‹ Les ancêtres d'Alfred de MussetChapitre 7 sur 51 · Arcli. Min. de la (iucrre · texte numérisé non relu

Arcli. Min. de la (iucrre

politique. » Il avait eu le tort d'autoriser le libre exercice de la religion réformée.

Malgré cela, le roi, le 22 novembre, lui octroya une pension de i 500 livres, sur Tordre de Saint-Louis S outre les 1 200 livres de pension, dont il jouissait sur le trésor royal. Le maréchal de Saxe, le 2 octobre, Tavait pourvu de la charge de lieutenant du roi à Nivelle. Il y passa l'hiver. En 1748, il rentra en campagne et coopéra bravement à la prise de Maëstricht, qu'il commanda ensuite pour le roi.

Ce fut la fin de sa carrière active. En mars 1754, on le voit lieutenant pour le roi à la Rochelle et dans le gouvernement d'Aunis; après quelques années d'exercice, il ne tarda pas à se retirer à Mazangé où il

1 . Voici le texte du bon du roi le concernant (Archives de la Guerre).

27 octobre 1747. On propose au Roy d'accorder une pension de quinze cens livres dans l'ordre g militaire de Saint-Louis à M. de Bonnavenlure,

brigadier des armées, lieutenant-colonel du régiment d'infanterie de Chartres, au lieu de celle de 800 livres qu'il a déjà dans ledit ordre.

mourut le 8 janvier 1761, sans s'être mariée Ses deux frères, puînés, servirent plus obscurément, dans le même régiment que lui. Louis-François de Musset, seigneur de Boulon, né h la Bonne-Aventure le 20 avril 1690 fut capitaine dans Chartres infanterie, épousa, en 1723, Thérèse-Pélagie Potrisel et trépassa h Chesles, près d'Issoudun, sans postérité.

Olivier-Pierre-César né aussi à la Bonne- Aventure, le 2 mars 1692, sous-lieutenant au régiment de Chartres le l*"" avril 1710, capitaine au régiment d'Etampes le 30 octobre 1718, fut blessé d'un coup de feu à la poitrine

1. Pinard, chronologie historique militaire, t. VIII, s. yo Bonnaventure, p. 434, résume ainsi sa carrière : « Il servit à l'armée de Bavière en 1703, à la bataille d'Hochstedt en 1704, à l'armée du Rhin en 1705, au secours du fort Louis; à la prise de Drusenheim. de Lauterbourg et de l'îsle du Marquisat en 1709, en Flandi'e en 1710, à Tarmée du Rhin en 1711 et 12, aux sièges de Landau et de Fribourg en 1713, à ceux de Fontarabie, de Saint-Sébastien, d'L'rgel en 1719, au camp delà Sambre en 1727 et à toutes les expéditions de l'armée d'Italie, aux batailles de Parme et de Guastalle, de 1733 à 1736, à l'armée de Flandre en 1742, à la bataille de Dettingen en 1743, aux sièges de Menin, d'Vpre, de Furnes et au camp de Courtrai en 17ii, à la bataille de Fonlenoy. aux sièges de Tournnj, de Dendermonde et d'Ath en 1745 ».

LES ANCÊTRES d'aLFRED DE MISSET 45

au siège de Fribourg. On pansa cette mousquetade par une pension de 600 livres sur Textraordinaire des guerres, par le ruban de commandeur de l'ordre du Mont-Carmel et de Saint-Lazare et par la croix de Saint-Louis. Il mourut àChàteaudunen 1766. Il avait épousé le 3 janvier 17-2-2 Jeanne-Batiste de Pelsaire, fille de Jean-Jacques de Pelsaire, ancien commissaire de la marine et de Florentine Darguin.

Trois filles naquirent de cette union : Louise de Musset, née le 29 octobre 1725, reçue à Saint-Cyr le 9 août 1734, puis mariée à Jérôme de Villecour; Jeanne-Madeleine, admise aussi à Saint-Cyr, qui épousa Alexandre d'Alet ; et, Marie-Anne, morte non mariée à Chàteaudun en octobre 1804.

Charles-Antoine de Musset l'aîné de cette génération débuta dans la carrière des armes comme lieutenant à Royal infanterie (21 juin 1694), puis passa dans la cavalerie et fut capitaine de dragons du régiment de Lau- Irec. Il épousa, le 3 septembre 1707, Margue-

rite-Angélique du Bellay, fille de François du Bellay, gouverneur de Vendôme et de Marie du Tillet. Par là il attachait sa maison aux plus illustres familles de la diplomatie des lettres et du Parlement; par là aussi, il mit du vrai sang de poète dans les veines d'Alfred de Musset.

Charles Antoine mourut à la Bonne-Aventure le !27 novembre 1732.

De son mariage plusieurs enfants lui naquirent, dont trois fils, Louis-François, d'où sortit la branche des marquis de Cogners ; Joseph -Alexandre qui continua celle des Musset-Palhay ; Edme-Boniface qui fut l'auteur des Musset-Signac.

Ce dernier, né à la Bonne-Aventure le l!2 janvier 1711, lieutenant en second au régiment de Chartres (P^'janvier 173i), enseigne de la compagnie colonelle le 31 octobre, mourut à Belle-Isle en mer, le 10 juin 1741.

Louis-François vit le jour à la Bonne- Aventure le 16 janvier 1709. Cadet au régiment de Chartres en 1720, enseigne de la colonelle le 10 février 1723, capitaine, le

13 novembre I73!i sur résignation de son oncle, il devint, dans le môme corps, lieutenant de la compagnie colonelle le 6 juin 1745 ; puis, il passa capitaine de Grenadiers le 13 mai 1748. 11 se retira du service le 29 mars 1758 avec la croix de Saint-Louis, obtenue en 1744, et une pension de 600 livres et mourut au château de Cogners, qui lui était venu de ses alliances, le 14 février 1771. 11 s'était marié deux fois. Une première fois, le 7 février 1746 avec Claude-Angélique de xMenou, de qui il eut Charles-Louis de Musset mort le 11 février 1750 ; une seconde fois avec sa cousine-germaine Suzanne-Angélique du Tillet née le 4 janvier \1±2, morte à Vendôme en septembre I79i2. 11 eut de ce second mariage quatre enfants : deux fils, Louis- Alexandre-Marie, qui continua labranchedes Cogners ; Charles-Joseph-Louis qui continua celle des Signac ; deux filles : Marie-Louise- Ilenriette morte religieuse au couvent des Bénédictines du Château-du-Loirle !24 décembre 1770 et Jeanne-Françoise-Bonne, décédée fille, le 26 mai 1809.

Les Musset-Signac sont représentés par Charles-Joseph-Louis qui naquit le 25 novembre 1760. Page de la petite écurie en janvier 1776, sous-lieutenant au régiment de Chartres, en 1778, émigra en 1792, fit la campagne de cette année dans Farmée des princes, fut nommé major dans l'armée des royalistes de l'Ouest et périt en Bretagne le 20 février 1796.

De son mariage avec Marie-Emilie Compaignon de Flosville (mariée en 1788, morte en 1798) il eut Louis-Almire, mort en 1791 ; Adolphe-Louis et Emilie. Adolphe-Louis par qui se poursuit la descendance, naquit à Vendôme en septembre 1791 et épousa le 7 juillet 1814 Marie-Ursule-Caroline de Solligny.

Voici maintenant Fascendance directe du poète : les Musset-Pathay.

Joseph-Alexandre de Musset-Pathay naquit à Mazangé en avril 1719'. Lieutenant en

1 . Son acte de baptême qui est aux Archives de la Guerre est ainsi libellé :

second au régiment de Chartres infanterie le 30 janvier 1735 : enseigne de la colonelle le !2^ février 1737, lieutenant le 12 décembre, lieutenant de la compagnie colonelle le :2 janvier 1744, capitaine le 8 juin 1745 et pourvu d'une compagnie le 27 mai 1746, il fut nommé chevalier de Saint-Louis le 6 novembre 1747. passa aide-major le 13 mai 1748, revint au commandement d'une compagnie le 2 mai 1751, major le 7 juillet 1758, il se retira^ le 19 février 1766 avec une pension

Extrait des registres de baptême de l'Eglise de Mazangé pour l'an 1119.

Le merci'edy quatricsme avril mil sept cens dix-neuf a esté par moy curé de Mazangé, soussigné, baptisé Joseph-Alexandre, fils du légilimc mariage de messire Charles-Antoine de Musset, chevalier, seigneur de la Bonne-Aventure et de dame Marguerite-Angélique du Bellay son père et mère de cette paroisse. Le parrain, messire Louis-François de Musset, chevalier, capitaine au régiment d'infanterie de Chartres, la maraine, dame JMagdeleine-Catherine de Renty, femme de messire Louis-François du Bellay, chevalier, seigneur de Drouilly.

Présent ledit seigneur de Musset père, qui a signé avec nous le présent acte.

C. DE Renty-Droullv, L. F. DE Mlsset, de MrSSET. J'i. S0LCHA.V.

1. La lettre radmeltant à la retraite est formulée de la sorte :

Vcrsaillps, le 24 février 1706.

Je viens. Monsieur, de rendre compte au Roy de la distinction de vos services et des motifs de mauvaise santé qui ne vous permet plus de les continuer. Sa Majesté a bien voulu y

de mille livres, après avoir pris part aux combats de la guerre de Flandre. Il mourut à Vendôme le 20 octobre 1799 r28 vendémiaire an VIII). De son mariage avec Jeanne- Catherine de Besnard d'Harville (26 novembre lTo4) il eut deux fils et une fille. Charles- Henri de Musset-Pathay, né à la Vaudourière en 1755, chevalier novice de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel fut capitaine au régiment de Bresse. Auparavant, il avait été sous-lieutenant dans le régiment d'Auvergne en 1769, lieutenant en 1773 et capitaine à la suite en 1778. En 1780, il demande un commandement actif et le comte de Langeron qui l'inspecte, le note en ces termes : « Jeune, a du zèle, de l'instruction, désire être placé. » Il émigra à la Révolution et fut tué à Oberkamlach, en Souabe le 13 aoirt 1796, servant dans un corps de l'armée de Condé. Le puîné,

avoir égard, et vous accorder des appoinlcuicnts de retraite de mille livres.

Je vous en donne avis et suis, Monsieur, voire très humble et très obéissant serviteur.

Le duc de CiioisEUL.

ISI. Musset de Patay major, Chartres, infanterie.

Archives de la Guerre.

Victor-Donatien fut le père de Musset. La fille reçut le nom de Marie-Madeleine-Catherine. Elle entra à Saint-Cyr et fut nommée en 1789 chanoinesse du chapitre noble de Troarnen-Bayeux.

Le Dunois, le Vendômois, le Blésois, Marchenoir, Blois, Vendôme, la Courtoisie, la Bonne-Aventure ; voilà le cercle étroit où naquit, grandit, se développa la famille qui devait produire Tinimitable poète.

Cette longue lignée d'aïeux n'est qu'une nomenclature, nous ne les connaissons pas ; rien autre sur eux que les dates, jalonnant les étapes de leurs carrières, de leurs services, de leur vie de juristes ou de soldats. Des noms, des chiffres, rien qui vive ; deux points cependant : ce momentané passage de la famille au protestantisme avec l'alliance Bazin au commencement du xvn^ siècle et la silhouette de soldat de métier de ce Monsieur de Bonnaventure, ne voyant rien que son régiment et à qui sa mâchoire cassée devait donner une étrange et dure physionomie.

Mais par-dessus tout, un fait : notre poète est de souche française, de la race née de ces Carnutes qui, au temps de César, étaient les dépositaires pieux des traditions mystiques des Druides, de la race qui partage avec les Tourangeaux, la gloire d'avoir été, à travers les siècles, les fidèles gardiens de la vraie langue et de la vraie prononciation françaises.

Et ce fait est de toute conséquence.

^?s»i»s»te<i;,^

Page 1