LA TROMPETTE MARINE
Nous ne pouvons quitter les vièles à archet sans dire un mot de la trompette marine, qui n'était pas, comme son nom pourrait le faire supposer, une conque sonore dans laquelle il n'y avait qu'à souffler; mais un monocorde à archet, qu'il ne faut pas confondre avec le monocorde scolaire, car il s'agit bien ici d'un instrument de musique, et non d'un appareil de physique propre à étudier les rapports mathématiques des sons.
On a déjà vu que la lyra était aussi un monocorde à archet. Celui qui donna naissance à la trompette marine avait un(^ forme différente; il fut très usité durant le Moyen Age, et sonvc^nt cité dans les anciennes poésies.
108 LES ANClVrRFS OTT VIOLON
Symphonies, psaliérions, Monocordes, cymbes, cliorons.
{Boman de Brul.)
N'orguc, harpe ne chyibnie, Rôle, vielle et armonie, Saulier, cymbale et tympanon Monocorde, lire et coron, Ice son li XII instruments Que il sonna si doucement.
{Esloire de Troie la Granl.)
Guillaume de Machault nous dit, dans la Prise cT Alexandrie :
Buisincs, eles, monocorde
Où il n'a qu'une seule corde.
Et dans Z/i temps pas tour :
Eles, fretiaux et monocorde, Qui à tous instrumens s'accorde.
On lit aussi dans Fadet joglar^ de Giraud de Calençon :
Manicorda Una corda.
Du Gange cite également la désignation de « monoscorde, où il n'a c'ûne seule corde ^ >^.
En Allemagne, où cet instrument était aussi très répandu, il portait le nom de tympani-schiza. Voici la description qu'en donne Prsetorius :
(( Les Allemands, les Français et les habitants des Pays- Bas emploient un instrument qu'ils appellent tympani-schiza, et qui se compose de trois petites planches très minces, jointes grossièrement sous la forme d'une pyramide triangulaire très allongée. Sur la planchette supérieure, autre-