Mercure de France, avril 1725, p
Quantz1, qui passa huit mois à Paris, d'aoûl ITiJiià mars I727,.parle avec éloge, dans ses mémoires, du Concert spirituel et des violonistes Guignonel Baptiste Anel; il ilit aussi beaucoup de bien des flûtistes Blavet, Lucas, Braun et Naudot, ainsi que des violistes Roland Marais et Forqueray. Son opinion a d'autant plus de vah ur qu'il venait de parcourir l'Italie, et par conséquent d'y entendre d'excellents chanteurs et instrumentistes.
Jean-Marie Leclair débuta brillamment au Concerl spirituel pendant la quinzaine de Pâques I72SJ. Né à Lyon eu Ki'.iT, I. éclair, qui avait appris le violon dans sa jeunesse, fut d'abord danseur au théâtre de Rouen, puis maître de ballet à Turin. C'est alors qu'il composa quelques airs de danse que l'on trouva charmants, cl qu'il abandonna les entrechats et les ailes de pigeon pour se livrer sérieusement à l'élude du violon, sous la direction de Somis, un des meilleurs élèves de Corelli. C'est Leclair qui. un des premiers après Westhoff, lil usage de la double corde : ses œuvres, encore très estimées aujourd'hui, sont remarquables pour l'époque. Ce maître mourut assassiné, le 11 octobre ITiii, en rentrant chez lui, rue Martel. On ne découvrit jamais le coupable, ni les causes du crime.
On entendit le violoniste italien Giovanni Madonis le 1er mai 1 729. Giambattista Somis, le maître de Leclair, ne vint qu'en lTiî.'î :
« Le sieur Somis, laineux joueur de violon du roi de Sardaigne, a exécuté différentes sonates et des concertos dans la dernière perfection et a été très applaudi par de nombreuses assemblées que la justesse cl la brillante exécution île ce grand maître y avaienl attirées ;. »
La lille de Jean-Baptiste Somis, Maria-Cbristina, l'une
1. Quantz était un flùlis i posil de grande valeur. Il nu le maître
du grand Frédéric <■! écrivilde nombreux -..I..- de Uni'- pour - oval élevé.
2. Vercure de France, avril et mai 1728, p 856 el L06I :;. Veicwe de France, .mil 11 13, p. su,.
des meilleures chanteuses italiennes de l'époque, épousa notre grand peintre Carie Vanloo, pendant le séjour qu'il fit à Turin de 1730 à 1734.
Philidor, qui recrutait son personnel, chanteurs et instrumentistes, à l'Académie royale de musique, céda son privilège à cette administration, en I73i. Le compositeur Royer, originaire de la Bourgogne, chef d'orchestre de l'Opéra, devint directeur du Concert spirituel en 1 747. Il eut Gabriel Caperan, l'un des violons du Roi, pour successeur en 1750. Mondonville remplaça celui-ci en 1755. Dauvergne prit la direction en 1702. Berlon lui succéda en 1773. Cette institution fut administrée par Gaviniès, Leduc et Gossec de 1773 à 1777, époque où l'on nomma Legros, qui resta directeur jusqu'à la suppression du Concert spirituel qui cul lieu en 1790.
Le violoniste François Cupis de Camargo (Bruxelles 1719 — Paris 1764), joua avec beaucoup de succès au Concert spirituel en 1738. Antoine Dauvergne iClermont-Ferrand 1713 — Lyon 1797), s'y lit entendre pour la première fois en 1740. Violoniste de grand talent et compositeur dramatique de mérite, Dauvergne fut successivement chef d'orchestre de l'Opéra, maître de musique de la Chambre, directeur des Concerts spirituels, directeur de l'Opéra, et surintendant de la Musique du Boi. 11 fut nommé chevalier de Saint-Michel en ITSii.
Mondonville (Jean-Joseph Cassanea de! brilla au Concert spirituel de 1740 à 1718 et en fut le directeur en 1755.
Né à Narbonne, le l'i décembre 1711, ce violoniste et compositeur de grande valeur voyagea depuis l'âge de dixneuf ans. C'est pendant un assez long séjour qu'il lit à Lille que parurent ses premières œuvres, entre autres : trois grands motets, exécutés avec beaucoup de succès au Concert spirituel, à Paris, en 1737, et plusieurs livres de sonates pour violon.
Parmi ceux-ci, il en est un, ignoré de ses biographes,
que nous avons eu la bonne fortune de découvrir à la Bibliothèque nationale, où il est catalogué Vm 7,
7<ii. Tel est son titre:
Les Son; 1 1 'araiou'l qites. Sonates à vio'.OIl
seul avec la basse continue, par Mondonville. œuvre /' . gravée pur L. Une. A Paris et à Lille, chez : L'auteur au Concert de Lille en Flandre. M Boivin Mic rue Saint-Honoré ', ii la règle d'or. Le S' Le Clerc .'/' rue du Roule, ii la t 'roixd'or.
\ vec privilège du Roy
sans date).
Les six sonates que contient cet inquarto de il pages sont précédées d'un A oerlissement utile pour jouer les sonates dans le i/o à i de C auteur. Mondonville y explique la théorie des sons harmoniques naturels et montre, à l'aide d'un dessin représentant une touche de violon, les divisions des cordes où ces sons peuvent être obtenus. Pour cela, posez le doigt : « en observant de ne le point appuyer;
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(Musée de Gènes),
levez-le en même temps que l'archet cesse de toucher la corde. » Inutile d'ajouter que la théorie trouve son application dans 1rs pièces qui la suivent.
C'est la première fois, à notre connaissance, que les sons harmoniques turent expliqués et employés. Mondonville, à ijui revient cet honneur, mérite donc une mention toute spéciale dans l'histoire du violon, car il fut le précurseur de Paganini.
Nommé surintendant de la Chapelle royale, à Versailles, Mondonville composa pour l'église, el ;mssi pour le théâtre. Lors de la guerre des bouffons, le succès de son opéra Tilon et F Aurore, représenté, en IT.'kî, décida du renvoi dechanteurs italiens.
Il mourut dans sa maison de campagne, à Belleville, le s octobre 1 ~~'.\.
Le s septembre 1741, débuta Pierre Gaviniès, qui parut en compagnie de Josepli-Barnabé Saint-Séverin dit l'Abbé, un élève de Leclair:
.. Le sieur Gaviniès, âgé de treize ans, et le sieur l'Abbé, à peu près du même âge, jouèrent une symphonie à deux violons de M. Le Clair avec toute la précision et la vivacité convenables; ils furent applaudis par une très nombreuse assemblée1. »
Pierre Gaviniès (Bordeaux 1728 — Paris 1800) est le chef el le fondateur de l'école française du violon; ses œuvres sont encore étudiées aujourd'hui avec fruit. Il ne cessa de se faire entendre au Concert spirituel pendant sa longue carrière, sauf toutefois durant l'année qu'il passa à la Bastille, pour cause de conversations trop intimes avec une dame de la Cour. C'est dans sa prison qu'il composa la romance pour violon, devenue si célèbre sous le nom de Romance de Gaviniès, qu'il exécuta encore à soixante-