‹ Les ancêtres de nos animaux dans les temps géologiquesChapitre 16 sur 34 · II. Divisions de la Grèce eu petits Etats · texte numérisé non relu

II. Divisions de la Grèce eu petits Etats

Dans aucun temps et dans aucun pays de l'Europe, o; n'a vu un coin de terre aussi étroit que la Grèce renferme^=r autant de peuples ayant leur génie propre et aspirant à une existence indépendante. Ces divisions de peuplt — =s sont résultées principalement de la disposition orogn phique du pays ; les chaînes sont peu considérables mais très multipliées; en se croisant, elles ont lais^^^ entre elles de grandes vallées ou des plaines, qui, s^^^ trouvant isolées, sont devenues le centre d'Etats distinct* Ainsi les peuples de Thèbes, d'Athènes, de Corinth( d'Argos, de Sparte, ont été, malgré leur extrême rapprc:^chement, séparés les uns des autres; les montagnes qUi' les entourent ont formé des barrières qu'un peti^ nombre de soldats énergiques pouvait défendre; gêné-

ralement stériles, elles ont établi entre les terres arables des limites naturelles, que les cultivateurs n'étaient pas intéressés à violer.

Les guerres et le commerce maritime agrandirent successivement les relations de la plupart des nations grecques, particulièrement de la nation athénienne : cependant l'influence du réseau des montagnes de la Grèce sur sa séparation en peuplades distinctes est si réelle qu'aujourd'hui encore les descendants de ces peuplades ont peu de relations les uns avec les autres : Delphes ne se doute guère des événements d'Argos; Thèbesa été renversée par un tremblement de terre sans que les habitants de Sparte en aient eu connaissance. Cette difficulté des communications retarde la marche de la civilisation; elle oppose des obstacles à la destruction du brigandage, et rendra coûteux l'établissement des chemins de fer.

On conçoit que des Hommes forcés de tirer leur richesse de régions très limitées, n'ayant pas d'espérance de s'étendre beaucoup au delà, durent s'y attacher de tout leur pouvoir; de là résulta le patriotisme ardent des citoyens de chacun des petits Etats ; de là aussi résulta un caractère spécial approprié à la nature des pays : Corinthe et Sicyone, situées entre deux mers, dans une contrée où l'alternance des terres et des eaux forme les plus délicieux paysages, excellèrent dans la peinture. Les Béotiens, cultivateurs des terres grasses qui bordent le

Albert Gaudry, Ane. de nos anim. ;2

Copaïs, passèrent pour être lourds et épais. Sparte, isolée au bas des montagnes du Taygète, conserva dans les temps anciens et modernes des mœurs sauvages. Athènes, dans son génie, eut quelque chose de mobile comme la poussière de son sol desséché, quelque chose de divin comme la beauté des chaînes de marbre qui l'entourent.

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