‹ Les ancêtres d'Alfred de MussetChapitre 9 sur 51 · Renseignements donnés par M. le marquis de Beauchesne · texte numérisé non relu

Renseignements donnés par M. le marquis de Beauchesne

Madeleine de Musset, elle aussi, avait rompu avec Téglise. Elle s'éprit de Tami de son frère et le 5 germinal an 11, à 7 heures du soir à Vendôme, à l'âge de 34 ans (étant née le

29 avril 1760), elle épousa F*aul Rodrigue, fils de Michel Rodrigue, négociant à La Rochelle, prêtre oratorien défroqué.

Marie-Madeleine, devenue M™^ Rodrigue, racheta le hien familial à Gilles Doliveux le

30 nivôse an X (24 janvier 1802). Mais deux mois avant, son ménage avait craqué : un divorce par consentement mutuel intervint entre les époux Rodrigue le 9 brumaire an X. Rodrigue garda la Ronne-Aventure. Le 21 septembre 1809 il la céda à Victor-Donatien de Musset, pour les 20 000 livres payables aux héritiers de Ronne de Musset se réservant l'usufruit du bien sa vie durant et la vie durant de son ancienne femme, qui ne devait mourir à Tours que le 12 septembre 1847. Quelques mois avant sa mort, le 31 mars, elle consentit à annuler cette condition et, avec sa participation, la veuve et les enfants de Victor-Donatien, Alfred, Paul et

Hermine, aliénèrent la Bonne-Aventure à Gervais-Hippolyte Renard, régisseur de biens pour cent dix mille francs.

Victor vécut dans le Yendômois pendant les années sombres de la Révolution.

La Terreur arriva; le 1*^' brumaire an 11 Cii^ octobre 1793), les membres du comité révolutionnaire de Blois, en vertu d'une délibération du même jour, du comité de surveillance du département, mirent en état d'arrestation, comme « violemment suspectes d'incivisme » « la fille Pâté, ex-chanoinesse ». (C'est la sœur de Victor, Marie-Madeleine- Catherine, chanoinesse du chapitre noble de Troarn-en-Bayeux, qui n'était pas encore mariée, « la femme Mussey, dite Sainte- Orsemaine ». (C'est la femme du marquis de Cogners.)

Cet ordre venait à la suite d'une dénonciation du comité de surveillance de Vendôme. Par prudence, le comité de Blois accompagna son ordre d'arrestation d'une demande sollicitant les motifs de la dénonciation a la nature de la suspicion d'incivisme qui s'élève

contre elles » et prescrivant « une perquisition exacte dans tous leurs papiers ; de mettre les scellés sur ceux qui leur paraîtraient coupables ou suspects et de les envoyer au comité » \ Auparavant une perquisition avait eu lieu, faite par les officiers municipaux de Vendôme, « faubourg de l'Union » dans le but de mettre le séquestre sur les biens de la famille. La réponse fut telle que le comité, par décision du i23 frimaire an II (13 décembre 1793) envoya à « la maison nationale de Pontlevoy », « Pâté et sa sœur ^) ; c'est Victor et la clianoinesse ; et, par arrêté du 9 brumaire an [[ (30 octobre 1793) « à la maison des ci-devant carmélites de Blois », « Pathay père », à qui on a refusé un certificat de civisme.

Ni les uns ni les autres ne périrent pendant la Révolution. Victor de Musset- Pathay fut relâché après un jour de détention « par un arrêté du comité révolutionnaire de sur-

1. Archives départementales du Loir-et-Cher, L. 1971, 2045. Renseignements fournis par M. l'archiviste Trouillard.

veillance du département de Loir-et-Cher du !24 frimaire » (14 décembre), et le commissaire Ghappotin lui signifia, le 2 nivôse an II (le 2:2 décembre) « de sortir de la maison d'arrêt et lui en a fait ouvrir les portes ».

Ils devaient, les uns et les autres s'estimer heureux de s'en tirer à si bon compte, car ils étaient père, frère et sœur d'émigrés, Charles servant dans l'armée des princes. Si la liberté leur fut rendue, le séquestre de leurs biens fut maintenu. C'est en vain qu'Alexandre de Musset-Pathay fit au département de Loir-et- Cher, une pétition tendant à la levée de ce séquestre ; c'est en vain, que, chargeant son fils aîné, il déclare « qu'il ignore absolument le lieu qu'habitait son fils... qu'il est de notoriété publique que depuis le mois d'avril 1788, son fils a quitté la maison paternelle, qu'il n'y est pas rentré depuis, parce que l'exposant lui en avait interdit l'entrée, à cause de sa mauvaise conduite ; qu'il a su seulement, il y a deux ans que son fils était en Corse, avec le régiment de Bresse » ; le séquestre fut maintenu.

Jusqu'à la veille de sa mort, Musset-Patliay fut inquiété et en Tan VII on perquisitionne encore chez lui^

Le 1"' ventôse an II (19 février 1794), on îie sait grâce à quelles protections, Victor de Musset fut nommé « chef du secrétariat général du bureau central des commissaires ordonnateurs et des guerres de l'armée de rOuest ». Il demeura dans ce poste jusqu'au

20 thermidor an II (7 août).

Le directeur général des hospices de rOuest, Lamors, l'avait, le 8 thermidor, nommé agent des hospices militaires à l'hôpital de Marmoutiers, près de Tours. Le

21 thermidor, il prit son service et occupa cette fonction jusqu'au 1" messidor an 111 (19 juin 179oj.

Les deux directeurs sous lesquels il servit, Fun Veilhan, certifia, le 30 fructidor an II « qu'il travaille avec zèle et intelligence, et, qu'en outre, ses opinions sont celles d'un bon républicain et que son civisme ne laisse

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