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général. .. 11 ne peut que gémir d'un exil cruel . » Ce qu'il fait à Bruxelles, c'est de cljercher quelles ressources le pays belge offrirait « dans l'hypothèse où l'ami Peyronnet viendrait avec des projets de répression de la presse nous couper les vivres ». « Je cherche, je furète, mande-t-il à son ami François Grille, pour savoir ce que vaudrait ce pays pour des gens comme nous. Hélas ! pas grand chose ! Tout le monde ici désire qu'on nous octroyé des lois vexatoires, et je ne vois d'autre motif que l'amour-propre et l'intérêt. Le premier consistera à faire dire que la Belgique avance et que la France recule. Le second paraît mal calculé, car je ne vois pas ce que les Belges gagneront à la clôture de nos imprimeries, si j'en juge d'après les produits qu'ils recueillent de leurs contrefaçons. »

Viennent ensuite des détails, qui ont leur intérêt, sur ce genre de commerce. Les Belges réimpriment tous les livres qu'on poursuit en France, et jamais au delà de mille : il les vendent moitié meilleur marché et n'épuisent leur édition qu'à la longue.

« On imprime ici à meilleur marché que chez nous. La contrefaçon des œuvres de Chateaubriand coûte 2 francs le volume et l'impression est jolie. Jugez, d'après cela, si l'on peut payer le travail d'un homme de lettres!... Quant à de nouvelles entreprises littéraires, telles que des journaux, il n'y faut pas songer. U y a dans cette ville des Français qui y travaillent ; ils y gagnent à peine leur vie. Ils sont là comme chez nous, repoussent les nouveaux venus, leurs articles, ou les rognent ou les défigurent. J'en ai fait une seule fois l'expérience et ne la recommencerai certainement pas. Le Constitutionnel d'ici est en guerre ouverte avec celui de Paris. 11 le traite de fourbe et de jésuite, sur les toits. Ce qui est à remarquer, c'est que ce sont des personnages très considérés qui tiennent ce langage. »

Grille n'était pas son seul correspondant, et de Bruxelles aussi, en 1828, il entretient avec Eugène de Montglave une très curieuse correspondance sur la politique comparée de la France et de la Belgique.

Les entreprises qu'il avait faites là-bas tournèrent mal. « Toutes les espérances que j'avais ici. écrit-il à Grille en 18:28, sont renversées. J'étais associé au plus fripon, au plus faux des hommes, et tout vient de se découvrir ; c'est ce qui me détermine à partir. » 11 ajoute, en se servant d'une expression qui parait lui avoir été familière et dont Alfred s'est souvenu, — et comment ! « Je compte aller dans une huitaine... vous donner un de ces serrements de main qui partent de ce qui bat sous la mamelle gauche. »

11 rentra à Paris et ce fut pour être réintégré au ministère de la guerre et collaborer au Messager des Chambres^ fondé par François Grille après le ministère Martignac.

M. de Musset était un homme d'ancien régime, « avec, comme le dit Grille, un peu de mollesse dans le style, un peu de légèreté dans ses mœurs, un peu d'aveuglement dans son enthousiasme » . Comme ceux de ce temps, il aimait à fréquenter les petites sociétés fermées qui se réunissaient au cabaret, et celle où il était agrégé tenait « ses agapes » chez

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le suisse du Louvre, qui donnait à manger comme le suisse du Palais-Royal. Là il dînait toutes les semaines avec Ballanche, l'ami de M'"' Récamier, et qui resta lié avec M. de Musset toute sa vie, avec Beuchot, l'éditeur de Voltaire, le fondateur de la Bibliographie de la France^ avec Pétros, avec Goujon, le mathématicien.

Comme les auteurs d'ancien régime, il cultiva tous les genres, et ne craignit ni l'allusion, ni le symbole. Dans cet ordre d'idées, et aussi en histoire, Victor de Musset a beaucoup écrit.

Son premier ouvrage date de 1798 et parut chez la veuve Panckoucke avec cette épigraphe tirée des Essais de Pope :

For form of government lel fools content Whateoer is best administred is the best.

Cet ouvrage porte ce titre obscur : L'Anglais cosmopolite ou Voyage de milord Laugher^ par V.-D, Musset-Pathay (de Vendôme). C'est un roman, ou mieux une fiction, qui traite, grâce à un voyage imaginaire, en 286 pages

in-1^', de toutes les questions de politique, de sociologie, d'histoire et de science que les préoccupations de l'époque pouvaient soulever. C'est, en somme, assez confus.

Du même ordre est la Cabane mystérieuse^ qui parut en 1799.

Puis, voici un voyage apologétique : Yoyage en Suisse et en Italie à la suite de r armée de réserve, 1800 ; ensuite, c'est de l'histoire, une traduction de Goldsmith : Abrégé de r histoire grecque, 1801, et Abrégé de r histoire romaine; la Vie militaire et privée de Henri IV d'après ses lettres inédites, 1805, et un ouvrage en collaboration dont il n'écrivit que la préface. Les généraux du génie, Marescot, Dejean, Poitevin, lui avaient communiqué leurs souvenirs de guerre. Musset les réunit en un volume sous ce titre : Relation des principaux sièges faits et contenus en Europe par les armées françaises depuis 179'2, Paris, 1806, L'ouvrage, où Moreau était jugé avec beaucoup de bienveillance, fut, dit-on, inter-

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