ACTUELLE
Elephas a/rieanus. EUphas ,
Quaternaire
Pliocène
Miocène supérîeur
Mastodon\
arvemensis
de Perrier, du
Norfolk.
MastodonJ americanus de rOhio.
de
EUphas ' africanus San Teodoro
(Sicile)
Elepbas priscus
de la vallée de
la Tamise.
Kl
fi
Lu
tt
E o ai
M lA
Elepbas planifrons des monts Siwalik.
Ehphas antiquus de Chelles.
Elepbas antiquus du forest-bed du Norfolk.
Elepbas
uomaJicus
de la Narbada.
Elepbas hysuiiricus des monts Siwalik
Elepbas
homhifrons
des
monts Siwalik.
Mastodon Pendelici de Pikermi.
Mastodon longirostris d'Eppelsheim.
Mastodon turi-
censis
de Pikermi.
Elepbas ganesa des monts Siwalik.
Elepbas Cliftii (Mastodon suivant M. Clift)
d'Ava, des monts Siwalik.
Mastodon latidens d'Ava.
Miocène 1
MOYEN
l Mastodon angustidens de Sansan, Mastodon turicensis de Zurich et de Pont-Levoy.
Mastodon pyrena'cus de l'Orléanais, de la Haute-Garonne.
^ Il se peut qu'une partie des espèces américaines que je place dans le terrain quaternaire se rapporte au terrain pliocène,
2 Suivant M. Lydekker, la couche à ossements de la Narbada sont quaternaires et celles des Siwalik sontpliocènes.
3 Cette espèce présente un curieux exemple de lente modification ; car à son début, c'est-à-dire dans le crag, ses molaires ont les digitations d'émail
On rencontre à Pikermi les débris d'un Quadrupède encore plus imposant que les Mastodontes : c'est le D/«otherium (fig. 34). Le crâne d'un Dinotherium fut déterré en 1836 ; on l'apporta à Paris, et il fut exposé rue Neuve-Vivienne. Chacun voulut le voir; on admirait ses proportions colossales, et Ton se perdait en conjectures sur ses défenses qui se courbent vers le sol, au lieu de se tourner vers le ciel, comme chez les autres animaux. On ne connaissait pas les os de ses membres, par conséquent on ne savait à quel ordre le rattacher. De Blainville, Strauss, Buckland, naturalistes éminents, le rangèrent parmi les animaux aquatiques. Lartet fu.t presque seul à prétendre que ce devait être un animal terrestre, plus voisin des Eléphants que de toute autre espèce. J'ai trouvé des os des membres qui paraissent devoir être rapportés au Dinotherium; leur examen a confirmé les ingénieuses prévisions de Lartet. Un de ces os, le tibia, est long de i mètre. J'ai cherché à évaluer quelle
de leurs collines assez massives et assez distinctes pour avoir pu, au dire de Falconer, être attribuées à un Mastodonte; quand on la suit dans le forestbed du Norfolk, on la voit donner lieu à cette observation du Révérend Gunn : « Il y a une différence marquée entre les dents trouvées dans les lits plus anciens et celles des lits plus récents. Le caractère mastodontique des collines est diminué ; l'émail est plus fin, moins rugueux. » Outre ces variations, M. Gunn a bien voulu me montrer dans sa belle collection d'Irstead, près de Norwich, une molaire large comme celle de VElephas vieridionalis avec des lames qui rappellent VElephas antiquus, et une autre molaire où les lames aussi épaisses que dans aucun Elepbas meridionalis, sont aussi serrées les unes contre les autres que dans VElephas primigenius. Réciproquement, il y a dans le musée de Norwich une molaire qui a ses lames minces comme dans VElephas primigenius^ et cependant très écartées Ie:> unes des autres.
pouvait être la taille du Dinotherium, en me basant s. les dimensions des pièces que j'ai recueillies. D'apr
mes calculs, il aurait eu 4'",|50 de hauteur au garrot. Pour donner des termes de comparaison, je dirai que le Muséum possède plusieurs squelettes d'Eléphants de l'époque actuelle, et que le plus fort de ces
squelettes n'a que 2™, 75. Le Muséum renferme aussi un squelette de Mastodonte qui a été remonté ; il n'a que 2™, 40. Ces chiffres prouvent combien le Dinotheritim était gigantesque; c'est le plus grand des êtres qui ont vécu sur la terre Jerme.
Si les membres que j'ai attribués au Dinotberium appartiennent à cet animal, il a formé un lien entre des Mammifères bien distincts de nos jours, puisque son crâne rappelle surtout les Lamantins, tandis que ses membres annoncent un Proboscidien.
Quant aux espèces que l'on a instituées dans le genre Dinotberium, malgré des variations de taille qui vont du simple au double, Kaup a dit qu'elles passaient les unes aux autres, et il a proposé de les réunir.
4* Les Pachydermes. — Les Pachydermes du genre Rhinocéros offrent aussi des passages intéressants, lis comprennent trois types : celui sans grandes incisives, celui à grandes incisives, celui à narines cloisonnées. Une des espèces de Pikermi établit un intermédiaire entre les formes du premier type, puisqu'elle ressemble par son crâne au Rhinocéros bicorne, par ses membres au Rhinocéros camus (sauf des différences extrêmement légères) ; une seconde espèce de Grèce a des rapports frappants avec le Rhinocéros de Sumatra, représentant du second type ; en outre, dans les espèces fossiles, le développement des incisives varie de manière à consti-
Albbrt Gaudrx, Ane. de nos Anim. <)
-■ ï^.ir^y*.*
tuer des transitions entre les deux premiers types ^ Quant au troisième type, celui à narines cloisonnées, on le crut d'abord bien tranché ; mais on est parvenu à découvrir en Angleterre, en France et en Italie des Rhinocéros à demi-cloison sous le nez, marquant un passage de ceux qui ont une cloison complète à ceux qui en sont dépourvus. Ainsi, les espèces de Rhinocéros, comme les espèces de Mastodontes, se lient entre elles ; et, de rnême que les Mastodontes se rapprochent des Eléphants, les Rhinocéros se rapprochent de genres qui en paraissaient très différents, tels que YAcerotherium, le Palœotherium, le Paloplotherium, On se rendra compte de ces rapports en étudiant le tableau suivant où j'ai joint aux Rhinocéros quelques-uns des animaux qui les ont précédés :
A On en peut donner la démonstration en réunissant les croquis des mâchoires inférieures du Rhinocéros bicornis adulte, du Rhinocéros bicornis jeune, du Rhinocéros me^arhinus de Montpellier, du Rhinocéros pacbygnathus, du Rhinocéros de Randan, du Rhinocéros platyrhinus, de V Acerotherium d'Eppelsheim et de ' Acerotherium de Pikermi.
tja PIKERMl
Rien ne se ressemble moins, en apparence, qu'un animal dont le nez est surmonté d'une corne et celui qui est muni d'une trompe : car, chez le premier, il faut que les os du nez se développent assez pour supporter la corne ; au contraire, cliez le second, les os du nez doivent se rapetisser pour laisser passer la trompe.
; p-tl.. «pophyst posi-i
Or, voici le crâne du /'jtoo/fe/itfm(fig. 35), un des Quadrupèdes dont la restauration a été due au génie de Cuvier; on voit que les os du nez sont très petits; ils le sont tellement, qu'à leur seule inspection, Cuvier a supposé l'existence d'une trompe analogue à celle du Tapir.
Pissons 3l\' ylcerolherium (fig. 36), genre d'une origine un peu plus récente que le Palœotherium ; les os du nez se sont assez allongés pour qu'il n'y ait plus de place
l'IKERMI 135
pour une trompe, mais pas. assez pour qu'ils aient pu soutenir une corne'.
Continuons à descendre le cours des siècles géologiques; nous rencontrons un des Riiinocéros dont les
restes sont enfouis à Pikermi ; chez cette espèce, les os du nez se sont épaissis de manière à supporter une corne (fig. 37).
Avançons toujours dans la série des âges ; voici un Rhinocéros (fig. }S), où les os du nez sont non seulement épaissis, mais sont fortifiés par une demi-cloison qui s'est étendue au-dessous d'eux.
Enfin, arrivons à l'époque quaternaire ; nous contem-
pions le Rhinocéros appelé Rhinocéros à narines cloisi nées, qui fut contemporain de nos premiers aïeux, peut-être fut acteur dans ce drame sublime où l'Homn faible, nu, avec un simple caillou dans la main, affror et vainquit les monstres des temps géologiques, l bien ! il n'a pas seulement une demi-cloison ; il a ui cloison entière, de sorte que sa corne reposait sur u. base d'une solidité à toute épreuve.
5° Les Sangliers. — M. Rùtimeyer a fait observer que l'on admet dans une même espèce, chez les Sangliers vivants, des variations égales à celles qui sont appelées spécifiques chez d'autres animaux. 11 est impossible de rien affirmer sur les Sangliers fossiles, attendu qu'ils ont été classés d'après des matériaux très insuffisants ; on peut dire seulement que les espèces actuelles ont été précédées par une multitude d'animaux auxquels on a donné des noms distincts, et qui se lient tellement par la dentition que, si leurs autres caractères présentent les mêmes passages, il deviendra très difficile de discerner ce qui est espèce et ce qui est variété.
Le Sanglier de TAttique nommé Sus erymanthius est l'espèce fossile dont on possède aujourd'hui le plus d'exemplaires ; c'est un type intermédiaire. Dans le tableau suivant, j'ai groupé quelques espèces de Suidés d'après l'ordre géologique :
Epoqpb actuelle
QPATBKMAlRB
Pliocène
Miocène supérieur
Miocène
MOYEN
Miocène inférieur
Miocène .
l£ plus infé- RIEUR
EOCÈNB SUPÉRIEUR
Sus larvatus
Stu scro/a de Madagascar. Dicotyjes labia-
d'Europe,d'Asie, | tus et torquatus
du Nord de Sus ptuiciUatus «*« l'Amérique
l'Afrique.
d'Afrique.
d«t Sud.
Dicotyles des cavernes du Sus scrofa Sus priscus Brésil et de
du diluvium. de Lunel-Vieil. rillinois.
Sus arvernetisis de Perrier.
Sus proqincialis de Montpellier.
Merycopotamus
dissimilis
des Siwalik.
Antbracotber.
hippoideum de
Suisse.
Antbracotber.
onoiJeum de l'Orléanais.
Antbracotber .
magnum de Cadibona.
Antbracotber.
alsatiutn
de Lobsann.
Sus major du Léberon.
Stu erymantbiut de Tikermi.
Sus paixocbarus et antiquus d'Eppelshéim.
Sus Lockarti d'Avaray.
Hyotberium Scemmeringi d'Eibiswald.
PaloMcbarus sui.'lus
de l'Orléanais
Cbceromorus de Sansan.
Palarocbofrus
tyPtis de l'Allier.
Hyopotamus
veîaunus de Ronzon.
Rbagatberium
valJense
du canton de
Vaud.
EnteJodon
Mort oui
du Nebraska.
EnteloJo:i
magnum
de Ronzon.
Cebocbarus
minor du Quercy.
Cbœropotamus parisiensis de Montmartre.
6** LesSolipèdes. — Avant la découverte desHipparions, le genre Cheval était isolé dans la nature actuelle, et on avait créé pour lui l'ordre des Solipèdes, caractérisé par la présence d'un seul doigt à chaque pied. Les Hipparions, qui ont des petits doigts latéraux semblables à ceux des Anchiterium, ont perniis de rattacher Tordre des Solipèdes à celui des Pachydermes ; les remarques de Gurlt, Hensel, Joly, Lavocat, etc., ont montré que les caractères des pieds des Hipparions réapparaissaient téralotogiquement sur les pieds des Chevaux. J*ai recueilli un nombre immense d'os d'Hipparions, et cela ma fourni l'occasion de constater dans une même espèce des variétés tellement marquées que sans doute elles seraient considérées comme des espèces distinctes, si je ne possédais pas les intermédiaires entre les formes extrêmes. En même temps, j'ai vu que certains Hipparions du Vaucluse,
de l'Allemagne, de l'Inde se rapprochaient assez des variétés de Pikermi pourfaire supposer une communauté d'origine, et que cependant la plupart des individus se distinguaient dans le Vaucluse par des os plus minces, dans l'Inde par une plus haute stature, en Allemagne par un ensemble plus fort et par des molaires à émail plus plissé : ceci donnerait à penser que l'Auteur de la nature tira d'une même origine les Hipparions que nous venons de nommer, et traça sur eux quelques traits particuliers, selon qu'il les conduisit en France, en Allemagne ou dans l'Inde.
Comme les Hipparions, les Chevaux fossiles ont été partagés en plusieurs espèces dont la délimitation est très difficile. Marcel de Serres, qui a fait une étude spéciale des variétés du terrain quaternaire, s'est exprimé ainsi: « A l'époque des dépôts diluviens, soit dans l'intérieur des cavités souterraines, soit à la surface du sol, les Chevaux avaient été modifiés au point de présenter des races distinctes et assez diversifiées. » Si ces races étaient naturelles, ce serait un fait bien grave en faveur de la variabilité des formes fossiles ; mais Marcel de Serres a supposé qu'elles étaient le résultat de l'action des premiers Hommes; c'est là un important sujet à éclaircir.
Je vais donner la liste de quelques Equidés rangés selon l'ordre géologique. Je n'ai pu y comprendre les genres et les espèces cites par M. Leidy dans le terrain pliocène du Niobrara, parce que je les connais trop imparfaitement; d'après ce qu'en a déjà publié ce savant naturaliste, il n'est pas douteux qu'ils soient d'un grand intérêt au point de vue de l'étude des formes intermédiaires * .
* Jai laissé provisoirement dans le terrain pliocène les Mammifères trouvés dans le red crag du Suflfolk ; mais, suivant M. Lankester, la plupart des fossiles du red crag proviendraient de terrains plus anciens. Les dents d'Hipparion de Woodbridge, que j'ai vues au British Muséum, semblent avoir été roulées.
Épo<3UE ^