certaines tracasseries que pour demander à la littérature et au journalisme les ressources nécessaires pour subvenir aux besoins de sa famille.

(( Mon pauvre mari est parti hier pour la Belgique, écrit M'"-^ Edmée de Musset à Grille, au lendemain des succès d'Alfred au concours

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