I. Etat de lu poésie, déjà cité
■l. L'auteur rie ce roman l'a dédié à Marin, comtesse de Ponthieu. fille unique
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n'en est pas moins du xme siècle1 et l'auteur a bien écrit :
Et pent à son col la vièle.
Or, une seule vièle à archet se jouait de cette manière, c'était la rote, et il nous paraît peu probable que l'élégant Gérard se soit présenté avec un instrument presque aussi grand que notre violoncelle, pendu à son cou et appuyé contre son ventre, dont le moindre inconvénient aurait été de le masquer presque complètement. Il nous semble plus logique d'admettre que l'auteur s'est servi du mot vièle parce qu'il était plus répandu.
Un exemple du même genre se trouve dans un manuscrit du xvc siècle, qui a pour titre Le Pèlerinage de la vie hautaine. Une des vignettes représente un ménestrel jouant de la vielle à roue, et le texte dit :
Assés près de ce chasleau esloit Qu'avoie ouy qui vielloil D'une vielle avec son chant.
Du reste, les poètes modernes agissent de même et ne se préoccupent pas toujours de la vérité. Dans Mignon, d'Ambroise Thomas, au premier acte, avant le charmant duo des Hirondelles, Mignon dit à Lothario : « Donne-moi ton luth », et celui-ci lui passe tranquillement une petite harpe. De sorte que si, dans deux ou trois cents ans, on t'ait des commentaires d'après un dessin représentant cette scène, on pourra dire qu'au xixc siècle le luth était une harpe.
de Guillaume III, mariée depuis l'an 1208 à Simon de Dammartin, comte d'Aumale, puis en secondes noces, l'an 12i:î, à Mathieu de Montmorency, sire d'Athichy. Ce roman lui traduit en prose au xv siècle par un anonyme, qui dédia sa version à Charles Ier, comte de Nevers, de Rhctcl, baron de Donzy, qui, âgé d'un an hérita, en 1415, des étals de Philippe II, son père, sous la tutelle «le Bonne d'Artois, sa mère, remariée ensuite, en 1424, à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. C'est aux ordres de ce dernier prince que nous devons l'exécution du superbe et unique manuscrit qui nous en reste.
1. " Cet ouvrage, écrit en vers, paraît avoir été publié vers l'an 1230. L'auteur ne dit pas s'il l'a traduit du latin. » Roquefort, État, etc., p. 163.
Les erreurs de ce genre fourmillent. Dans les Œuvres complètes de Musset* se trouve la Nuit de mai, qui commence par ce vers célèbre :
Poète, prends ton luth et me donne un baiser.
Et sur la gravure qui est en regard, le luth qui se trouve aux pieds du poète n'est autre qu'une lyre antique de fantaisie, montée de cinq cordes.
Gérard de Nevers n'a pas été seul à endosser le costume de ménestrel. On voit aussi sur une miniature du Roman de Guion, du xme siècle, la belle Josiane déguisée en jongleresse et jouant d'une vièle à archet, sur laquelle on ne compte que quatre chevilles, bien qu'il y ait cinq cordes, et de plus, par suite d'une anomalie, celles-ci passent sous la touche, de sorte qu'elles ne peuvent être actionnées par les doigts.
Alfred le Grand, roi d'Angleterre, qui était aussi bon poète qu'habile musicien, se déguisa en ménestrel pour pénétrer dans le camp des Danois, qui avaient pris possession de son royaume, et parvint ainsi à connaître leur position et leur nombre, ce qui lui permit de les attaquer avec un grand avantage et d'en délivrer son pays.
Au xe siècle, Anlaf, qui commandait une armée très nombreuse de Danois, usa du même stratagème pour s'introduire dans le camp des Anglais, où il fut reçu dans la tente du roi Athelstan, qui lui donna une forte récompense pour le remercier de ses talents. Mais le faux ménestrel, dédaignant d'emporter la somme qui venait de lui être offerte,
li Œuvres complètes de Musset, Paris, Charpentier, t. II, p. 58i
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l'enfouit sous terre et fut reconnu par un soldat qui avait servi sous ses ordres. Celui-ci prévint le roi Alhelstan, qui regretta vivement de n'avoir pas reçu cet avis au moment où son ennemi était encore en son pouvoir; mais il s'en vengea le lendemain en mettant l'armée d'Anlal'en déroute.
L'anecdote suivante montre la confiance et la considération qui étaient accordées aux ménestrels, même à une époque où ils avaient déjà beaucoup perdu de leur prestige.
En 1316, le jour de la Pentecôte, Edouard II célébrait sa
LA 1SELLE JOSIANE, DEGUISEE EN JDXCLERESSE